28.07.2009
Afin que nulle autre ne meure !
Nous fûmes paraît-il puissants,
Voire même, invincibles !
Sans jamais avoir été suffisants,
Quand bien même irascibles !
Nous sûmes leur prodiguer
Ce que nul autre ne put leur donner
Nous leur apportâmes,
Joies et peines !
Et nous leur laissâmes
La marque indélébile sans peine !
De ce que nous sûmes être !
Au moment même
Ou nous sûmes pénétrer leur être !
Nous eussions aimé
Qu’elles nous apportassent !
Ce que nulles autres ne surent nous donner !
Quand elles fréquentèrent notre palace !
Afin que nulle autre ne meure !
Plus jamais comme elles !
Sont désormais fermés nos cœurs !
Puisque, nous ne toucherons plus, leurs flanelles !
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Pat
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26.07.2009
Un si beau pays ! - poème pamphlétaire
Un si beau pays !
N’ont-ils pas compris ?
Que l’immobilisme à un prix ?
Ce pays à tout !
Ses atouts ?
Un fertile sol,
Un riche sous-sol !
L’eau en abondance !
Le soleil en permanence !
Un peuple instruit !
Oh ! Rien de fortuit.
Puisqu’il est formé,
Grâce aux fortes liquidités
Pourquoi alors ce délabrement ?
Vrai visage du sous-développement ?
A quand la fin des chimères ?
A quand la fin des militaires ?
Hélas ces tourments n’auront pas de fin !
Car ces militaires, n’ont pas vraiment faim.
On ne meurt pas de faim dans ce pays !
Mais on le fuit !
Allez ! Commencez à vous réapproprier !
La quintessence de votre pré, et proto, histoire !
Incroyablement refoulée
Arrêtez cette stupide foire !
Repensez à votre roi, très digne !
Vous lui devez
Vos illustres origines
Optez !
Pour une totale berbérité !
Poussez dehors,
Vite ! Votre arabité
De l’or ! Oui de l’or !
Vous avez tout à gagner !
Sortez !
De l’obscurité !
Vous avez,
Des possibilités,
Nantis de potentialités
Incroyablement !
Délaissées,
Manifestement !
Spoliées,
Quand elles ne sont pas carrément
Assassinées… !
Tout est à refaire !
Suis-je clair ?
Pat
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Version sonore :
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17.07.2009
LETTRE OUVERTE DE CHILDERIC
Faisant suite à l’agression de ce déchet de l’humanité qu’est ce crétin de clark
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LETTRE OUVERTE DE CHILDERIC
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Par ce présent courriel , je tiens à porter à votre connaissance des faits grave et rarissime et particulièrement odieux qui ont été proférés par le susnommé Clark en date du 17 juillet 2009 en fin de matinée en présence de trois témoins " Hugues ,Willy et mouss".
Des gens soi-disant sérieux et c'est un doux euphémisme quand on parle de gens sérieux sur Skype , lui ont rapporté que j'avais fait à son égard une tentative d'intrusion du contenu de son disque dur ce qui en l'état actuel des choses ne laisse perplexe.
Il est une règle d'or chez moi , c'est de ne jamais transgressé les règles de la vie privée de tout à chacun.
Je n'ai jamais et je l'écris d'autant plus volontiers fait de tentative d'intrusion de vos vies privées respectives et encore moins de tentative de lire le contenu de votre disque dur.
Ce monsieur dénommé" Clark" à sciemment souhaité que je crève de ma maladie
et ceci en présence de trois témoins, ce sont des faits suffisamment rarissimes pour que je puisse vous les rapporter.
Ceci dit j'ai une petite idée des gens sérieux qui se sont faits l'écho de tels propos au demeurant complètement déformé cela ajoute beaucoup à ma déception et à mes fréquentations du pourtant fabuleux outil Skype.
Il m'apparaît que l'usage de Skype m'apporte plus de désagréments que d'agrément en effet plus que jamais les émotions sont complètement exacerbées et c'est un climat peu propice à l'épanouissement personnel.
J'ai déjà évoqué à maintes reprises et sur un salon Zorap le fait de quitter définitivement et sans aucun regret ce monde virtuel, du moins ce qu'il y a de plus mauvais car l'outil Internet demeure un outil fabuleux.
Hors la pathologie dont je souffre demande un climat de quiétude et de calme, ce qui est loin d'être le cas dans ce monde virtuel, étant un garçon calme je suis peux enclin à supporter ce climat exécrable et délétère.
J'ai toujours regardé de manière calme et sereine les événements de ma vie et cet événement que je considère malgré tout comme petit ne va pas échapper à cette règle.
Je vais donc m'octroyer une petite période de réflexion dans laquelle je vous donnerai le résultat de mes réflexions.
Je vous demanderais pendant cette période de réflexion de bien vouloir respecter les conditions suivantes d'une part aucun contact pas courriel , ni par voie téléphonique Skype au France télécom ou même MSN.
En guise de conclusion il y a trois périodes bien distinctes dans une vie, avant c'est la période où nous étions "innocent" pendant c'est une période faste où les esprits et les corps fusionnent et après qui indique généralement la fin.
Il semblerait que l'on se dirige vers le troisième aspect des choses et alors pourquoi pas?
Je vous remercie d'avoir eu la patience de lire
Childéric
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MON COMMENTAIRE
Je ne trouve pas les mots pour qualifier ce déchet de l’humanité qu’est ce crétin de clark : illettré, misogyne, fascite, raciste. (nous le recherchons activement, afin de lui faire un sort…. !).
Les faits se sont déroulés, dans la room de ce trou du cul de 1ère classe, j’ai nommé le sinistre avocat du crétin de clark : hugues dit l’ardéchois, ex-le grand meaulne, à ses heures perdues, se voulant un rigolo de « chasseur de tigre » depuis ma dernière lettre ouverte le concernant.
La complicité d’hugues « trou du cul de 1ère classe » est patente, puisqu’il aurait dû intervenir pour stopper immédiatement l’agression verbale du crétin de clark. Il n’a rien fait ! C’est vous dire sa lâcheté, et son asservissement au service du gros con de crétin de clark.
Voilà deux espèces de franchouillards, deux beaufs, l’archétype même du couillon qui fait honte en France. Certes, des connards existent partout dans le monde, mais en France, patrie mondiale de la culture et des droits de l’homme, nous eussions préféré ne pas en compter quelques millions, parmi les plus cons des plus cons de la planète.
Ces matières fécales que sont clark et hugues, non content de nous les gonfler dans les rooms avec leurs conversations de bistrot ou de tripot, ils se permettent d’étaler au grand jour la profondeur de leur crétinisme.
En bref !
JE SOUHAITE
UNE SOLIDARITE TOTALE ET UN SOUTIEN ACTIF A CHILDERIC !
Je vous remercie pour lui !
Notre ami est suffisamment éprouvé par la maladie, pour ne pas en rajouter avec des bassesses, qui suscitent chez moi les pires instincts de violence physique à l’encontre de ces deux déchets de l’humanité !
A la lumière de l’agression verbale faite à mon ami CHILDERIC, par ce déchet de l’humanité qu’est ce crétin de clark, avec la complicité objective de ce trou du cul d’hugues dit l’ardéchois :
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Je veux être et je vais être très clair, valeur ce jour, car je commence à avoir marre des hypocrites : FEMMES OU HOMMES !
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Je m’adresse aux personnes qui figurent sur ma liste des contacts skype ou zorap, qui fréquenteraient encore ces deux déchets de l’humanité.
Vous êtes réputées prévenues désormais, qu’il y a lieu de cesser toutes relations avec ces détritus, nanties que vous êtes de la sinistre et inacceptable agression faite à CHILDERIC.
En clair :
· Si vous vous trouvez dans une room en leur présence : quittez-la immédiatement ! Sans leur adresser la parole, car votre présence dans cette room cautionne, de fait, l’agression sus-mentionnée, mais aussi toutes celles dont vous ne pouvez pas en ignorer leur existence.
· Si vous êtes l’hôte d’une room et que ces déchets de l’humanité entrent chez vous, virez-les sans autre forme de procès !
Vous êtes parfaitement libre de ne pas observer ces recommandations solidaires envers notre ami CHILDERIC.
Cependant, si vous ne les observez pas, pour ma part, je serais libre de penser qu’il va falloir nous séparer, car nous n’aurions, manifestement plus, les mêmes valeurs humaines permettant le maintien de notre relationnel.
Par voie de conséquence, si vous n’observez pas ces recommandations de solidarité envers CHILDERIC, votre maintien dans ma liste de contacts me paraîtra inappropriée eu égard à la conception que j’ai d’un relationnel axé sur l’intelligence la plus élémentaire.
ON NE FREQUENTE PAS
CE
crétin de clark !
ET CE
trou du cul d’hugues dit l’ardéchois !
Faites comme vous le souhaitez, mais ne venez pas vous étonner de ma réaction violente, si vous êtes surpris en train de dialoguer ou d’accepter en qualité d’hôte, ces deux déchets de l’humanité.
On ne peut pas à la fois, condamner verbalement les comportements de ces déchets de l’humanité, en disant simplement, et hypocritement : « ce n’est pas bien ce qu’ils disent.. ! » et dialoguer avec eux ou les accepter dans votre room, comme s'il s'agissait de gens fréquentables ! Soyez cohérents, car ce double langage me paraît dangereux...!
Agissez bordel de merde !
Arrêtez d’être faux-cul !
Arrêtez de vous cacher derrière la liberté d’expression, quand celle-ci est employée à insulter, casser, humilier les gens !
Prenez ce commentaire comme vous voulez, mais gardez toujours en mémoire la cause des effets de ma colère. Quant à son origine, je vous renvoie à mes deux lettres ouvertes concernant ces deux déchets de l’humanité que sont le crétin de clark et le trou du cul de 1ère classe d’hugues dit l’ardéchois.
Il est temps, effectivement, au-delà des condamnations verbales des actes de ces deux déchets de l’humanité, qu’aujourd’hui vos condamnations soient crédibles, et non des paroles en l’air, en agissant concrètement contre ces deux détritus.
N’oubliez pas ce proverbe : Dis-moi qui tu fréquentes, et je te dirai qui es-tu !
Sommes-nous clairs ?
OUI ! Alors nous réussirons à isoler TOTALEMENT ces deux déchets de l’humanité !
