17.07.2009
LETTRE OUVERTE DE CHILDERIC
Faisant suite à l’agression de ce déchet de l’humanité qu’est ce crétin de clark
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LETTRE OUVERTE DE CHILDERIC
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Par ce présent courriel , je tiens à porter à votre connaissance des faits grave et rarissime et particulièrement odieux qui ont été proférés par le susnommé Clark en date du 17 juillet 2009 en fin de matinée en présence de trois témoins " Hugues ,Willy et mouss".
Des gens soi-disant sérieux et c'est un doux euphémisme quand on parle de gens sérieux sur Skype , lui ont rapporté que j'avais fait à son égard une tentative d'intrusion du contenu de son disque dur ce qui en l'état actuel des choses ne laisse perplexe.
Il est une règle d'or chez moi , c'est de ne jamais transgressé les règles de la vie privée de tout à chacun.
Je n'ai jamais et je l'écris d'autant plus volontiers fait de tentative d'intrusion de vos vies privées respectives et encore moins de tentative de lire le contenu de votre disque dur.
Ce monsieur dénommé" Clark" à sciemment souhaité que je crève de ma maladie
et ceci en présence de trois témoins, ce sont des faits suffisamment rarissimes pour que je puisse vous les rapporter.
Ceci dit j'ai une petite idée des gens sérieux qui se sont faits l'écho de tels propos au demeurant complètement déformé cela ajoute beaucoup à ma déception et à mes fréquentations du pourtant fabuleux outil Skype.
Il m'apparaît que l'usage de Skype m'apporte plus de désagréments que d'agrément en effet plus que jamais les émotions sont complètement exacerbées et c'est un climat peu propice à l'épanouissement personnel.
J'ai déjà évoqué à maintes reprises et sur un salon Zorap le fait de quitter définitivement et sans aucun regret ce monde virtuel, du moins ce qu'il y a de plus mauvais car l'outil Internet demeure un outil fabuleux.
Hors la pathologie dont je souffre demande un climat de quiétude et de calme, ce qui est loin d'être le cas dans ce monde virtuel, étant un garçon calme je suis peux enclin à supporter ce climat exécrable et délétère.
J'ai toujours regardé de manière calme et sereine les événements de ma vie et cet événement que je considère malgré tout comme petit ne va pas échapper à cette règle.
Je vais donc m'octroyer une petite période de réflexion dans laquelle je vous donnerai le résultat de mes réflexions.
Je vous demanderais pendant cette période de réflexion de bien vouloir respecter les conditions suivantes d'une part aucun contact pas courriel , ni par voie téléphonique Skype au France télécom ou même MSN.
En guise de conclusion il y a trois périodes bien distinctes dans une vie, avant c'est la période où nous étions "innocent" pendant c'est une période faste où les esprits et les corps fusionnent et après qui indique généralement la fin.
Il semblerait que l'on se dirige vers le troisième aspect des choses et alors pourquoi pas?
Je vous remercie d'avoir eu la patience de lire
Childéric
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MON COMMENTAIRE
Je ne trouve pas les mots pour qualifier ce déchet de l’humanité qu’est ce crétin de clark : illettré, misogyne, fascite, raciste. (nous le recherchons activement, afin de lui faire un sort…. !).
Les faits se sont déroulés, dans la room de ce trou du cul de 1ère classe, j’ai nommé le sinistre avocat du crétin de clark : hugues dit l’ardéchois, ex-le grand meaulne, à ses heures perdues, se voulant un rigolo de « chasseur de tigre » depuis ma dernière lettre ouverte le concernant.
La complicité d’hugues « trou du cul de 1ère classe » est patente, puisqu’il aurait dû intervenir pour stopper immédiatement l’agression verbale du crétin de clark. Il n’a rien fait ! C’est vous dire sa lâcheté, et son asservissement au service du gros con de crétin de clark.
Voilà deux espèces de franchouillards, deux beaufs, l’archétype même du couillon qui fait honte en France. Certes, des connards existent partout dans le monde, mais en France, patrie mondiale de la culture et des droits de l’homme, nous eussions préféré ne pas en compter quelques millions, parmi les plus cons des plus cons de la planète.
Ces matières fécales que sont clark et hugues, non content de nous les gonfler dans les rooms avec leurs conversations de bistrot ou de tripot, ils se permettent d’étaler au grand jour la profondeur de leur crétinisme.
En bref !
JE SOUHAITE
UNE SOLIDARITE TOTALE ET UN SOUTIEN ACTIF A CHILDERIC !
Je vous remercie pour lui !
Notre ami est suffisamment éprouvé par la maladie, pour ne pas en rajouter avec des bassesses, qui suscitent chez moi les pires instincts de violence physique à l’encontre de ces deux déchets de l’humanité !
A la lumière de l’agression verbale faite à mon ami CHILDERIC, par ce déchet de l’humanité qu’est ce crétin de clark, avec la complicité objective de ce trou du cul d’hugues dit l’ardéchois :
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Je veux être et je vais être très clair, valeur ce jour, car je commence à avoir marre des hypocrites : FEMMES OU HOMMES !
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Je m’adresse aux personnes qui figurent sur ma liste des contacts skype ou zorap, qui fréquenteraient encore ces deux déchets de l’humanité.
Vous êtes réputées prévenues désormais, qu’il y a lieu de cesser toutes relations avec ces détritus, nanties que vous êtes de la sinistre et inacceptable agression faite à CHILDERIC.
En clair :
· Si vous vous trouvez dans une room en leur présence : quittez-la immédiatement ! Sans leur adresser la parole, car votre présence dans cette room cautionne, de fait, l’agression sus-mentionnée, mais aussi toutes celles dont vous ne pouvez pas en ignorer leur existence.
· Si vous êtes l’hôte d’une room et que ces déchets de l’humanité entrent chez vous, virez-les sans autre forme de procès !
Vous êtes parfaitement libre de ne pas observer ces recommandations solidaires envers notre ami CHILDERIC.
