16.06.2009

Un prisonnier algérien de Guantanamo en France

prisonnier algérien de guantanamo en france.jpgLa prison de Guantanamo, sur une base américaine à Cuba, compte encore quelque 240 détenus. : AFP

 

Détenu depuis plus de sept ans sur la fameuse base américaine, située à Cuba, l'Algérien Lakhdar Boumediene, arrivé dans notre pays vendredi, va y vivre.

 

Explications

 

Qui est Lakhdar Boumedienne ?

 

Un homme de 42 ans arrêté à l'automne 2001, avec cinq autres algériens, en Bosnie où il résidait légalement.

 

Il avait été remis aux autorités américaines sous le soupçon qu'il fomentait un attentat contre l'ambassade américaine à Sarajevo.

 

Les accusations sont vite tombées mais les six hommes étaient restés enfermés, criant leur innocence.

 

Comment a t-il vécu son emprisonnement ?

 

Il a passé sept ans et demi avec un gardien qui vérifiait, toutes les dix minutes, ce qu'il faisait.

 

Il a entamé, en décembre 2006, une grève de la faim stoppée mercredi.

 

Il était alors nourri de force deux fois par jour avec un tuyau introduit dans une narine qui diffusait un liquide protéiné.

 

Son avocat américain précise qu'il a été soumis à de mauvais traitements, à des interrogatoires sans fin, et qu'il a perdu beaucoup de poids.

 

Pourquoi arrive-t-il en France ?

 

Il a souhaité être accueilli dans notre pays où réside une partie de sa famille, à Nice.

 

La demande a été examinée en tenant compte des implications juridiques et de sécurité, et de l'existence d'un lien avec la France.

 

Si l'accueil d'anciens détenus de Guantanamo fait l'objet d'une concertation européenne, la décision d'accueil relève de chaque État.

 

Qu'est-ce qui a pesé sur la décision ?

 

Officiellement que ce ressortissant algérien a été reconnu innocent d'activités terroristes par des décisions de justice de plusieurs pays, dont celle des États-Unis qui a ordonné sa libération.

 

Il a bénéficié de l'arrêt de la Cour suprême qui autorise désormais les détenus de Guantanamo à contester leur incarcération.

 

La France est le premier pays de l'Union européenne à accueillir l'un d'eux, qui n'est ni résident, ni citoyen du pays.

 

Un geste pour contribuer à fermer cette prison, sur la foi d'une promesse de Barack Obama.

 

Était-il attendu ?

 

Par sa femme Abassia Bouadjimi et leurs deux filles, Radjaa, 13 ans, et Rahma, 8 ans, arrivées d'Algérie la veille, où elles résidaient, et présentes à l'aéroport.

 

Que va-t-il faire maintenant ?

 

Se refaire une santé. Il est actuellement à l'hôpital militaire de Clamart à l'ouest de Paris, pour des examens devant durer quelques jours.

 

Il doit ensuite rejoindre un appartement mis à sa disposition par le gouvernement français pour se réadapter à une vie normale.

 

La France va lui donner des moyens pour qu'il s'intègre (formation, aide à la recherche d'emploi...), d'après une autre source.

 

A t-il des contraintes ?

 

Il est libre.

 

Mais il dispose d'un visa territorialement limité (VTL), avec lequel il ne peut circuler librement à l'intérieur de l'espace Shengen (22 des 27 pays de l'Union européenne).

 

D'autres détenus sont concernés par cette procédure de libération ?

 

35 détenus l'ont utilisé.

 

La justice américaine a ordonné la remise en liberté de 25 d'entre eux, dont 17 Ouighours, Chinois de confession musulmane.

 

Cinq demandes ont été rejetées.

 

Source : OUEST-France 16/05/09

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