NON ! Alors je crains que nous n’ayons pas les mêmes valeurs humaines, et par voie de conséquence, je vous sortirai de mes contacts.
Pat « dialecticien ou pyromane »
P.S. A celles et ceux qui ne connaissent soit disant pas vraiment qui est le crétin de clark et son sinistre avocat le trou du cul de 1ère classe d’hugues l’ardéchois, voici mes deux lettres ouvertes les concernant.
SUR LE CRETIN DE CLARK
http://dialecticien.hautetfort.com/archive/2009/04/14/un-...
SUR LE TROU DU CUL D’HUGUES DIT L’ARDECHOIS
http://dialecticien.hautetfort.com/archive/2009/04/17/let...
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16.07.2009
L’oie sauvage
Poème pamphlétaire issu d’une parodie d’un chant parachutiste
Une oie sauvage vers le nord
Son cri dans la nuit monte
Gare au voyage car la mort
Vous guette par sa fiente
Au bout de la nuit qui descend
Voyage gris fatal
L’orage gronde et l’on entend
La rumeur des scandales
En avant vole palmipède,
Désertes tes terres lointaines,
Tu reviendras de France qui sait,
Ou le destin te mène.
Comme toi, toujours nous allons,
Cyniques dans la guerre,
Murmure-nous si nous flanchons,
Ta dernière chimère.
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Pat
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Version sonore :
15:10 Publié dans Poésie | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
13.07.2009
La manipulation à l’usage des honnêtes gens et la soumission librement consentie par autrui !
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Quand vous n’êtes pas d’accord avec une personne, il vous arrive de demander à cette personne de vous donner de bonnes raisons de la croire.
Si cette personne s’exécute, alors vous entrez ipso facto, dans une probable manipulation de votre pensée, librement consentie par vous-même.
En effet, si vous n’êtes pas d’accord avec cette personne, cela signifie que vous détenez une autre vérité que vous estimez meilleure ou supérieure, voire même qui contredit ou dément les propos de la personne.
Quel est alors ce malin plaisir qui consiste à demander, de fait, à autrui, de vous démontrer ou simplement donner, une ou des bonnes raisons de la croire ?
En définitive, vous n’êtes donc pas sûr de vos idées et pensées :
- Dans ce cas, pourquoi les conservez-vous ?
- Avez-vous besoin constamment d’être rassuré quant à leur bien fondé ?
Mais alors dans ce cas :
- Pourquoi les avez-vous adoptées ?
- Sont-elles si fluctuantes que cela ?
- Sont-elles sujettes à des actualisations périodiques ?
En définitive, n’êtes-vous pas en proie à un dysfonctionnement de la mécanique de votre pensée, au point de vouloir cycliquement ou selon le vent qui tourne changer les mécanismes ?
Avez-vous conscience d’être une proie idéale aux manipulations de votre pensée et de vos idées ? Non pas seulement parce que vous donnez à autrui, de fait, la possibilité de surseoir le maintien de ce qui anime votre esprit, mais plus inquiétant, vous laissez à autrui l’impression objective d’une personne manifestement manipulable.
Or donc, si manipulation est possible à votre encontre, celle-ci peut prendre au mieux, une forme positive, au pire une forme négative.
Dans le premier cas, il y aura transfert de la pensée d’autrui se substituant de fait à la vôtre. Néanmoins, votre éventuelle néo-conversion recèlera toutes les incertitudes, quant à leur opportunité à l’égard de votre état d’esprit du moment et/ou leur adéquation avec votre personnalité, voire même votre charisme.
Dans le deuxième cas, il y aura, certes transfert de la pensée d’autrui se substituant de fait à la vôtre, mais possibilité, sans obligation, d’altération de vos facultés de penser, de votre personnalité, de votre charisme, et finalement, détérioration définitive des termes de l’échange de vos idées et de vos pensées.
C’est une affaire entendue, personne n’aime l’idée selon laquelle nous pouvons être manipulés, tout en ne voulant pas reconnaître, pour certaines personnes, parfois, qu’elles essayent, inconsciemment ou pas, de fait, de manipuler autrui.
Comment fonctionne la manipulation utilisée ou à l’usage des honnêtes gens ? Quelle forme peut-elle revêtir ? Positive ? Négative ?
Sans doute vous arrive-t-il fréquemment de vouloir obtenir quelque chose d'autrui.
Vous voulez :
- que votre voisin s'occupe de votre chien ou de votre chat pendant les vacances ?
- que votre ami (e) vous accompagne à la mer ou à la montagne ?
- que votre ami(e) arrête sa croyance en dieu ?
- que votre fils pratique votre sport favori ou votre métier ?
- que votre femme ou votre mari réduise sa consommation de tabac ou d’alcool ?
- que vos employés prennent part à une formation ?
- que vos amis viennent manifester avec vous contre l'implantation d'une centrale nucléaire ?
- que vos clients essayent votre nouvelle savonnette ?
etc.
Comment vous y prenez-vous ?
Vous pouvez exercer votre pouvoir,
mais encore faut-il que vous en ayez.
Vous pouvez convaincre,
mais encore faut-il que vous soyez doué pour la persuasion.
Vous pouvez aussi manipuler,
et cela ne demande que l'apprentissage de certaines techniques.
Ces techniques, elles sont connues, elles font l'objet, depuis plusieurs décennies, d'importantes recherches universitaires.
On en parle peu en France, probablement par pure pudibonderie, à moins que ce ne soit pour mieux les réserver aux manipulateurs professionnels.
Quant à la soumission librement consentie par autrui ou comment amener les gens à faire librement ce qu’ils doivent faire ?
Amener quelqu'un à faire en toute liberté ce qu'il doit faire est finalement moins compliqué qu'on ne le croit.
Il existe aujourd'hui une somme impressionnante de connaissances scientifiques sur lesquelles on peut s'appuyer pour influencer les gens sans même qu'ils s'en rendent compte.
Evidemment, cela s'appelle de la manipulation.
Certes, on peut par manipulation amener quelqu'un à s'aliéner dans une secte.
Mais, qu'on le veuille ou non, la manipulation peut être mise au service des causes les plus nobles. On peut par manipulation amener quelqu'un à conduire plus prudemment, à dévorer les auteurs au programme du bac, à s'investir dans le boulot, etc.
Ces connaissances relèvent de la psychologie de l'engagement.
Vous êtes, nous sommes, peut-être, de potentiels manipulateurs et à coup sûr de potentiels manipulés.
En bref 6 catégories de personnes se distinguent :
- Celle des gens qui reconnaissent que, parfois, ils manipulent autrui. Sans préciser s’il s’agit d’une manipulation positive ou négative…!
- Celle des gens qui reconnaissent que, parfois ou souvent, ils manipulent autrui POSITIVEMENT
- Celle des gens qui reconnaissent que, parfois ou souvent, ils manipulent autrui NEGATIVEMENT
- Celle des gens qui reconnaissent que, parfois ou souvent, ils manipulent autrui POSITIVEMENT et NEGATIVEMENT
ENFIN !
- Celle des gens qui prétendent, la main sur le cœur, qu’ils ne manipulent jamais autrui et/ou n’avoir jamais manipulé autrui !
- Celle de gens qui affirment à qui veut l’entendre, qu’ils ne sont jamais manipulés par autrui et/ou n’ont jamais été manipulés par autrui !
Je vous propose d’en parler, sur ZORAP, lors de notre causerie dialecticienne hebdomadaire du
mardi 14 juillet ! Fête de l’arrêt de la tyrannie aristocratique en France.
Puisse ce jour vous apporter les éléments d’analyse du phénomène de la manipulation et de la soumission librement consenties, qui constituent deux outils de persuasion, mais pas les seuls, en stratégie d’entreprise et en stratégie individuelle.
Pat « dialecticien pour l’érudit ou pyromane pour l’ineptie »
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BIBLIOGRAPHIE :
Petit traité de manipulation à l'usage des honnêtes gens – Robert-Vincent Joule, Jean-Léon Beauvois – Edition des presses universitaires de Grenoble (PUG)
La soumission librement consentie - comment amener les gens à faire librement ce qu’ils doivent faire ?– Robert-Vincent Joule, Jean-Léon Beauvois – Edition des presses universitaires de Grenoble (PUG)
Voici ce que pense la presse de cet ouvrage
«Comment amène-t-on autrui à faire ce qu'on voudrait le voir faire ?
La solution se trouve dans cette introduction aux techniques de la manipulation...» Le Monde.
«Voici un petit ouvrage à ne pas mettre entre toutes les mains. Deux psycho-sociologues de talent y démontrent comment, dans la vie de tous les jours, nous sommes manipulés par les commerciaux ou la publicité. Idéal pour ne plus tomber dans le panneau... Mais aussi pour obtenir des autres ce que vous souhaitez...» Entreprise et carrières.
«Cinquante ans de recherches scientifiques, basées sur l'administration de la preuve, permettent aujourd'hui à qui veut influencer autrui de mettre un maximum de chances de son côté et à qui en a assez de se faire "manipuler" de mieux comprendre les ressorts psychologiques au moyen desquels il se fait piéger...» Réponse à Tout.
«A la lecture de ces techniques, vous découvrirez sans doute que vous faites déjà de la manipulation sans le savoir et pourrez ainsi améliorer et élargir vos expériences... Et le plus fort, c'est que ça marche aussi en amour. Essayez, vous verrez...» L'Echo des Savanes.
«Comprendre comment fonctionne un piège abscons, c'est déjà commencer à y échapper.» Actuel.
«Finalement, le titre est on ne peut plus exact. La manipulation est observée sous tous ses angles scientifiques, puis disséquée dans toutes ses utilisations pratiques... Tonique en tout cas.» Challenges.
«Un livre étonnant, utile, indispensable. Que se passera-t-il quand tous ces personnages familiers qui le traversent, chefs et subordonnés, parents et enfants, agences matrimoniales et âmes seules, psychanalystes et inquiets, marchands de n'importe quoi, et vous, et moi, connaîtront sur le bout des doigts cette "technologie comportementale" qu'il faudrait d'urgence inscrire au programme des écoles primaires, peut-être même avant le code de la route...» Annales des mines.
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12.07.2009
Sous-information et désinformation……loin du Honduras
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par
Henri Maler
Le dimanche 28 juin, un « urgent » de l’AFP annonce (c’est le titre) :
« URGENT Honduras : des militaires ont arrêté le président Manuel Zelaya (TV) ».