Cependant, si vous ne les observez pas, pour ma part, je serais libre de penser qu’il va falloir nous séparer, car nous n’aurions, manifestement plus, les mêmes valeurs humaines permettant le maintien de notre relationnel.
Par voie de conséquence, si vous n’observez pas ces recommandations de solidarité envers CHILDERIC, votre maintien dans ma liste de contacts me paraîtra inappropriée eu égard à la conception que j’ai d’un relationnel axé sur l’intelligence la plus élémentaire.
ON NE FREQUENTE PAS
CE
crétin de clark !
ET CE
trou du cul d’hugues dit l’ardéchois !
Faites comme vous le souhaitez, mais ne venez pas vous étonner de ma réaction violente, si vous êtes surpris en train de dialoguer ou d’accepter en qualité d’hôte, ces deux déchets de l’humanité.
On ne peut pas à la fois, condamner verbalement les comportements de ces déchets de l’humanité, en disant simplement, et hypocritement : « ce n’est pas bien ce qu’ils disent.. ! » et dialoguer avec eux ou les accepter dans votre room, comme s'il s'agissait de gens fréquentables ! Soyez cohérents, car ce double langage me paraît dangereux...!
Agissez bordel de merde !
Arrêtez d’être faux-cul !
Arrêtez de vous cacher derrière la liberté d’expression, quand celle-ci est employée à insulter, casser, humilier les gens !
Prenez ce commentaire comme vous voulez, mais gardez toujours en mémoire la cause des effets de ma colère. Quant à son origine, je vous renvoie à mes deux lettres ouvertes concernant ces deux déchets de l’humanité que sont le crétin de clark et le trou du cul de 1ère classe d’hugues dit l’ardéchois.
Il est temps, effectivement, au-delà des condamnations verbales des actes de ces deux déchets de l’humanité, qu’aujourd’hui vos condamnations soient crédibles, et non des paroles en l’air, en agissant concrètement contre ces deux détritus.
N’oubliez pas ce proverbe : Dis-moi qui tu fréquentes, et je te dirai qui es-tu !
Sommes-nous clairs ?
OUI ! Alors nous réussirons à isoler TOTALEMENT ces deux déchets de l’humanité !
NON ! Alors je crains que nous n’ayons pas les mêmes valeurs humaines, et par voie de conséquence, je vous sortirai de mes contacts.
Pat « dialecticien ou pyromane »
P.S. A celles et ceux qui ne connaissent soit disant pas vraiment qui est le crétin de clark et son sinistre avocat le trou du cul de 1ère classe d’hugues l’ardéchois, voici mes deux lettres ouvertes les concernant.
SUR LE CRETIN DE CLARK
http://dialecticien.hautetfort.com/archive/2009/04/14/un-...
SUR LE TROU DU CUL D’HUGUES DIT L’ARDECHOIS
http://dialecticien.hautetfort.com/archive/2009/04/17/let...
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10.07.2009
Médias de la haine
Reporters sans frontières contre la démocratie vénézuélienne
par Salim Lamrani
Poursuivant sa campagne de falsification, Reporters sans frontières accuse le président du Venezuela de vouloir interdire une chaîne de télévision privée d’opposition.
En réalité, note Salim Lamrani, le président Chavez n’a pas son mot à dire en matière de licence audio-visuelle. par contre, la Justice a des griefs précis contre une chaîne qui, après avoir participé au coup d’État manqué de 2002, diffuse des appels au meurtre et des contenus racistes.

Reporters sans frontières (RSF) persiste et signe.
Le 23 juin 2009, moins d’un mois après avoir rendu public son soutien à la chaîne de télévision putschiste Globovisión en répandant de nombreuses contrevérités sur la réalité vénézuélienne, l’association française tente de nouveau de tromper l’opinion publique à ce sujet [1].
RSF « redoute à brève échéance l’annulation de la fréquence hertzienne de Globovisión », en référence à la procédure engagée contre la chaîne le 16 juin 2009 et entérinée par le Tribunal suprême de Justice le 18 juin.
L’organisation affirme que « le président Hugo Chávez a récemment averti que Globovisión quitterait les ondes faute de modifier sa ligne éditoriale […].
L’annulation de sa fréquence hertzienne marquerait le point d’orgue d’un véritable harcèlement procédurier, juridiquement contestable, contre la chaîne en raison de son contenu » [2].
Puis RSF conclut : « Que la chaîne ne soit pas exempte de reproches n’enlève rien à la gravité du procédé.
Il n’est pas digne d’une démocratie comme le Venezuela que le bon plaisir du chef de l’État décide seul de l’avenir d’un média.
Débarrassé de Globovisión, Hugo Chávez disposera d’un espace télévisuel hertzien qui lui sera entièrement dévoué mais se prive d’un filtre médiatique, ce qui pourrait conduire à une radicalisation de l’opposition. Cette configuration est un revers pour le pluralisme et le débat » [3].
Tout d’abord, RSF essaye de faire croire que seule la « ligne éditoriale » extrêmement critique à l’égard du gouvernement démocratique d’Hugo Chávez serait la cause « d’un véritable harcèlement procédurier, juridiquement contestable, contre la chaîne ».
Ensuite, elle affirme que la procédure engagée contre la chaîne est du fait du président Chávez [4].
Le mensonge est une nouvelle fois double. En effet, au Venezuela, seules la Commission nationale des télécommunications (Conatel) et la Justice ont le pouvoir de révoquer la fréquence hertzienne de Globovisión, uniquement en cas de violation grave de la Loi organique des télécommunications de 2000.
Ce n’est en aucun cas une prérogative du pouvoir exécutif, contrairement à ce qu’affirme RSF [5].
Que s’est-il passé pour que la Conatel invoque l’article 171 de la loi organique des télécommunications, qui stipule que « quiconque aura utilisé les services de télécommunications, pour lesquels il a reçu une habilitation, dans le but de commettre des délits » sera sanctionné d’une révocation de la concession hertzienne, à l’encontre de Globovisión ?
S’agit-il simplement du fait de « sa ligne éditoriale » comme l’affirme RSF ? [6]
La réalité est autre.