Et indique, provisoirement sans autres précisions, que
« des militaires ont arrêté dimanche le président du Honduras, Manuel Zelaya, qui serait détenu dans une base aérienne, selon la chaîne de télévision locale Ocho. »
Puis les dépêches se succèdent, annonçant que le président Zelaya a été conduit de force au Costa-Rica et reproduisant ses déclarations à la chaîne Telesur.
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Le 6 juillet 2009
Mais comment les événements ont-ils été présentés jusqu’au coup d’Etat ?
De quels éclairages a-t-on pu bénéficier en France pour en comprendre le sens ?
I. Des faits pour s’informer ?
Quelles informations ont été diffusées par les médias français sur le coup d’État ?
Sans doute, les informations en provenance de l’AFP ne sont-elles pas toutes aussi détaillées et dénuées de « biais » qu’on pourrait le souhaiter. Mais, dès le 25 juin, l’agence, au fil des dépêches, livrait les principales informations :
- La destitution, le 24 juin, du chef d’état-major général des forces armées et la démission des chefs d’état-major de l’Armée de terre, de la Marine, des forces aériennes, et du ministre de la Défense du Honduras.
- Le jugement de la Cour suprême ordonnant, le lendemain [25 juin], la réintégration du chef d’état-major général des armées et le déploiement de troupes, le lendemain, aux alentours du palais présidentiel et de l’aéroport, et des rumeurs de coups d’État.
- L’entrée de force (le même jour), du président Zelaya dans une base militaire, « pour récupérer les urnes nécessaires à une consultation publique qu’il entend organiser dimanche et qui pourrait déboucher sur sa réélection mais à laquelle l’armée est hostile ».
Certes, ces informations parcellaires et souvent biaisées (comme quelques extraits reproduits en annexe permettent de le vérifier), sont insuffisantes.
Mais la plupart des médias ne se sont même pas donnés la peine de les reproduire au fur et à mesure, interdisant ainsi de comprendre l’enchaînement des événements et, a fortiori, leur sens.
Certes, Le Monde (qui, puisque il prétend encore être un « quotidien de référence », mérite d’être pris comme référence), commence par sous-traiter partiellement les dépêches de l’AFP, mais de façon très orientée.
Un article du Monde.fr avec l’AFP, paru le 26 juin et intitulé « Avant un référendum-clé, le Honduras s’enfonce dans la crise » fournit cette information approximative et mutilée :
« Avant un référendum prévu dimanche, le Honduras plonge graduellement dans une crise politique. Le président Manuel Zelaya a forcé l’entrée d’une base militaire, jeudi, pour récupérer les urnes nécessaires à cette consultation, qui pourrait déboucher sur une réforme constitutionnelle qui lui permettrait de briguer un deuxième mandat présidentiel. L’armée, hostile à une réélection de M. Zelaya, avait refusé de distribuer les urnes ».
Le même jour un Port-Folio du Monde.fr nous le montre :
« Le président du Honduras force l’entrée d’une base militaire ».
Mais de l’origine et du sens de ces événements, nous ne saurons rien…
Et le jour même du coup d’État, Le Monde.fr (« avec AFP et Reuters ») livre l’information, à 19h53 heure de Paris sous le titre suivant :
« Putsch au Honduras : Chavez place son armée en état d’alerte »
Un titre qui relativise le putsch lui-même, en mettant l’accent sur le rôle de Chavez, comme si l’armée vénézuélienne s’apprêtait à envahir le Honduras, sans autre précision. Maladresse d’un secrétaire de rédaction ?
Que nenni puisque les premières lignes de l’article [1] confirment le titre et la primauté accordée à l’intervention de Chavez :
« Le président vénézuélien Hugo Chavez a placé, dimanche 28 juin, ses troupes en état d’alerte à la suite du coup d’État survenu au Honduras et a fait savoir qu’il riposterait militairement au cas où son ambassadeur dans ce pays serait attaqué ou enlevé. Il a également annoncé qu’il ferait tout pour "faire avorter" le putsch. "Nous ferons tomber" tout gouvernement hondurien investi après le putsch au Honduras, a-t-il assuré. »
La suite est aussi remarquable :
« Dimanche à l’aube, des militaires ont arrêté le président du Honduras, qui était sur le point d’organiser le jour-même une consultation populaire jugée illégale par la Cour suprême. Elle devait lui permettre de se présenter pour un second mandat. »
Présentée ainsi, cette information est tout simplement fausse.
Mais on y reviendra plus loin.
Mais la palme de la présentation la plus désinvolte (ou caricaturale, comme on voudra…) revient sans nul doute au JDD.fr, qui publie à 18 h 27 quelques lignes consacrées aux déclarations du président Zelaya à Telesur sous le titre :
« Honduras : Le président crie au coup d’État ».
Comme on crie au voleur, même quand rien ne vous a été volé ?
En tout cas, on pouvait également lire dans le JDD du même jour, une brillante « analyse » intitulée « Jeux de pouvoir au Honduras » qui nous apprenait entre autres merveilles que « les militaires, soutenus par une opposition politique relativement censurée [sic], s’opposaient à la volonté de Manuel Zelaya d’aller de l’avant […] » et que « le chef de l’État en exil [re-sic] voulait alors passer en force, se prévalant d’un référendum en sa faveur. »
Le lendemain, Le Monde revient aux « faits », dans un article intitulé
« Au Honduras, le président Manuel Zelaya a été renversé par les militaires ».
Rédigé par le correspondant à Saint-Domingue, Jean-Michel Caroit, cet article essentiellement factuel et globalement exact correspond à ce que l’on peut trouver dans les dépêches de l’AFP, enrichies de quelques témoignages complémentaires. On y lit pourtant ceci, qui est sinon totalement faux, du moins très approximatif et incomplet :
« La crise a été précipitée par la décision du président Zelaya d’organiser, dimanche 28 juin, une consultation populaire sur la convocation d’une Assemblée constituante. Jugée illégale par la Cour suprême, le Congrès et le Tribunal électoral, cette initiative visait, selon les opposants , à supprimer le principe de non-renouvellement du mandat présidentiel et donc à permettre à M. Zelaya de se faire réélire. »
Selon les opposants ? Soit. Mais selon le Président et ses partisans ? Le lecteur du Monde ne le saura pas. Quant à l’exactitude et à la précision sur ce point, elles peuvent attendre, et attendent toujours.
Mais Le Monde, plutôt que condamner le coup d’État – car il arrive au Monde de prendre position… – ou de fournir des éléments d’explication de la situation au Honduras, préfère se défausser sur une revue de presse : un article composé à partir des extraits de la presse réactionnaire ou conservatrice (à une exception près) d’Amérique Latine.
Cet article du Monde ressemble fort à un soutien au coup d’État.
Était-ce le but recherché ? On peut en douter. Est-ce l’effet produit ?
C’est certain. Le titre de l’article est des plus évocateurs :
« “Coup d’État d’un genre nouveau" »
Ce titre est emprunté au « principal quotidien » nicaraguayen - La Prensa – qui est « surtout le plus réactionnaire », comme le précise Thierry Deronne lorsqu’il porte le scalpel dans les plaies du Monde (Lire : « Victoire diplomatique à Managua. Défaite du "Monde" à Paris »), et souligne que Le Monde publie cette revue de presse le jour même où la plupart des chefs d’États de l’UE, et l’ONU condamnent le coup d’État.
Certes, tout ne ressemble pas à cet article du Monde, y compris dans Le Monde…
En revanche, l’impression sinon d’un soutien, du moins d’une bienveillance compréhensive envers les putschistes, cesse d’être une impression à la lecture de Libération (et non du Figaro…).
Pour ce quotidien, ce qui pour Le Monde n’était encore qu’un « coup d’État d’un genre nouveau » n’était même pas un coup d’État. Le 30 juin, en effet, Libération publie un article d’anthologie qui s’interroge : « Y a-t-il eu un véritable coup d’État militaire au Honduras ? ».
On se le demande… En tout cas, la responsabilité de cet hypothétique coup d’État doit être imputée au président destitué.
C’est ce qu’indique le titre de l’article :
« Manuel Zelaya, le putsch au crime ».
C’est ce que confirme son sous-titre :
« Le président, destitué dimanche, avait scellé son sort en violant la Constitution ».
Bref, Libération épouse la thèse de l’opposition et des militaires, sans fournir le moindre élément d’appréciation sur ce prétendu « viol », sur la nature de la procédure prévue par le président et sur ses motifs, y compris juridiques.
En tout cas, la titraille a « scellé le sort » de Zelaya.
L’article s’efforce en outre d’expliquer que, coup d’État ou pas, Zelaya a bien cherché ce qui lui arrive. Avec sa « tentative d’organiser (…) un référendum pour lui permettre de se représenter à la présidence » [ce qui faux...] , le président « a incontestablement joué avec le feu », déclare M. Thomas, pompier de circonstance et auteur de l’article.
Et M. Thomas de rappeler, à propos de « son programme sécuritaire et économique ambitieux » que « le président démis n’a par ailleurs pas convaincu ».
On appréciera le « par ailleurs », en se demandant qui n’a pas été convaincu.
Reste une question à aborder : « Quel rôle a joué Chávez dans la radicalisation au Honduras ? ».
Et une réponse à apporter : « Hugo Chávez a conforté Manuel Zelaya dans sa volonté de perdurer à la présidence. » Autrement dit, un autre « putsch au crime ».
Ainsi, non seulement il était impossible, même en croisant les sources françaises, de saisir la nature et le sens du conflit, sanctionné par un coup d’État, mais les médias français ont précieusement gardé pour eux les clés pour comprendre
II. Des clés pour comprendre ?
Dans sa présentation la plus ramassée et la plus trompeuse, la présentation de l’objet de la consultation prévue le dimanche 28 juin tend, volontairement ou pas, à donner raison aux auteurs du coup d’État, puisqu’elle consiste à dire que le président Zelaya voulait, ce jour-là, « changer la constitution pour briguer un second mandat », comme on pouvait le lire dans l’article du Monde cité plus haut quand il s’y lit que la consultation prévue « devait lui permettre [au président Zelaya] de se présenter pour un second mandat.
Or ceci est totalement faux (ou faussé par de singuliers raccourcis).
1. Le « référendum » prévu était, en vérité, une consultation facultative (le vote est obligatoire au Honduras) et ne portait pas sur l’éventualité d’un deuxième mandat du Président, mais sur l’éventualité d’un vote ultérieur sur la convocation éventuelle d’une assemblée constituante.
Plus exactement, la consultation du dimanche 28 juin avait pour objet de demander au peuple hondurien, s’il voulait d’une quatrième urne lors des élections de novembre, pour voter à ce moment-là en faveur ou non de la convocation d’une Assemblée constituante.
Comme le rappelle Maurice Lemoine, dans un article paru sur le site du Monde Diplomatique – « Retour des “gorilles” au Honduras » – il s’agissait d’organiser le 28 juin « appuyé par quatre cent mille signatures, une consultation populaire sans caractère contraignant posant la question suivante : “Êtes-vous d’accord pour que, lors des élections générales de novembre 2009, soit installée une quatrième urne pour décider de la convocation d’une Assemblée nationale constituante destinée à élaborer une nouvelle Constitution politique ?”. »
C’est assez dire que la formulation du Monde mentionnée plus haut - « une consultation populaire sur la convocation d’une Assemblée constituante » – est, pour le moins, incomplète.
Et que la dépêche de l’AFP du 25 juin ne vaut pas mieux : « Zelaya, élu en janvier 2006 pour un mandat de quatre ans non renouvelable, souhaite que les électeurs se prononcent dimanche
pour ou contre la convocation de l’élection d’une assemblée constituante qui réformerait la constitution et lui permettrait de briguer un deuxième mandat. »
Dans l’hypothèse où le vote du 28 juin aurait donné une majorité en faveur d’une « quatrième urne », ce n’est qu’en novembre que les Honduriens auraient eu à se prononcer sur l’éventualité d’une Assemblée constituante.
Or, c’est en novembre que devait être élu un nouveau Président de la République : il était donc constitutionnellement impossible, avant toute décision d’une Assemblée constituante, de réélire immédiatement le Président Zelaya.
2. Dans l’hypothèse où cette Assemblée constituante aurait été (ou serait…) réunie, les modifications envisagées ne portaient pas exclusivement sur la possibilité d’exercer deux mandats présidentiels.
Comme en témoigne un manifeste paru le 25 juin 2009 sur le site La obsesiòn de Babel, sous le titre « La Consulta ¿Crimen contra la Democracia ? », ce qui était et demeure en question, c’est l’adoption d’un « système politique qui inclut des mécanismes de démocratie directe » ou, plus exactement qui permette de « passer d’une démocratie purement représentative électorale formelle et excluant à une démocratie participative directe et incluant. »
On peut désapprouver un tel projet : on ne peut le passer sous silence sans désinformer.
S’agissant de la proposition d’un second mandat, on notera simplement qu’elle n’a rien d’extraordinaire et qu’il n’y a pas eu de levées de boucliers lorsque le Président Uribe a changé la constitution colombienne (sans passer par une assemblée constituante), pour pouvoir être réélu [2].
On ne peut par conséquent qu’être surpris (ou affecter de l’être…) quand on constate que la plupart des médias ne retiennent que la proposition d’un second mandat et ne la tienne pour discutable que quand elle est proposée par un Président de gauche, alors que tant de constitutions permettent une telle réélection.
3. Et cela d’autant plus que le Président hondurien a indiqué, à plusieurs reprises, qu’il entendait respecter la Constitution (qui lui interdisait de se représenter en novembre), qu’il n’entendait pas se succéder à lui-même et qu’il n’était même pas certain qu’il se présente à une autre occasion.
Certes, on peut penser que cette promesse, comme on dit, n’engage que ceux qui y croient, mais le moins que l’on puisse attendre de médias d’information, c’est qu’ils informent… même en France.
Voici par exemple ce que l’on pouvait lire dans un entretien publié le 28 juin par El Païs sous le titre : « "El jefe del Ejército desobedeció a su comandante, que soy yo" »
Question : « L’opposition dit qu’en réalité derrière cette consultation de dimanche il y a votre essai de vous maintenir au pouvoir. »
- Réponse : « Regardez... honnêtement. Je n’ai aucune option de rester au pouvoir. La seule façon serait d’enfreindre l’ordre constitutionnel et je ne vais pas le faire »
Question : « C’est votre parole ? »
Réponse : « Oui, je vais finir mon gouvernement le 27 janvier 2010.
C’est ce que je vais faire. Mais je vais laisser un processus pour ouvrir la démocratie, ouvrir l’économie, ouvrir la possibilité que dans le futur un président puisse être réélu, bien que je ne sache pas si je serai alors disponible pour cette occasion [3]. »
4. Reste un dernier point : pourquoi une procédure aussi compliquée – à savoir une consultation en juin sur la possibilité d’inclure en novembre une question sur la convocation éventuelle d’une Assemblée constituante – pour modifier la constitution ?
La raison en est simple : la constitution prévoit qu’elle ne peut être réformée que par le
Congrès à la majorité des deux tiers (article 374) , mais elle se déclare « inviolable », c’est-à-dire inamendable sur des point décisifs (article 375) : « Ne pourront être reformés l’article antérieur [l’article 374], le présent article, les articles constitutionnels qui renvoient à la forme du gouvernement , au territoire national, à la durée de la présidence, à l’interdiction d’être à nouveau président de la république pour un citoyen qui aurait rempli ce rôle à quelque titre que ce soit , les articles qui renvoient à ceux qui ne peuvent être président de la république dans la période suivante [4]. » (Souligné par nous).
A chacun de juger s’il serait antidémocratique de convoquer une Assemblée Constituante pour contourner une telle disposition [5].
En tout cas, pour pouvoir se prononcer, encore aurait-il fallu et faudrait-il encore trouver dans les médias français des informations exactes et précises.
Henri Maler, avec Pablo…
P.S. Au moment où nous achevons cet article le président Zelaya tente de revenir au Honduras.
Annexe : quelques extraits des dépêches de l’AFP ou « quand trop d’approximations nuisent à la vérité ».
Dépêche de l’AFP du 25 juin - « Honduras : le président Zelaya force l’entrée d’une base militaire » - en provenance de Tegucigalpa. Après l’énoncé des faits correspondants : « Zelaya, élu en janvier 2006 pour un mandat de quatre ans non renouvelable, souhaite que les électeurs se prononcent dimanche pour ou contre la convocation de l’élection d’une assemblée constituante qui réformerait la constitution et lui permettrait de briguer un deuxième mandat. ». C’est faux : il s’agissait de se prononcer pour que l’éventualité de cette convocation soit mise aux voix en novembre.
Dépêche du 25 juin - « Honduras : la Cour suprême ordonne la réintégration du chef d’état-major ». Après le rappel des fait correspondants, cette étrange présentation : « Des troupes s’étaient déployées jeudi matin aux alentours du palais présidentiel de Tegucigalpa, avant de réintégrer leurs casernes.
Ce déploiement avait été décidé pour éviter des "désordres" qu’auraient pu provoquer "certains" groupes, a affirmé le porte-parole officiel de l’armée.
Il faisait allusion, sans les mentionner, à des organisations syndicales et indigènes de partisans du président Zelaya. »
Dépêche de l’AFP du 25 juin - « Honduras : déploiement de troupes sur fond de réforme constitutionnelle [sic] » - en provenance de Tegucigalpa.
« Des centaines de militaires se sont déployés jeudi [25 juin] dans la capitale du Honduras, après la destitution du chef d’état-major général par le président Manuel Zelaya face à l’opposition de l’armée à son projet de briguer un deuxième mandat présidentiel, selon les médias locaux. Les troupes se sont déployées aux alentours du palais présidentiel et de l’aéroport, selon les médias, qui évoquent des rumeurs de tentative de coup d’État. »
Et un peu plus loin, cette phrase plus proche de la vérité, mais encore approximative : « Si la consultation publique a lieu et au cas où elle approuverait le projet de M. Zelaya, soutenu par des organisations populaires et indigènes, les élections générales du 29 novembre (présidentielle, législatives et municipales) s’accompagneraient d’un scrutin sur le principe d’une réforme constitutionnelle autorisant la réélection du président. ». pas le principe d’une réforme constitutionnelle, mais le principe de la convocation d’une Assemblée constituante.
« Papier général » du 28 juin (« Honduras : le président Zelaya conduit de force au Costa-Rica » Par Ana Fernandez », en provenance de Tegucicgalpa. Rappelel des faits, des déclarations du président Zelaya à Telesur, de la condamantion de son arrestation par l’Union européenne et de la « profonde préoccupation ». Et : « une consultation populaire organisée par le chef de l’État, malgré l’opposition de l’armée, du Parlement et de la Cour suprême, qui avait jugé ce scrutin illégal. M. Zelaya, élu en 2006 pour un mandat de quatre ans non renouvelable, avait convoqué les électeurs pour ouvrir la voie à une révision de la Constitution qui lui permettrait de briguer un deuxième mandat le 29 novembre. ». . Non : pas en novembre
Notes
[1] Cet article fusionne des informations qui faisaient l’objet de deux dépêches distinctes de l’AFP, la première annonçant le coup d’état, la seconde mentionnant la réaction d’ Hugo Chavez, sous un titre sans équivoque : « Hugo Chavez menace d’intervenir au Honduras si son ambassadeur est agressé ».
[2] Comme on pouvait le lire par exemple le 20 mai 2009 sur le site de El Mundo sous le titre : « El Senado colombiano abre el camino hacia la posible reelección de Uribe ». El Mundo reprenait ainsi une dépêche de l’agence Reuters).
[3] Pregunta. La oposición dice que lo que en realidad hay detrás de la consulta del domingo es su intento de perpetuarse en el poder.
- Respuesta. Mire... Honestamente. No tengo ninguna opción de quedarme en el poder. La única sería romper el orden constitucional y no lo voy a hacer.
- Pregunta.¿Es su palabra ?
- Respuesta. Sí, yo voy a terminar mi gobierno el 27 de enero del 2010. Eso es lo que voy a hacer. Pero sí voy a dejar un proceso para abrir la democracia, abrir la economía abrir la posibilidad de que un presidente pueda ser reelegido en el futuro. Aunque no sé si para entonces voy a estar disponible.