Le 13 octobre 2008, le journaliste Rafael Poleo, directeur du quotidien El Nuevo País et de la revue Zeta, a lancé un appel à l’assassinat d’Hugo Chávez en direct sur Globovisión durant l’émission « Aló Ciudadano », en affirmant que ce dernier « finira comme Mussolini ».
Voici la vidéo et la transcription exacte de son intervention :
http://www.youtube.com/watch?v=Sgkeo0Dl3lk
Rafael Poleo : « ... L’histoire se répète. Si l’on regarde la trajectoire de Benito Mussolini et celle de Chávez, ce sont les mêmes. C’est pour ça que je vous dis, avec inquiétude, qu’Hugo va finir comme Mussolini, pendu la tête en bas.
Leopoldo Castillo : Vous ne pouvez pas dire cela, Poleo, ça pourrait être considéré comme une apologie du délit, ça peut être interprété, ça pourrait être une incitation.
Rafael Poleo : …Moi, je le dis de manière préventive, fais attention Hugo, ne finis pas comme ton homologue Benito Mussolini, pendu la tête en bas, parce que toi tu ressembles à Mussolini et à Mussolini lors de l’étape initiale du fascisme.
Chávez c’est ça, parce que c’est une insulte au socialisme et au communisme de dire que Chávez est socialiste ou communiste, ce qu’il y a c’est que c’est plus simple et les gens ont déjà oublié au cours de l’Histoire ce qu’est le fascisme… Mais Chávez c’est un fasciste vieillot, Chávez c’est un fasciste. » [7]
« Reporters sans frontières désapprouve sur le fond les déclarations de Rafael Poleo, mais estime qu’elles relèvent de la responsabilité de celui-ci et non de Globovisión ».
L’organisation parisienne, loin de condamner de telles déclarations, se contente donc de les « désapprouver », illustrant ainsi clairement son caractère partisan en tentant de dédouaner la chaîne de sa responsabilité.
Contrairement à ce qu’affirme RSF, la chaîne est responsable du contenu de ses programmes. [8]
Dans quel pays du monde une telle instigation au crime serait-elle acceptée ?
Que se passerait-il en France si la chaîne TF1 diffusait un message semblable à l’encontre du président Nicolas Sarkozy ?
La justice interviendrait-elle ? RSF défendrait-elle de tels agissements ?
Globovisión n’en est pas à sa première tentative de déstabilisation. Depuis 1998 et l’élection d’Hugo Chávez, elle a fait du dénigrement de la politique gouvernementale sa principale activité.
Pis encore, en avril 2002, la chaîne avait activement participé au coup d’État contre Hugo Chávez en soutenant le putschiste Pedro Carmona Estanga.
En décembre 2002, elle avait soutenu également le sabotage pétrolier orchestré par l’opposition qui avait coûté la bagatelle de 10 milliards de dollars à l’économie vénézuélienne.
En mai 2007, Globovisión s’était déjà rendue coupable d’incitation à l’assassinat du président Chávez. En avril 2009, la chaîne a lancé un appel aux contribuables afin de ne pas s’acquitter de leurs impôts. [9]
Les exemples pourraient se multiplier. Voici quelques messages transmis par Globovisión incitant les téléspectateurs à l’insurrection :
« Nous devons sortir pour défendre notre pays, notre démocratie et notre liberté. C’est seulement ainsi que nous pourrons arrêter le régime dans son désir de nous réduire en esclavage »,
« Je veux lancer un appel ici à la classe ouvrière : ouvrez les yeux, je sais que vous êtes en train de les ouvrir, parce qu’il y a des protestations partout, mais ouvrez les yeux pour que cette protestation soit plus forte »,
« Ouvrez les yeux, ce gouvernement n’est pas démocratique »,
« Si on nous dit que ce gouvernement est autoritaire, est dictatorial, ou qu’il nous mène à l’échec, ce que l’on suggère aux gens c’est : on va renverser ce gouvernement ».
« Nous sommes les adultes et nous devons virer ce dictateur pour nous enfants et nos petits-enfants » [10].
Ensuite, Globovisión a multiplié les campagnes de dénigrement et les insultes en tout genre à l’encontre du gouvernement.
Le 28 février 2004, la chaîne a diffusé une vidéo d’un discours d’Hugo Chávez mais a coupé le son pour le remplacer par des cris de singe et d’autres d’animaux sauvages, dans une claire référence raciste à la couleur de peau du président.
Voici un autre florilège de déclarations typiques de la chaîne :
« Les maires chavistes n’ont besoin que d’une pomme pour être des cochons », « N’importe quel âne bâté en sait plus sur le pétrole que Chávez »,
« Tu as ruiné le pays »,
« Les imbéciles ont voté pour Chávez »,
« Les chavistes ne pensent pas, ils braient »,
« PDVSA [l’entreprise pétrolière] est en faillite, les entreprises de base sont
ruinées et le pays est militarisé. Que faire ? Se battre et plus encore »,
“Qu’attend-t-on pour agir ? Ca suffit »,
“La souveraineté agroalimentaire du pays est atteinte, parce que la production interne a diminué, il n’y pas de sécurité juridique ».
Quel pays au monde accepterait de tels propos ? [11]
RSF a clairement fait un choix contre la démocratie vénézuélienne en prenant position en faveur d’une chaîne de télévision putschiste et en manipulant la réalité dans le but d’induire l’opinion publique en erreur.
Mais cela n’est guère surprenant de la part d’une entité qui avait soutenu le coup d’État contre Chávez en avril 2002 et qui est financée par le National Endowment for Democracy [12],
une officine écran de la CIA. [13]
Salim Lamrani
Enseignant chargé de cours à l’Université Paris-Descartes et à l’Université Paris-Est Marne-la-Vallée et journaliste français, spécialiste des relations entre Cuba et les États-Unis. Auteur de Cuba face à l’empire : Propagande, guerre économique et terrorisme d’État, dernier ouvrage publié en français : Double Morale. Cuba, l’Union européenne et les droits de l’homme.
Source : voltairenet.org
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Tueur en série
Robert McNamara, artisan de la mise au pas des peuples
par Damien Millet, et Éric Toussaint
Alors que l’administration Obama rend un hommage appuyé à Robert McNamara, décédé le 2 juillet 2009, Damien Millet et Éric Toussaint reviennent sur son bilan.
L’homme ne fut pas seulement le secrétaire à la Défense qui théorisa la riposte nucléaire graduée et organisa la destruction du Vietnam en espérant l’empêcher de devenir communiste.
Il fut aussi le directeur de la Banque mondiale qui utilisa les prêts bancaires pour étendre la zone d’influence états-unienne.
À ce titre, il fut l’architecte de l’actuelle dette des pays du Sud.

Robert McNamara, qui vient de s’éteindre à l’âge de 93 ans, est peu connu du grand public. Pourtant, son action entre le début des années 1960 et celui des années 1980 a contribué à façonner l’économie mondiale d’aujourd’hui.
A côté des hommages qui lui seront rendus, il est essentiel de se placer du côté des peuples qui ont été confrontés à son action pour comprendre l’étendue des ravages causés par sa carrière, appuyée sur le triptyque « commerce, guerre, dette ».
Premier PDG de la multinationale automobile Ford à ne pas être membre de la famille Ford, McNamara ne le restera que cinq semaines avant de devenir secrétaire à la Défense des États-Unis sous la présidence de John F. Kennedy (1961-1963), poste qu’il a conservé sous le président Lyndon B. Johnson (1963-1968).
McNamara est donc l’un des principaux artisans de l’agression militaire des États-Unis contre le Vietnam, guerre bien souvent surnommée « la guerre de McNamara »… Il a exercé des pressions incessantes pour y envoyer davantage de troupes militaires, au total plus de 500 000 soldats.
Environ 1 million de combattants communistes vietnamiens et 4 millions de civils ont été tués entre 1961 et 1975.
Des années plus tard, McNamara reconnaîtra ses torts :
« Nous, membres des administrations Kennedy et Johnson parties prenantes aux décisions sur le Vietnam [...] avons eu tort, terriblement tort. »
Il ajoutera même :
« Je n’avais jamais visité l’Indochine et je ne comprenais rien à son histoire, à sa langue, à sa culture, à ses valeurs. Je n’y étais en rien sensible. […] Quand il s’agissait du Vietnam, nous nous trouvions en position de décider d’une politique pour une terra incognita. » [1]
En 1968, alors que la situation est devenue inextricable pour les États-Unis, McNamara est nommé président de la Banque mondiale [2].
Il va agir à la tête de cette institution comme un missionnaire poursuivant une campagne anticommuniste et vivra personnellement cette expérience comme une résurrection.
En 1968, alors qu’il était encore secrétaire à la Défense, il déclara :
« La mort d’Ernesto Che Guevara en Bolivie à l’automne 1967 a porté un coup sévère aux espérances des révolutionnaires castristes. Mais la seule riposte est une réponse insuffisante à ce problème » [3].
Lors d’une réunion des gouverneurs de la Banque mondiale, McNamara expliqua quelques années plus tard en quoi la réduction de la pauvreté était une condition politique pour rester au pouvoir :
« Trop peu, trop tard, tel est l’épitaphe la plus généralisée dans l’histoire pour les régimes qui sont tombés devant la clameur des hommes sans terre, sans travail, marginalisés et soumis, poussés vers le désespoir. Pour cette raison, l’application de politiques destinées spécifiquement à réduire la pauvreté des 40 % les plus pauvres de la population des pays en développement est recommandable non seulement pour une raison de principe, mais aussi par prudence. La justice sociale n’est pas seulement une obligation morale, mais aussi un impératif politique. » [4]
Son arrivée marque un réel tournant pour la Banque mondiale qui donne alors un coup d’accélérateur à la dette en l’utilisant comme une véritable arme géopolitique.
De 1968 à 1973, la Banque mondiale accorde davantage de prêts que pendant la période 1945-1968, soit plus en 5 ans que pendant les 23 premières années de son existence.
Elle incite également les pays du Sud à emprunter massivement afin de financer la modernisation de leur appareil d’exportation et de les connecter plus étroitement au marché mondial.
En fait, McNamara pousse les pays du Sud à se soumettre aux conditions associées à ces prêts, à accepter des infrastructures inutiles, des budgets sociaux insuffisants, de grands barrages ruineux dans un environnement saccagé, des dettes colossales…
L’appât utilisé : des liquidités mises à disposition des gouvernements en place sans aucun mécanisme de lutte contre la corruption et le détournement de fonds publics.
En échange de ces liquidités, les gouvernants acceptent la plupart des recommandations de la Banque mondiale.
À qui ces prêts sont-ils accordés ? En pleine Guerre froide, la Banque mondiale agit pour contrecarrer l’influence soviétique et les différentes tentatives nationalistes et anti-impérialistes.
Comme l’a souligné un rapport de l’Assemblée nationale française, son « rôle était de fidéliser la clientèle du tiers-monde en faveur du monde occidental » [5].
La stratégie a été double : les prêts ont été utilisés aussi bien pour soutenir les alliés que pour asservir les récalcitrants. Joseph Stiglitz l’a dit franchement :
« Dans de nombreux cas, les prêts étaient destinés à corrompre des gouvernements pendant la Guerre froide. Le problème n’était pas alors de savoir si l’argent favorisait le bien-être du pays, mais s’il conduisait à une situation stable, étant donné les réalités géopolitiques mondiales » [6]
Les choix de la Banque mondiale sous McNamara sont largement déterminés par les critères suivants :
* éviter le maintien de modèles de développement autocentrés ;
* soutenir financièrement de grands projets qui permettent d’augmenter les exportations des principaux pays industrialisés ;
* refuser d’aider des régimes considérés comme des menaces par le gouvernement des États-Unis et d’autres actionnaires importants ;
* tenter de modifier la politique de certains gouvernements des pays dits socialistes afin d’affaiblir la cohésion du bloc soviétique. C’est dans ce cadre qu’un soutien a été apporté à la Roumanie à partir des années 1970 au moment où Ceausescu exprimait des velléités d’éloignement à l’égard du Comecon et du Pacte de Varsovie ;
* soutenir des alliés stratégiques du bloc capitaliste occidental, des États-Unis en particulier (exemples : l’Indonésie de Suharto, le Zaïre de Mobutu, les Philippines sous Marcos, le Brésil de la dictature à partir de 1964) ;
* tenter d’éviter ou de limiter, autant que faire se peut, un rapprochement des gouvernements des pays en développement avec le bloc soviétique ou la Chine : essayer par exemple d’éloigner l’Inde et l’Indonésie du temps de Soekarno de l’URSS ;
* tenter, à partir de 1980, d’intégrer la Chine dans le jeu d’alliances des États-Unis.