[4] « Constituciòn de la Repùblica de Honduras, 1982 » et, pour lire les articles 373 à 375 (« De la réforme et de l’inviolabilité de la constitution ») voir « Titulo VII ».
[5] Pour en savoir plus lire sur le site « Escolar.net », l’article intitulé « Las claves para entender qué pasa en Honduras ».
Source: ACRIMED-Observatoire de Médias
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10.07.2009
Les moines, la guerre d’Algérie et le secret-défense
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Par Hassane Zerrouky – Le Soir d’Algérie
Le secretdéfense sera levé sur tous les documents que demandera la justice concernant la mort de sept moines français, a promis le président français Nicolas Sarkozy.
«Naturellement, je lèverai le secret-défense sur tous les documents que me demandera la justice», a-t-il dit lors d'une conférence de presse à l'Elysée avec le président brésilien Lula da Silva.
Ajoutant :
«La justice doit avoir tous les documents. On ne peut pas dire que l'amitié entre les peuples et les pays peut résister au mensonge. Je suis vraiment déterminé à ce que la lumière soit faite.»
Le juge d'instruction Marc Trévidic, chargé du dossier des moines, va donc demander qu’on lui remette les rapports que François Buchwalter dit avoir remis au ministère de la Défense et à l'état-major en 1996.
Reste à savoir si tous les documents concernant cette affaire seront rendus publics, notamment pour ce qui concerne les rapports noués entre les services français et les ravisseurs des moines — car il y a eu effectivement des négociations ainsi que l’avaient rapporté alors des médias français — ou le fait que la DGSE et la DST s’étaient livrées — chacun de son côté — à une concurrence dont on aimerait savoir à quels motifs réels elle obéissait.
Pour être clair, je n’invente rien: il faut seulement consulter ce qu’ont rapporté, documents à l’appui, plusieurs quotidiens français à l‘époque.
Une chose est sûre, bien que de nombreuses zones d’ombre planent sur cette affaire, il faut savoir que la levée du secret-défense relèvera en définitive du ministère de la Défense français, après avis d'une commission.
Autrement dit, tout porte à croire que tous les documents concernant ce drame ne seront pas déclassifiés !
Retenons une chose: cette célérité française de lever le secret-défense sur le cas des moines de Tibhirine tranche singulièrement avec toutes les restrictions mises pour l’accès aux archives classées «secret-défense» et «très secret», concernant la guerre d’Algérie et plus généralement la période coloniale.
Et bien qu’il constitue une avancée, le projet de loi adopté en 2008 sur l’accès aux archives de la période coloniale n’avait pas satisfait les historiens français qui, dans une pétition adressée aux pouvoirs publics français, ont dénoncé le fait que ce projet de loi contenait «des dispositions qui portent gravement atteinte à la liberté d’écriture et à la recherche historique».
En d’autres termes, les documents sensibles pouvant permettre de faire la lumière sur la responsabilité de l’Etat français sur la guerre d’Algérie et de ceux qui l’avaient servi à l’«époque — certains sont encore vivants — resteront dans les 5 000 cartons du ministère français de la Défense. Aux Etats-Unis, il en va autrement.
Ce pays a déclassifié des documents écrits et filmés sur la guerre du Vietnam. Tout récemment, Washington a rendu publics les interrogatoires de Saddam Hussein menés par le FBI révélant que le véritable ennemi de Saddam n’était pas les Etats-Unis, mais son voisin l’Iran.
Et que c’était pour faire peur à l’Iran que le dirigeant irakien avait monté de toutes pièces son histoire d’armes de destruction massive.
Ces documents montrent surtout que George Bush avait menti et, qu'en plus, l'accusation mensongère selon laquelle Saddam soutenait Al-Qaïda n’avait pour seul et unique but que de renverser un régime nuisant aux intérêts des Etats-Unis.
On ne peut pas en dire autant de la France de Sarkozy qui, 47 ans après la fin de la guerre d’Algérie, continue d’opposer la raison d’Etat à l’établissement de la vérité historique.
Aussi, si dans un souci de clarté, de transparence et de crédibilité, il faut lever le secret-défense sur les moines, pourquoi, dès lors, ne pas le faire sans restriction concernant la période coloniale afin que le mensonge sur cette époque ne puisse nuire à l’amitié des peuples et à leur réconciliation.
H. Z.
Commentaires :
Je partage cette analyse et rappelle à mon tour mon attachement à l’ouverture immédiate des archives sur le passé colonial de la France en Algérie, dans les DOM/TOM, ou tous autres territoires sur lesquels la France avait exercé un colonialisme patent.
Celles et ceux qui doivent payer le prix de leurs actes, doivent être repérés, interrogés, voire même poursuivis devant une juridiction. Quelque soit l’âge des prévenus. Pour le cas de l’Algérie, les investigations devront être réalisées aussi bien à l’encontre des français qu’à l’encontre des complices de l’époque, algériens ou pas… !
Pat « dialecticien ou pyromane »
14:08 Publié dans Faits historiques | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
Médias de la haine
Reporters sans frontières contre la démocratie vénézuélienne
par Salim Lamrani
Poursuivant sa campagne de falsification, Reporters sans frontières accuse le président du Venezuela de vouloir interdire une chaîne de télévision privée d’opposition.
En réalité, note Salim Lamrani, le président Chavez n’a pas son mot à dire en matière de licence audio-visuelle. par contre, la Justice a des griefs précis contre une chaîne qui, après avoir participé au coup d’État manqué de 2002, diffuse des appels au meurtre et des contenus racistes.

Reporters sans frontières (RSF) persiste et signe.
Le 23 juin 2009, moins d’un mois après avoir rendu public son soutien à la chaîne de télévision putschiste Globovisión en répandant de nombreuses contrevérités sur la réalité vénézuélienne, l’association française tente de nouveau de tromper l’opinion publique à ce sujet [1].
RSF « redoute à brève échéance l’annulation de la fréquence hertzienne de Globovisión », en référence à la procédure engagée contre la chaîne le 16 juin 2009 et entérinée par le Tribunal suprême de Justice le 18 juin.
L’organisation affirme que « le président Hugo Chávez a récemment averti que Globovisión quitterait les ondes faute de modifier sa ligne éditoriale […].
L’annulation de sa fréquence hertzienne marquerait le point d’orgue d’un véritable harcèlement procédurier, juridiquement contestable, contre la chaîne en raison de son contenu » [2].
Puis RSF conclut : « Que la chaîne ne soit pas exempte de reproches n’enlève rien à la gravité du procédé.
Il n’est pas digne d’une démocratie comme le Venezuela que le bon plaisir du chef de l’État décide seul de l’avenir d’un média.
Débarrassé de Globovisión, Hugo Chávez disposera d’un espace télévisuel hertzien qui lui sera entièrement dévoué mais se prive d’un filtre médiatique, ce qui pourrait conduire à une radicalisation de l’opposition. Cette configuration est un revers pour le pluralisme et le débat » [3].
Tout d’abord, RSF essaye de faire croire que seule la « ligne éditoriale » extrêmement critique à l’égard du gouvernement démocratique d’Hugo Chávez serait la cause « d’un véritable harcèlement procédurier, juridiquement contestable, contre la chaîne ».
Ensuite, elle affirme que la procédure engagée contre la chaîne est du fait du président Chávez [4].
Le mensonge est une nouvelle fois double. En effet, au Venezuela, seules la Commission nationale des télécommunications (Conatel) et la Justice ont le pouvoir de révoquer la fréquence hertzienne de Globovisión, uniquement en cas de violation grave de la Loi organique des télécommunications de 2000.
Ce n’est en aucun cas une prérogative du pouvoir exécutif, contrairement à ce qu’affirme RSF [5].
Que s’est-il passé pour que la Conatel invoque l’article 171 de la loi organique des télécommunications, qui stipule que « quiconque aura utilisé les services de télécommunications, pour lesquels il a reçu une habilitation, dans le but de commettre des délits » sera sanctionné d’une révocation de la concession hertzienne, à l’encontre de Globovisión ?
S’agit-il simplement du fait de « sa ligne éditoriale » comme l’affirme RSF ? [6]
La réalité est autre.
Le 13 octobre 2008, le journaliste Rafael Poleo, directeur du quotidien El Nuevo País et de la revue Zeta, a lancé un appel à l’assassinat d’Hugo Chávez en direct sur Globovisión durant l’émission « Aló Ciudadano », en affirmant que ce dernier « finira comme Mussolini ».
Voici la vidéo et la transcription exacte de son intervention :
http://www.youtube.com/watch?v=Sgkeo0Dl3lk
Rafael Poleo : « ... L’histoire se répète. Si l’on regarde la trajectoire de Benito Mussolini et celle de Chávez, ce sont les mêmes. C’est pour ça que je vous dis, avec inquiétude, qu’Hugo va finir comme Mussolini, pendu la tête en bas.
Leopoldo Castillo : Vous ne pouvez pas dire cela, Poleo, ça pourrait être considéré comme une apologie du délit, ça peut être interprété, ça pourrait être une incitation.
Rafael Poleo : …Moi, je le dis de manière préventive, fais attention Hugo, ne finis pas comme ton homologue Benito Mussolini, pendu la tête en bas, parce que toi tu ressembles à Mussolini et à Mussolini lors de l’étape initiale du fascisme.
Chávez c’est ça, parce que c’est une insulte au socialisme et au communisme de dire que Chávez est socialiste ou communiste, ce qu’il y a c’est que c’est plus simple et les gens ont déjà oublié au cours de l’Histoire ce qu’est le fascisme… Mais Chávez c’est un fasciste vieillot, Chávez c’est un fasciste. » [7]
« Reporters sans frontières désapprouve sur le fond les déclarations de Rafael Poleo, mais estime qu’elles relèvent de la responsabilité de celui-ci et non de Globovisión ».
L’organisation parisienne, loin de condamner de telles déclarations, se contente donc de les « désapprouver », illustrant ainsi clairement son caractère partisan en tentant de dédouaner la chaîne de sa responsabilité.
Contrairement à ce qu’affirme RSF, la chaîne est responsable du contenu de ses programmes. [8]
Dans quel pays du monde une telle instigation au crime serait-elle acceptée ?
Que se passerait-il en France si la chaîne TF1 diffusait un message semblable à l’encontre du président Nicolas Sarkozy ?
La justice interviendrait-elle ? RSF défendrait-elle de tels agissements ?