Pour mener cette politique, la Banque mondiale applique une tactique généralisée : elle mène la vie dure à un gouvernement de gauche confronté à une opposition de droite de manière à l’affaiblir et à favoriser l’accession de la droite au pouvoir.
Selon la même logique, McNamara est moins exigeant à l’égard d’un gouvernement de droite confronté à une opposition de gauche afin d’éviter de l’affaiblir et d’empêcher la gauche d’accéder au pouvoir.
L’orthodoxie monétariste est à géométrie variable : les variations dépendent bien de facteurs politiques et géostratégiques.
Quelques cas concrets – le Chili, le Brésil, les Philippines, l’Indonésie et la Roumanie - illustrent ce qui vient d’être avancé.
Le Chili.
Lorsque le gouvernement démocratique du socialiste Salvador Allende est élu en 1970, McNamara décide de retirer le financement de la Banque mondiale.
Dès que le général Pinochet renverse Allende le 11 septembre 1973 et déclenche une répression massive autant que sanglante, McNamara intervient pour que la dictature reçoive un appui financier [7]. Car comme l’a dit Henry Kissinger à ce moment-là :
« Je ne vois pas pourquoi nous laisserions un pays devenir marxiste simplement parce que son peuple est irresponsable. »
Le Brésil.
Le régime démocratique du président Joao Goulart est renversé par les militaires en avril 1964.
Le lendemain, les États-Unis reconnaissent le nouveau régime militaire, qui organise une forte répression, interdit les grèves, provoque une forte chute des salaires réels, supprime les élections au suffrage direct, décrète la dissolution des syndicats et recourt régulièrement à la torture.
À partir de 1968, McNamara se rend régulièrement au Brésil où il ne manque pas de rencontrer le gouvernement des militaires.
Les rapports publics de la Banque font systématiquement les louanges de la politique de la dictature en ce qui concerne la réduction des inégalités [8].
En interne, cependant, les discussions peuvent tourner à l’aigre. Lorsque le sous-directeur du département Projet, Bernard Chadenet, déclare que l’image de la Banque va se dégrader suite au soutien qu’elle apporte au gouvernement répressif du Brésil, McNamara reconnaît qu’il y a une répression très forte (« a tremendous amount of repression »).
Mais il ajoute que
« ce n’était pas nécessairement très différent de ce qui avait lieu lors des gouvernements antérieurs et ça ne semblait pas bien pire que dans d’autres pays membres de la Banque. Est-ce que le Brésil était pire que la Thaïlande ? » [9]
Quelques jours plus tard, McNamara poursuit :
« Il ne semblait pas y avoir la possibilité d’une alternative viable au gouvernement des généraux. » [10]
Les Philippines.
Robert McNamara considère que les Philippines, où se trouvent des bases militaires des États-Unis, tout comme l’Indonésie et la Turquie, représentent un tel enjeu stratégique qu’il faut à tout prix renforcer les liens entre la dictature de Ferdinand Marcos et la Banque mondiale.
Prêter de l’argent est un moyen de pression. Les historiens de la Banque mondiale n’hésitent pas à écrire :
« Les Philippines représentaient alors un cas où la loi martiale avait déclenché un grand volume de prêts de la Banque. Marcos a écarté le Parlement et a commencé à gouverner par décrets présidentiels en août 1972. McNamara et les fonctionnaires de la Banque ont salué ce changement » [11].
Un des premiers actes posés par Ferdinand Marcos après l’instauration de la dictature consiste à supprimer le plafond d’endettement public que le Parlement philippin a instauré en 1970.
La réglementation abrogée fixait à un milliard de dollars la marge d’endettement du gouvernement avec un plafond annuel de 250 millions de dollars. Ferdinand Marcos fait sauter ce verrou, ce qui ravit la Banque mondiale [12].
Robert McNamara annonce que la Banque mondiale est disposée à multiplier au moins par deux les montants prêtés [13].
Il est trop tard pour augmenter les prêts pour 1973 au grand dam de Robert McNamara. Qu’à cela ne tienne : la Banque met les bouchées doubles et en 1974, elle multiplie par 5,5 le montant de 1973 (165 millions au lieu de 30) [14].
La Banque mondiale et le FMI sont à ce point publiquement derrière la dictature qu’ils organisent leur assemblée annuelle en 1976 à Manille.
À noter également que la Banque mondiale, en collaboration avec les Fondations Ford et Rockfeller, a implanté aux Philippines un des trois centres de recherche de la révolution verte.
L’Indonésie.
Le président nationaliste et progressiste Ahmed Soekarno nationalise toutes les entreprises privées étrangères (sauf les compagnies pétrolières).
Il quitte le FMI et la Banque mondiale en août 1965 et décide de prendre en main le pays de manière indépendante.
C’est alors qu’intervient militairement, le 30 septembre 1965, le général Mohamed Suharto, soutenu par Washington.
À la tête de l’armée, il lance une répression massive contre les partis de gauche en prenant pour cible principale le PKI (le parti communiste indonésien) : entre cinq cents mille et un million de civils sont assassinés pour la seule raison d’appartenance au PKI ou de sympathies envers lui [15].
En mars 1966, Suharto obtient finalement de Soekarno que celui-ci lui transfère officiellement le pouvoir. Six jours plus tard, le gouvernement des États-Unis annonce qu’il ouvre une ligne de crédit à l’Indonésie pour un montant de 8,2 millions de dollars afin qu’elle achète du riz états-unien [16].