Globovisión n’en est pas à sa première tentative de déstabilisation. Depuis 1998 et l’élection d’Hugo Chávez, elle a fait du dénigrement de la politique gouvernementale sa principale activité.
Pis encore, en avril 2002, la chaîne avait activement participé au coup d’État contre Hugo Chávez en soutenant le putschiste Pedro Carmona Estanga.
En décembre 2002, elle avait soutenu également le sabotage pétrolier orchestré par l’opposition qui avait coûté la bagatelle de 10 milliards de dollars à l’économie vénézuélienne.
En mai 2007, Globovisión s’était déjà rendue coupable d’incitation à l’assassinat du président Chávez. En avril 2009, la chaîne a lancé un appel aux contribuables afin de ne pas s’acquitter de leurs impôts. [9]
Les exemples pourraient se multiplier. Voici quelques messages transmis par Globovisión incitant les téléspectateurs à l’insurrection :
« Nous devons sortir pour défendre notre pays, notre démocratie et notre liberté. C’est seulement ainsi que nous pourrons arrêter le régime dans son désir de nous réduire en esclavage »,
« Je veux lancer un appel ici à la classe ouvrière : ouvrez les yeux, je sais que vous êtes en train de les ouvrir, parce qu’il y a des protestations partout, mais ouvrez les yeux pour que cette protestation soit plus forte »,
« Ouvrez les yeux, ce gouvernement n’est pas démocratique »,
« Si on nous dit que ce gouvernement est autoritaire, est dictatorial, ou qu’il nous mène à l’échec, ce que l’on suggère aux gens c’est : on va renverser ce gouvernement ».
« Nous sommes les adultes et nous devons virer ce dictateur pour nous enfants et nos petits-enfants » [10].
Ensuite, Globovisión a multiplié les campagnes de dénigrement et les insultes en tout genre à l’encontre du gouvernement.
Le 28 février 2004, la chaîne a diffusé une vidéo d’un discours d’Hugo Chávez mais a coupé le son pour le remplacer par des cris de singe et d’autres d’animaux sauvages, dans une claire référence raciste à la couleur de peau du président.
Voici un autre florilège de déclarations typiques de la chaîne :
« Les maires chavistes n’ont besoin que d’une pomme pour être des cochons », « N’importe quel âne bâté en sait plus sur le pétrole que Chávez »,
« Tu as ruiné le pays »,
« Les imbéciles ont voté pour Chávez »,
« Les chavistes ne pensent pas, ils braient »,
« PDVSA [l’entreprise pétrolière] est en faillite, les entreprises de base sont
ruinées et le pays est militarisé. Que faire ? Se battre et plus encore »,
“Qu’attend-t-on pour agir ? Ca suffit »,
“La souveraineté agroalimentaire du pays est atteinte, parce que la production interne a diminué, il n’y pas de sécurité juridique ».
Quel pays au monde accepterait de tels propos ? [11]
RSF a clairement fait un choix contre la démocratie vénézuélienne en prenant position en faveur d’une chaîne de télévision putschiste et en manipulant la réalité dans le but d’induire l’opinion publique en erreur.
Mais cela n’est guère surprenant de la part d’une entité qui avait soutenu le coup d’État contre Chávez en avril 2002 et qui est financée par le National Endowment for Democracy [12],
une officine écran de la CIA. [13]
Salim Lamrani
Enseignant chargé de cours à l’Université Paris-Descartes et à l’Université Paris-Est Marne-la-Vallée et journaliste français, spécialiste des relations entre Cuba et les États-Unis. Auteur de Cuba face à l’empire : Propagande, guerre économique et terrorisme d’État, dernier ouvrage publié en français : Double Morale. Cuba, l’Union européenne et les droits de l’homme.
Source : voltairenet.org
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Tueur en série
Robert McNamara, artisan de la mise au pas des peuples
par Damien Millet, et Éric Toussaint
Alors que l’administration Obama rend un hommage appuyé à Robert McNamara, décédé le 2 juillet 2009, Damien Millet et Éric Toussaint reviennent sur son bilan.
L’homme ne fut pas seulement le secrétaire à la Défense qui théorisa la riposte nucléaire graduée et organisa la destruction du Vietnam en espérant l’empêcher de devenir communiste.
Il fut aussi le directeur de la Banque mondiale qui utilisa les prêts bancaires pour étendre la zone d’influence états-unienne.
À ce titre, il fut l’architecte de l’actuelle dette des pays du Sud.

Robert McNamara, qui vient de s’éteindre à l’âge de 93 ans, est peu connu du grand public. Pourtant, son action entre le début des années 1960 et celui des années 1980 a contribué à façonner l’économie mondiale d’aujourd’hui.
A côté des hommages qui lui seront rendus, il est essentiel de se placer du côté des peuples qui ont été confrontés à son action pour comprendre l’étendue des ravages causés par sa carrière, appuyée sur le triptyque « commerce, guerre, dette ».
Premier PDG de la multinationale automobile Ford à ne pas être membre de la famille Ford, McNamara ne le restera que cinq semaines avant de devenir secrétaire à la Défense des États-Unis sous la présidence de John F. Kennedy (1961-1963), poste qu’il a conservé sous le président Lyndon B. Johnson (1963-1968).
McNamara est donc l’un des principaux artisans de l’agression militaire des États-Unis contre le Vietnam, guerre bien souvent surnommée « la guerre de McNamara »… Il a exercé des pressions incessantes pour y envoyer davantage de troupes militaires, au total plus de 500 000 soldats.
Environ 1 million de combattants communistes vietnamiens et 4 millions de civils ont été tués entre 1961 et 1975.
Des années plus tard, McNamara reconnaîtra ses torts :
« Nous, membres des administrations Kennedy et Johnson parties prenantes aux décisions sur le Vietnam [...] avons eu tort, terriblement tort. »
Il ajoutera même :
« Je n’avais jamais visité l’Indochine et je ne comprenais rien à son histoire, à sa langue, à sa culture, à ses valeurs. Je n’y étais en rien sensible. […] Quand il s’agissait du Vietnam, nous nous trouvions en position de décider d’une politique pour une terra incognita. » [1]
En 1968, alors que la situation est devenue inextricable pour les États-Unis, McNamara est nommé président de la Banque mondiale [2].
Il va agir à la tête de cette institution comme un missionnaire poursuivant une campagne anticommuniste et vivra personnellement cette expérience comme une résurrection.
En 1968, alors qu’il était encore secrétaire à la Défense, il déclara :
« La mort d’Ernesto Che Guevara en Bolivie à l’automne 1967 a porté un coup sévère aux espérances des révolutionnaires castristes. Mais la seule riposte est une réponse insuffisante à ce problème » [3].
Lors d’une réunion des gouverneurs de la Banque mondiale, McNamara expliqua quelques années plus tard en quoi la réduction de la pauvreté était une condition politique pour rester au pouvoir :
« Trop peu, trop tard, tel est l’épitaphe la plus généralisée dans l’histoire pour les régimes qui sont tombés devant la clameur des hommes sans terre, sans travail, marginalisés et soumis, poussés vers le désespoir. Pour cette raison, l’application de politiques destinées spécifiquement à réduire la pauvreté des 40 % les plus pauvres de la population des pays en développement est recommandable non seulement pour une raison de principe, mais aussi par prudence. La justice sociale n’est pas seulement une obligation morale, mais aussi un impératif politique. » [4]
Son arrivée marque un réel tournant pour la Banque mondiale qui donne alors un coup d’accélérateur à la dette en l’utilisant comme une véritable arme géopolitique.
De 1968 à 1973, la Banque mondiale accorde davantage de prêts que pendant la période 1945-1968, soit plus en 5 ans que pendant les 23 premières années de son existence.
Elle incite également les pays du Sud à emprunter massivement afin de financer la modernisation de leur appareil d’exportation et de les connecter plus étroitement au marché mondial.
En fait, McNamara pousse les pays du Sud à se soumettre aux conditions associées à ces prêts, à accepter des infrastructures inutiles, des budgets sociaux insuffisants, de grands barrages ruineux dans un environnement saccagé, des dettes colossales…
L’appât utilisé : des liquidités mises à disposition des gouvernements en place sans aucun mécanisme de lutte contre la corruption et le détournement de fonds publics.
En échange de ces liquidités, les gouvernants acceptent la plupart des recommandations de la Banque mondiale.
À qui ces prêts sont-ils accordés ? En pleine Guerre froide, la Banque mondiale agit pour contrecarrer l’influence soviétique et les différentes tentatives nationalistes et anti-impérialistes.
Comme l’a souligné un rapport de l’Assemblée nationale française, son « rôle était de fidéliser la clientèle du tiers-monde en faveur du monde occidental » [5].
La stratégie a été double : les prêts ont été utilisés aussi bien pour soutenir les alliés que pour asservir les récalcitrants. Joseph Stiglitz l’a dit franchement :
« Dans de nombreux cas, les prêts étaient destinés à corrompre des gouvernements pendant la Guerre froide. Le problème n’était pas alors de savoir si l’argent favorisait le bien-être du pays, mais s’il conduisait à une situation stable, étant donné les réalités géopolitiques mondiales » [6]
Les choix de la Banque mondiale sous McNamara sont largement déterminés par les critères suivants :
* éviter le maintien de modèles de développement autocentrés ;
* soutenir financièrement de grands projets qui permettent d’augmenter les exportations des principaux pays industrialisés ;
* refuser d’aider des régimes considérés comme des menaces par le gouvernement des États-Unis et d’autres actionnaires importants ;
* tenter de modifier la politique de certains gouvernements des pays dits socialistes afin d’affaiblir la cohésion du bloc soviétique. C’est dans ce cadre qu’un soutien a été apporté à la Roumanie à partir des années 1970 au moment où Ceausescu exprimait des velléités d’éloignement à l’égard du Comecon et du Pacte de Varsovie ;
* soutenir des alliés stratégiques du bloc capitaliste occidental, des États-Unis en particulier (exemples : l’Indonésie de Suharto, le Zaïre de Mobutu, les Philippines sous Marcos, le Brésil de la dictature à partir de 1964) ;
* tenter d’éviter ou de limiter, autant que faire se peut, un rapprochement des gouvernements des pays en développement avec le bloc soviétique ou la Chine : essayer par exemple d’éloigner l’Inde et l’Indonésie du temps de Soekarno de l’URSS ;
* tenter, à partir de 1980, d’intégrer la Chine dans le jeu d’alliances des États-Unis.