Le 13 avril 1966, l’Indonésie rejoint la Banque mondiale [17]. En 1966 toujours, Lyndon B. Johnson, président des États-Unis, se déplace pour visiter ses troupes au Vietnam et insiste, dans un de ses discours, sur le modèle indonésien [18].
Ce modèle, « l’Ordre Nouveau » de l’ère Suharto, utilise régulièrement la terreur et l’élimination physique, et aligne en fait sa politique sur celle des États-Unis.
Quand Robert McNamara arrive à la présidence de la Banque en avril 1968, il constate que l’Indonésie (avec la Chine de Mao) est le seul pays très peuplé avec lequel la Banque n’a pas de relation importante.
Il faut rattraper le retard et son premier déplacement en tant que président de la Banque mondiale est pour l’Indonésie, dès juin 1968.
Il n’y est pas dépaysé : le dictateur Suharto s’est entouré d’économistes formés aux États-Unis grâce à la Fondation Ford [19].
Les relations entre eux sont idylliques : « McNamara et le président Suharto se portaient une admiration réciproque [20] » ; « Lorsqu’ils s’engageaient au quotidien dans des discussions politiques, la Banque et le gouvernement se comportaient comme un couple de vieux copains » [21] ; « Aux yeux du président, l’Indonésie était le joyau de la couronne des opérations de la Banque » [22].
La Roumanie.
À partir de 1947, la Roumanie s’intègre au bloc soviétique. En 1972, la Roumanie est le premier pays du glacis soviétique à rejoindre la Banque.
La Banque entreprend dès 1973 de négocier avec Bucarest le début d’une politique de prêts qui atteint très vite un volume tout à fait appréciable.
En 1980, la Roumanie devient le huitième en importance sur la liste des emprunteurs de la Banque.
Un des historiens de la Banque, Aart van de Laar, raconte une anecdote significative qui remonte à 1973.
Il assistait début 1973 à une réunion de la direction de la Banque qui avait à son agenda le début de l’octroi de prêts à la Roumanie.
Devant l’incrédulité de certains dirigeants qui critiquaient l’absence de rapport fouillé sur la Roumanie, Robert McNamara aurait déclaré qu’il avait une grande confiance dans la moralité financière des pays socialistes en termes de remboursement de la dette.
Ce à quoi un des vice-présidents de la Banque, présent à la réunion, aurait répondu que « le Chili d’Allende n’était peut-être pas encore devenu assez socialiste » [23].
McNamara serait resté de glace. Ce sont donc manifestement des considérations politiques qui décidèrent la Banque à entamer des relations étroites avec la Roumanie.
Il s’agit de déstabiliser l’URSS et le bloc soviétique dans le contexte de la Guerre froide en entretenant des relations étroites avec la Roumanie.
Le manque de démocratie interne et la répression policière systématique n’ont pas l’air de dissuader davantage la Banque dans ce cas comme dans d’autres.
Au contraire, la Roumanie devient un des plus gros clients de la Banque qui finance des grands projets (mines de charbon à ciel ouvert, centrales électriques thermiques) dont les effets négatifs en termes de pollution sont facilement décelables.
Pour l’exploitation des mines de charbon à ciel ouvert, les autorités roumaines déplacent des populations qui, jusque là, étaient actives dans l’agriculture.
En résumé, d’une part, la Banque mondiale a soutenu les alliés stratégiques des États-Unis dans les différentes régions du globe —même les pires dictatures— pour renforcer la zone d’influence états-unienne.
D’autre part, la Banque mondiale a prêté de manière conditionnelle à des pays qui tentaient d’appliquer des politiques en rupture avec le modèle capitaliste dominant, afin d’acquérir un droit de regard sur les politiques économiques pratiquées par ces pays.
McNamara s’efforce donc de stopper le développement de politiques indépendantes et de ramener dans le giron des grandes puissances industrielles nombre de dirigeants qui avaient pris leurs distances (Nasser en Égypte, N’Krumah au Ghana, Manley en Jamaïque, Soekarno en Indonésie…).
Quand des dirigeants du Sud refusaient de s’y plier, les puissances du Nord n’hésitaient pas à les renverser en mettant en place des dictatures (assassinat de Lumumba dans l’ex-Congo belge en 1961, d’Olympio au Togo en 1963, d’Allende au Chili en 1973) ou à intervenir militairement, par exemple au Vietnam justement [24].
La Banque mondiale venait ensuite à la rescousse des dictatures avec des financements massifs, très souvent détournés.
Les données géopolitiques constituent donc la toile de fond du processus d’endettement des pays du Sud. Au début des années 1980, les pays du Sud, surendettés, subissent de plein fouet la hausse brutale des taux d’intérêt et la dégringolade des cours des matières premières, qu’ils produisent de plus en plus pour rembourser leur dette, mais pour lesquels ils se font concurrence alors que la demande n’a pas augmenté au Nord.
En cours de jeu, les règles changent brusquement. Les conséquences seront terribles pur les peuples du Sud qui sont contraints par le FMI et la Banque mondiale de se saigner aux quatre veines pour rembourser de riches créanciers.
Rien n’a été fait pour amortir le choc et le risque qu’une crise de la dette survienne était connu très tôt des grands argentiers.
Malgré cela, ils ont poussé pour accroître l’endettement des pays du Sud et annihiler ainsi toute forme de développement.
En fait, la Banque mondiale était en concurrence avec les banques privées pour octroyer un maximum de prêts le plus vite possible.
Jusqu’à l’éclatement de la crise en 1982, la Banque mondiale tient un double langage : l’un, officiel, destiné au public et aux pays endettés dit qu’il n’y a pas de quoi s’inquiéter et que les problèmes éventuels seront de courte durée ; l’autre, alarmant, est tenu à huis clos lors des discussions internes.