Pour mener cette politique, la Banque mondiale applique une tactique généralisée : elle mène la vie dure à un gouvernement de gauche confronté à une opposition de droite de manière à l’affaiblir et à favoriser l’accession de la droite au pouvoir.
Selon la même logique, McNamara est moins exigeant à l’égard d’un gouvernement de droite confronté à une opposition de gauche afin d’éviter de l’affaiblir et d’empêcher la gauche d’accéder au pouvoir.
L’orthodoxie monétariste est à géométrie variable : les variations dépendent bien de facteurs politiques et géostratégiques.
Quelques cas concrets – le Chili, le Brésil, les Philippines, l’Indonésie et la Roumanie - illustrent ce qui vient d’être avancé.
Le Chili.
Lorsque le gouvernement démocratique du socialiste Salvador Allende est élu en 1970, McNamara décide de retirer le financement de la Banque mondiale.
Dès que le général Pinochet renverse Allende le 11 septembre 1973 et déclenche une répression massive autant que sanglante, McNamara intervient pour que la dictature reçoive un appui financier [7]. Car comme l’a dit Henry Kissinger à ce moment-là :
« Je ne vois pas pourquoi nous laisserions un pays devenir marxiste simplement parce que son peuple est irresponsable. »
Le Brésil.
Le régime démocratique du président Joao Goulart est renversé par les militaires en avril 1964.
Le lendemain, les États-Unis reconnaissent le nouveau régime militaire, qui organise une forte répression, interdit les grèves, provoque une forte chute des salaires réels, supprime les élections au suffrage direct, décrète la dissolution des syndicats et recourt régulièrement à la torture.
À partir de 1968, McNamara se rend régulièrement au Brésil où il ne manque pas de rencontrer le gouvernement des militaires.
Les rapports publics de la Banque font systématiquement les louanges de la politique de la dictature en ce qui concerne la réduction des inégalités [8].
En interne, cependant, les discussions peuvent tourner à l’aigre. Lorsque le sous-directeur du département Projet, Bernard Chadenet, déclare que l’image de la Banque va se dégrader suite au soutien qu’elle apporte au gouvernement répressif du Brésil, McNamara reconnaît qu’il y a une répression très forte (« a tremendous amount of repression »).
Mais il ajoute que
« ce n’était pas nécessairement très différent de ce qui avait lieu lors des gouvernements antérieurs et ça ne semblait pas bien pire que dans d’autres pays membres de la Banque. Est-ce que le Brésil était pire que la Thaïlande ? » [9]
Quelques jours plus tard, McNamara poursuit :
« Il ne semblait pas y avoir la possibilité d’une alternative viable au gouvernement des généraux. » [10]
Les Philippines.
Robert McNamara considère que les Philippines, où se trouvent des bases militaires des États-Unis, tout comme l’Indonésie et la Turquie, représentent un tel enjeu stratégique qu’il faut à tout prix renforcer les liens entre la dictature de Ferdinand Marcos et la Banque mondiale.
Prêter de l’argent est un moyen de pression. Les historiens de la Banque mondiale n’hésitent pas à écrire :
« Les Philippines représentaient alors un cas où la loi martiale avait déclenché un grand volume de prêts de la Banque. Marcos a écarté le Parlement et a commencé à gouverner par décrets présidentiels en août 1972. McNamara et les fonctionnaires de la Banque ont salué ce changement » [11].
Un des premiers actes posés par Ferdinand Marcos après l’instauration de la dictature consiste à supprimer le plafond d’endettement public que le Parlement philippin a instauré en 1970.
La réglementation abrogée fixait à un milliard de dollars la marge d’endettement du gouvernement avec un plafond annuel de 250 millions de dollars. Ferdinand Marcos fait sauter ce verrou, ce qui ravit la Banque mondiale [12].
Robert McNamara annonce que la Banque mondiale est disposée à multiplier au moins par deux les montants prêtés [13].
Il est trop tard pour augmenter les prêts pour 1973 au grand dam de Robert McNamara. Qu’à cela ne tienne : la Banque met les bouchées doubles et en 1974, elle multiplie par 5,5 le montant de 1973 (165 millions au lieu de 30) [14].
La Banque mondiale et le FMI sont à ce point publiquement derrière la dictature qu’ils organisent leur assemblée annuelle en 1976 à Manille.
À noter également que la Banque mondiale, en collaboration avec les Fondations Ford et Rockfeller, a implanté aux Philippines un des trois centres de recherche de la révolution verte.
L’Indonésie.
Le président nationaliste et progressiste Ahmed Soekarno nationalise toutes les entreprises privées étrangères (sauf les compagnies pétrolières).
Il quitte le FMI et la Banque mondiale en août 1965 et décide de prendre en main le pays de manière indépendante.
C’est alors qu’intervient militairement, le 30 septembre 1965, le général Mohamed Suharto, soutenu par Washington.
À la tête de l’armée, il lance une répression massive contre les partis de gauche en prenant pour cible principale le PKI (le parti communiste indonésien) : entre cinq cents mille et un million de civils sont assassinés pour la seule raison d’appartenance au PKI ou de sympathies envers lui [15].
En mars 1966, Suharto obtient finalement de Soekarno que celui-ci lui transfère officiellement le pouvoir. Six jours plus tard, le gouvernement des États-Unis annonce qu’il ouvre une ligne de crédit à l’Indonésie pour un montant de 8,2 millions de dollars afin qu’elle achète du riz états-unien [16].
Le 13 avril 1966, l’Indonésie rejoint la Banque mondiale [17]. En 1966 toujours, Lyndon B. Johnson, président des États-Unis, se déplace pour visiter ses troupes au Vietnam et insiste, dans un de ses discours, sur le modèle indonésien [18].
Ce modèle, « l’Ordre Nouveau » de l’ère Suharto, utilise régulièrement la terreur et l’élimination physique, et aligne en fait sa politique sur celle des États-Unis.
Quand Robert McNamara arrive à la présidence de la Banque en avril 1968, il constate que l’Indonésie (avec la Chine de Mao) est le seul pays très peuplé avec lequel la Banque n’a pas de relation importante.
Il faut rattraper le retard et son premier déplacement en tant que président de la Banque mondiale est pour l’Indonésie, dès juin 1968.
Il n’y est pas dépaysé : le dictateur Suharto s’est entouré d’économistes formés aux États-Unis grâce à la Fondation Ford [19].
Les relations entre eux sont idylliques : « McNamara et le président Suharto se portaient une admiration réciproque [20] » ; « Lorsqu’ils s’engageaient au quotidien dans des discussions politiques, la Banque et le gouvernement se comportaient comme un couple de vieux copains » [21] ; « Aux yeux du président, l’Indonésie était le joyau de la couronne des opérations de la Banque » [22].
La Roumanie.
À partir de 1947, la Roumanie s’intègre au bloc soviétique. En 1972, la Roumanie est le premier pays du glacis soviétique à rejoindre la Banque.
La Banque entreprend dès 1973 de négocier avec Bucarest le début d’une politique de prêts qui atteint très vite un volume tout à fait appréciable.
En 1980, la Roumanie devient le huitième en importance sur la liste des emprunteurs de la Banque.
Un des historiens de la Banque, Aart van de Laar, raconte une anecdote significative qui remonte à 1973.
Il assistait début 1973 à une réunion de la direction de la Banque qui avait à son agenda le début de l’octroi de prêts à la Roumanie.
Devant l’incrédulité de certains dirigeants qui critiquaient l’absence de rapport fouillé sur la Roumanie, Robert McNamara aurait déclaré qu’il avait une grande confiance dans la moralité financière des pays socialistes en termes de remboursement de la dette.
Ce à quoi un des vice-présidents de la Banque, présent à la réunion, aurait répondu que « le Chili d’Allende n’était peut-être pas encore devenu assez socialiste » [23].
McNamara serait resté de glace. Ce sont donc manifestement des considérations politiques qui décidèrent la Banque à entamer des relations étroites avec la Roumanie.
Il s’agit de déstabiliser l’URSS et le bloc soviétique dans le contexte de la Guerre froide en entretenant des relations étroites avec la Roumanie.
Le manque de démocratie interne et la répression policière systématique n’ont pas l’air de dissuader davantage la Banque dans ce cas comme dans d’autres.
Au contraire, la Roumanie devient un des plus gros clients de la Banque qui finance des grands projets (mines de charbon à ciel ouvert, centrales électriques thermiques) dont les effets négatifs en termes de pollution sont facilement décelables.
Pour l’exploitation des mines de charbon à ciel ouvert, les autorités roumaines déplacent des populations qui, jusque là, étaient actives dans l’agriculture.
En résumé, d’une part, la Banque mondiale a soutenu les alliés stratégiques des États-Unis dans les différentes régions du globe —même les pires dictatures— pour renforcer la zone d’influence états-unienne.
D’autre part, la Banque mondiale a prêté de manière conditionnelle à des pays qui tentaient d’appliquer des politiques en rupture avec le modèle capitaliste dominant, afin d’acquérir un droit de regard sur les politiques économiques pratiquées par ces pays.
McNamara s’efforce donc de stopper le développement de politiques indépendantes et de ramener dans le giron des grandes puissances industrielles nombre de dirigeants qui avaient pris leurs distances (Nasser en Égypte, N’Krumah au Ghana, Manley en Jamaïque, Soekarno en Indonésie…).
Quand des dirigeants du Sud refusaient de s’y plier, les puissances du Nord n’hésitaient pas à les renverser en mettant en place des dictatures (assassinat de Lumumba dans l’ex-Congo belge en 1961, d’Olympio au Togo en 1963, d’Allende au Chili en 1973) ou à intervenir militairement, par exemple au Vietnam justement [24].
La Banque mondiale venait ensuite à la rescousse des dictatures avec des financements massifs, très souvent détournés.
Les données géopolitiques constituent donc la toile de fond du processus d’endettement des pays du Sud. Au début des années 1980, les pays du Sud, surendettés, subissent de plein fouet la hausse brutale des taux d’intérêt et la dégringolade des cours des matières premières, qu’ils produisent de plus en plus pour rembourser leur dette, mais pour lesquels ils se font concurrence alors que la demande n’a pas augmenté au Nord.