Par exemple, McNamara écrit en 1973 :
« À la fin de 1972, la dette s’élevait à 75 milliards de dollars et le service annuel de la dette dépassait 7 milliards de dollars. Le service de la dette a augmenté de 18% en 1970 et de 20 % en 1971. Le taux moyen d’augmentation de la dette depuis la décennie de 1960 a représenté presque le double du taux de croissance des revenus d’exportation avec lesquels les pays endettés doivent assurer ce service de la dette. Cette situation ne peut continuer indéfiniment » [25].
Dans le même temps, il maintient la pression sur les pays du tiers-monde afin qu’ils accroissent leur endettement.
Dans un mémorandum interne de la Banque mondiale rédigé en octobre 1979, on peut lire que si les banques perçoivent que les risques augmentent, elles réduiront les prêts et « nous pourrions voir une grande quantité de pays se retrouver dans des situations extrêmement difficiles » [26].
Dans son Rapport sur le développement dans le monde 1980, la Banque mondiale présente pourtant l’avenir de manière optimiste, prévoyant que les taux d’intérêt réels vont se stabiliser au niveau très bas de 1 %, ce qui était totalement irréaliste.
Grâce à des historiens de la Banque mondiale, nous apprenons que dans la première version non publiée du rapport, figure une deuxième hypothèse basée sur un taux d’intérêt réel de 3 %.
Cette projection montrait que la situation serait à terme intenable pour les pays endettés. McNamara a demandé qu’on retire ce scénario noir de la version à publier [27] !
Dans le Rapport sur le développement dans le monde publié en 1981 quelques mois avant le départ de la présidence de McNamara, on peut lire : « Il semble très probable que les emprunteurs et les prêteurs vont s’adapter aux conditions changeantes sans précipiter une crise générale de confiance [28]. » Le 20 août 1982, après avoir remboursé des sommes considérables au cours des sept premiers mois de l’année, le Mexique annonce qu’il n’est plus en mesure de continuer les paiements.
La crise se répand comme une traînée de poudre. Les pays en développement en paient encore les conséquences aujourd’hui.
McNamara est coresponsable des crimes commis par le gouvernement des États-Unis au Vietnam, il est également largement responsable de la politique de la Banque mondiale qui a soutenu systématiquement les dictatures et mené les pays du Sud à un surendettement tragique.
L’action de McNamara pendant 20 ans avait deux objectifs qui ont été mené à bien : reprendre l’avantage à l’égard de pays qui avaient affirmé leur volonté d’indépendance et augmenter le degré d’exploitation des peuples du Sud.
Damien Millet est secrétaire général du CADTM France (Comité pour l’Annulation de la Dette du Tiers Monde). Dernier livre publié : Dette odieuse (avec Frédédric Chauvreau), CADTM/Syllepse, 2006. .
Éric Toussaint est président du CADTM Belgique (Comité pour l’Annulation de la Dette du Tiers Monde). Dernier livre publié : Banque du Sud et nouvelle crise internationale, CADTM/Syllepse, 2008
[1] Robert McNamara, Avec le recul, La tragédie du Vietnam et ses leçons, Seuil, 1996.
[2] A comparer avec la nomination en 2005 de Paul Wolfowitz, secrétaire adjoint à la Défense, stratège de la guerre contre l’Irak et l’Afghanistan, à la tête de la Banque mondiale alors que la stratégie politique et militaire de Washington était en échec.
[3] Robert McNamara, Cien países, Dos mil millones de seres, Tecnos, 1973, p. 29
[4] Robert McNamara, Cien países, Dos mil millones de seres, Tecnos, 1973, p. 139-140.
[5] Rapport 2000 de la Commission des Finances de l’Assemblée nationale sur Les activités et le contrôle du FMI et de la Banque mondiale.
[6] « L’Autre mondialisation », Arte, 7 mars 2000.
[7] Voir Eric Toussaint, La Banque mondiale, le Coup d’État permanent, CADTM-Syllepse, 2006, chapitre 6, p. 88.
[8] Détails dans Kapur, Devesh, Lewis, John P., Webb, Richard. 1997. The World Bank, Its First Half Century, Volume 1, p. 274-282
[9] World Bank, “Notes on Brazil Country Program Review, December 2, 1971” in Détails dans Kapur, Devesh, Lewis, John P., Webb, Richard. 1997. op.cit., p. 276.
[10] Kapur, Devesh, Lewis, John P., Webb, Richard. 1997. op.cit., p. 276.
[11] D. Kapur, J. Lewis, R. Webb, 1997, op. cit., p. 558.
[12] Voir Cheryl Payer, 1991, p. 82
[13] Les historiens de la Banque mondiale rendent public un compte-rendu interne d’une réunion au plus haut niveau entre McNamara et ses collègues : “Une réunion plutôt surprenante ! En effet, il n’y a plus été question des critiques des premières années relatives à la politique, à la corruption et à l’inégalité des revenus mais elle a plutôt montré un sentiment généralisé d’assentiment pour l’augmentation des prêts. Et l’équipe du département qui avait préparé un document prudent concernant les Philippines (Country Program P) était sidérée. L’ordre du jour de la réunion est de travailler à l’intérieur du système. (La politique du gouvernement philippin n’est pas nécessairement pire qu’en Thaïlande mais elle fait l’objet de plus de publicité). Nous devons avoir pour objectif de prêter en moyenne 120 millions de dollars par an pour les prochaines années de 1974 à 1978, 50% de plus que ce qui était prévu ». (World Bank, “Notes on the Philippines Country Program Review, July 28, 1972,” prepared by H. Schulmann on August 15, 1972, cité par D. Kapur, J. Lewis, R. Webb, 1997, vol. 1., p. 303) (World Bank, “Notes on the Philippines Country Program Review, July 28, 1972,” prepared by H. Schulmann on August 15, 1972, cité par D. Kapur, J. Lewis, R. Webb, 1997, vol. 1., p. 303) (…)“Un miracle s’est produit aux Philippines. Il est cependant philosophiquement gênant que ce miracle se soit produit sous les auspices d’une dictature militaire. Monsieur Cargill a dit qu’il ne pensait pas que le miracle allait continuer « mais tant que c’est le cas et seulement tant que c’est le cas, continuons à le soutenir » lança McNamara ».Memorandum, Alexis E. Lachman to John Adler, December 27, 1973, with attachment, “Philippines Country Program Review, December 19, 1973, cite par D. Kapur, J. Lewis, R. Webb, 1997, vol. 1., p. 304)
[14] En 1980, la Banque mondiale prêta 400 millions.