En cours de jeu, les règles changent brusquement. Les conséquences seront terribles pur les peuples du Sud qui sont contraints par le FMI et la Banque mondiale de se saigner aux quatre veines pour rembourser de riches créanciers.
Rien n’a été fait pour amortir le choc et le risque qu’une crise de la dette survienne était connu très tôt des grands argentiers.
Malgré cela, ils ont poussé pour accroître l’endettement des pays du Sud et annihiler ainsi toute forme de développement.
En fait, la Banque mondiale était en concurrence avec les banques privées pour octroyer un maximum de prêts le plus vite possible.
Jusqu’à l’éclatement de la crise en 1982, la Banque mondiale tient un double langage : l’un, officiel, destiné au public et aux pays endettés dit qu’il n’y a pas de quoi s’inquiéter et que les problèmes éventuels seront de courte durée ; l’autre, alarmant, est tenu à huis clos lors des discussions internes.
Par exemple, McNamara écrit en 1973 :
« À la fin de 1972, la dette s’élevait à 75 milliards de dollars et le service annuel de la dette dépassait 7 milliards de dollars. Le service de la dette a augmenté de 18% en 1970 et de 20 % en 1971. Le taux moyen d’augmentation de la dette depuis la décennie de 1960 a représenté presque le double du taux de croissance des revenus d’exportation avec lesquels les pays endettés doivent assurer ce service de la dette. Cette situation ne peut continuer indéfiniment » [25].
Dans le même temps, il maintient la pression sur les pays du tiers-monde afin qu’ils accroissent leur endettement.
Dans un mémorandum interne de la Banque mondiale rédigé en octobre 1979, on peut lire que si les banques perçoivent que les risques augmentent, elles réduiront les prêts et « nous pourrions voir une grande quantité de pays se retrouver dans des situations extrêmement difficiles » [26].
Dans son Rapport sur le développement dans le monde 1980, la Banque mondiale présente pourtant l’avenir de manière optimiste, prévoyant que les taux d’intérêt réels vont se stabiliser au niveau très bas de 1 %, ce qui était totalement irréaliste.
Grâce à des historiens de la Banque mondiale, nous apprenons que dans la première version non publiée du rapport, figure une deuxième hypothèse basée sur un taux d’intérêt réel de 3 %.
Cette projection montrait que la situation serait à terme intenable pour les pays endettés. McNamara a demandé qu’on retire ce scénario noir de la version à publier [27] !
Dans le Rapport sur le développement dans le monde publié en 1981 quelques mois avant le départ de la présidence de McNamara, on peut lire : « Il semble très probable que les emprunteurs et les prêteurs vont s’adapter aux conditions changeantes sans précipiter une crise générale de confiance [28]. » Le 20 août 1982, après avoir remboursé des sommes considérables au cours des sept premiers mois de l’année, le Mexique annonce qu’il n’est plus en mesure de continuer les paiements.
La crise se répand comme une traînée de poudre. Les pays en développement en paient encore les conséquences aujourd’hui.
McNamara est coresponsable des crimes commis par le gouvernement des États-Unis au Vietnam, il est également largement responsable de la politique de la Banque mondiale qui a soutenu systématiquement les dictatures et mené les pays du Sud à un surendettement tragique.
L’action de McNamara pendant 20 ans avait deux objectifs qui ont été mené à bien : reprendre l’avantage à l’égard de pays qui avaient affirmé leur volonté d’indépendance et augmenter le degré d’exploitation des peuples du Sud.
Damien Millet est secrétaire général du CADTM France (Comité pour l’Annulation de la Dette du Tiers Monde). Dernier livre publié : Dette odieuse (avec Frédédric Chauvreau), CADTM/Syllepse, 2006. .
Éric Toussaint est président du CADTM Belgique (Comité pour l’Annulation de la Dette du Tiers Monde). Dernier livre publié : Banque du Sud et nouvelle crise internationale, CADTM/Syllepse, 2008
[1] Robert McNamara, Avec le recul, La tragédie du Vietnam et ses leçons, Seuil, 1996.
[2] A comparer avec la nomination en 2005 de Paul Wolfowitz, secrétaire adjoint à la Défense, stratège de la guerre contre l’Irak et l’Afghanistan, à la tête de la Banque mondiale alors que la stratégie politique et militaire de Washington était en échec.
[3] Robert McNamara, Cien países, Dos mil millones de seres, Tecnos, 1973, p. 29
[4] Robert McNamara, Cien países, Dos mil millones de seres, Tecnos, 1973, p. 139-140.
[5] Rapport 2000 de la Commission des Finances de l’Assemblée nationale sur Les activités et le contrôle du FMI et de la Banque mondiale.
[6] « L’Autre mondialisation », Arte, 7 mars 2000.
[7] Voir Eric Toussaint, La Banque mondiale, le Coup d’État permanent, CADTM-Syllepse, 2006, chapitre 6, p. 88.
[8] Détails dans Kapur, Devesh, Lewis, John P., Webb, Richard. 1997. The World Bank, Its First Half Century, Volume 1, p. 274-282
[9] World Bank, “Notes on Brazil Country Program Review, December 2, 1971” in Détails dans Kapur, Devesh, Lewis, John P., Webb, Richard. 1997. op.cit., p. 276.
[10] Kapur, Devesh, Lewis, John P., Webb, Richard. 1997. op.cit., p. 276.
[11] D. Kapur, J. Lewis, R. Webb, 1997, op. cit., p. 558.
[12] Voir Cheryl Payer, 1991, p. 82
[13] Les historiens de la Banque mondiale rendent public un compte-rendu interne d’une réunion au plus haut niveau entre McNamara et ses collègues : “Une réunion plutôt surprenante ! En effet, il n’y a plus été question des critiques des premières années relatives à la politique, à la corruption et à l’inégalité des revenus mais elle a plutôt montré un sentiment généralisé d’assentiment pour l’augmentation des prêts. Et l’équipe du département qui avait préparé un document prudent concernant les Philippines (Country Program P) était sidérée. L’ordre du jour de la réunion est de travailler à l’intérieur du système. (La politique du gouvernement philippin n’est pas nécessairement pire qu’en Thaïlande mais elle fait l’objet de plus de publicité). Nous devons avoir pour objectif de prêter en moyenne 120 millions de dollars par an pour les prochaines années de 1974 à 1978, 50% de plus que ce qui était prévu ». (World Bank, “Notes on the Philippines Country Program Review, July 28, 1972,” prepared by H. Schulmann on August 15, 1972, cité par D. Kapur, J. Lewis, R. Webb, 1997, vol. 1., p. 303) (World Bank, “Notes on the Philippines Country Program Review, July 28, 1972,” prepared by H. Schulmann on August 15, 1972, cité par D. Kapur, J. Lewis, R. Webb, 1997, vol. 1., p. 303) (…)“Un miracle s’est produit aux Philippines. Il est cependant philosophiquement gênant que ce miracle se soit produit sous les auspices d’une dictature militaire. Monsieur Cargill a dit qu’il ne pensait pas que le miracle allait continuer « mais tant que c’est le cas et seulement tant que c’est le cas, continuons à le soutenir » lança McNamara ».Memorandum, Alexis E. Lachman to John Adler, December 27, 1973, with attachment, “Philippines Country Program Review, December 19, 1973, cite par D. Kapur, J. Lewis, R. Webb, 1997, vol. 1., p. 304)
[14] En 1980, la Banque mondiale prêta 400 millions.
[15] « 1965 : Indonésie, laboratoire de la contre-insurrection », par Paul Labarique, Réseau Voltaire, 25 mai 2004.
[16] Voir Cheryl Payer, The Debt Trap : The International Monetary Fund and the Third World, Monthly Review Press, 1974.
[17] Voir Devesh Kapur, John P. Lewis, Richard Webb, op. cit.
[18] ARTE, Les mercredis de l’histoire : Massacre en Indonésie, Australie, France, Thirteen WNET New York, Arte France,YLE TV2 Documentaires, Australian Film Finance Corporation, Hilton Cordell/Vagabond films production, BFC Productions, c.2001.
[19] Kapur, Devesh, Lewis, John P., Webb, Richard. 1997. op.cit., p. 467-471
[20] Idem, p. 469.
[21] Ibid., p.470.
[22] Ibid , p. 493.
[23] Van de Laar, Aart. 1980. The World Bank and the Poor, Martinus Nijhoff Publishing, Boston/The Hague/London, p.40.
[24] Voir Damien Millet et Eric Toussaint, 60 Questions 60 Réponses sur la dette, le FMI et la Banque mondiale, CADTM-Syllepse, novembre 2008.
[25] Robert McNamara, Cien países, Dos mil millones de seres, Tecnos, 1973, p.94.
[26] D. Kapur, J. Lewis, R. Webb, 1997, op. cit., p.599.
[27] Ce scénario, bien que plus proche de ce qui se passa réellement, était pourtant encore trop optimiste.
[28] Cité par Nicholas Stern et Francisco Ferreira, « The World Bank as ‘intellectual actor’ », 1997, in Devesh Kapur, John P. Lewis, Richard Webb, The World Bank, Its First Half Century, Volume 2, 1997, p.559.
SOURCE : voltairenet.org – réseau de presse non alignée
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09.07.2009
La complainte de la zorapeuse
Elle me dit :
Lasse, de Pat, qui pique, mon honneur !
Lasse, de Pat, qui pique, mes frayeurs !
Lasse, de Pat, qui pique, mes pleurs !
Alors pleures !
Lasse, de Pat, qui pique, mon cœur !
Lasse, de Pat, qui pique, mes ardeurs !
Lasse, de Pat, qui pique, ma rancœur !
Et ta sœur ?
Justement !
Faste, de Pat, qui veut, sa candeur !
Faste, de Pat, qui veut, son bonheur !
Faste, de Pat, qui veut, sa fleur !
Et tu as peur ?
Mais,
place de Pat, on fabrique, mon malheur !
Place de Pat, on fabrique, ma fureur !
Place de Pat, on fabrique, la rumeur !
Et Alors ?
Mais c’est un leurre !
Arrêtes ces peurs !
Car,
Traces de Pat, qui admet, ta rigueur !
Traces de Pat, qui admet, tes douceurs !
Traces de Pat, qui admet, ta splendeur !
Plus de peur ?
Mais tu pleures ?
Pat
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