[15] « 1965 : Indonésie, laboratoire de la contre-insurrection », par Paul Labarique, Réseau Voltaire, 25 mai 2004.
[16] Voir Cheryl Payer, The Debt Trap : The International Monetary Fund and the Third World, Monthly Review Press, 1974.
[17] Voir Devesh Kapur, John P. Lewis, Richard Webb, op. cit.
[18] ARTE, Les mercredis de l’histoire : Massacre en Indonésie, Australie, France, Thirteen WNET New York, Arte France,YLE TV2 Documentaires, Australian Film Finance Corporation, Hilton Cordell/Vagabond films production, BFC Productions, c.2001.
[19] Kapur, Devesh, Lewis, John P., Webb, Richard. 1997. op.cit., p. 467-471
[20] Idem, p. 469.
[21] Ibid., p.470.
[22] Ibid , p. 493.
[23] Van de Laar, Aart. 1980. The World Bank and the Poor, Martinus Nijhoff Publishing, Boston/The Hague/London, p.40.
[24] Voir Damien Millet et Eric Toussaint, 60 Questions 60 Réponses sur la dette, le FMI et la Banque mondiale, CADTM-Syllepse, novembre 2008.
[25] Robert McNamara, Cien países, Dos mil millones de seres, Tecnos, 1973, p.94.
[26] D. Kapur, J. Lewis, R. Webb, 1997, op. cit., p.599.
[27] Ce scénario, bien que plus proche de ce qui se passa réellement, était pourtant encore trop optimiste.
[28] Cité par Nicholas Stern et Francisco Ferreira, « The World Bank as ‘intellectual actor’ », 1997, in Devesh Kapur, John P. Lewis, Richard Webb, The World Bank, Its First Half Century, Volume 2, 1997, p.559.
SOURCE : voltairenet.org – réseau de presse non alignée
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28.04.2009
L’ORIGINE DE LA REVOLTE KABYLE

UN DOCUMENT POUR COMPRENDRE
Durée totale 49:03
.
VIDEO 1/5 – durée 10:02
http://www.youtube.com/watch?v=E-Ht06FSK7Y&feature=sd...
VIDEO 2/5 – durée 10:05
http://www.youtube.com/watch?v=-vTlrkCf_rg&feature=sd...
VIDEO 3/5 – durée 10:00
http://www.youtube.com/watch?v=H79665yE-Y8&feature=sd...
VIDEO 4/5 – durée 09:42
http://www.youtube.com/watch?v=_uwYa1nkXPo&feature=sd...
VIDEO 5/5 – durée 09:54
http://www.youtube.com/watch?v=hW1_V1aV6Os&feature=sd...
VIVE LA KABYLIE AUTONOME !
SOUTENONS LE MAK !

19:45 Publié dans Coups de gueule | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
24.03.2009
Un parachute doré de 3,2 millions d'euros pour l'ancien PDG de Valéo
Thierry Morin, l'ancien PDG de Valéo pourrait partir avec 3,2 millions d'euros.
L'ancien PDG de l'équipementier automobile Valeo, Thierry Morin, va recevoir un parachute doré de 3,2 millions d’euros. L’entreprise a pourtant perdu 207 millions d’euros en 2008 et 1 600 emplois sont en cours de suppression.
Remercié vendredi pour "divergences stratégiques" avec son conseil d'administration, Thierry Morin devrait quitter l’entreprise avec une indemnité de départ de 3,2 millions d'euros, annonce ce mardi Libération.
Le groupe avait fixé en février l'indemnité de départ forfaitaire de M. Morin "à deux ans de rémunération fixe et variable, la rémunération à prendre en compte étant la moyenne des rémunérations fixes et variables perçues au titre des trois derniers exercices précédant son départ".
Cette indemnité pouvait être versée dans le cas d'un changement de contrôle du groupe ou dans celui d'un changement de stratégie décidé par le conseil d'administration, est-il indiqué dans le document de référence 2008 de Valeo.
Cette annonce intervient alors que l'entreprise de sous-traitance automobile a perdu :
207 millions d'euros en 2008 et qu'elle prévoit la suppression de 1 600 emplois.
Le porte-parole du gouvernement, Luc Chatel, a déjà annoncé que l'Etat, actionnaire de Valeo, votera contre le versement de cette indemnité de départ, lors de l'assemblée générale du groupe.
Pour info : l'Etat "s'opposera" au parachute doré de Thierry Morin annonce Luc Chatel.
L'Etat, actionnaire de Valeo à hauteur de 8%, votera contre le versement de l'indemnité de départ du PDG de l'équipementier automobile, Thierry Morin, lors de l'assemblée générale du groupe, a annoncé mardi le porte-parole du gouvernement, Luc Chatel.
"L"Etat a accompagné cette société et je trouve choquant que dans le contexte actuel, on mette en place ce type de rémunération", a ajouté le porte-parole du gouvernement, en demandant à M. Morin de faire "face à ses responsabilités".
L'ex-PDG de Valeo, remercié vendredi pour des divergences avec ses actionnaires, va recevoir une indemnité de départ de 3,2 millions d'euros, selon Libération.
Source : OUEST-France
19:55 Publié dans Coups de gueule | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
Les dirigeants de la Société générale renoncent à leurs stock-options
Face à la polémique qui faisait rage - face aux demandes de plus en plus pressantes du gouvernement - la banque a fini par annoncer que ses quatre dirigeants avaient renoncé complètement à recevoir leurs stock-options.
L’affaire avait fini par prendre des proportions inquiétantes. Tout le monde se retrouvait à taper à bras raccourcis sur les dirigeants de la Société générale.
Leur tort ?
Avoir annoncé, en pleine tourmente financière, que 70.000 stock-options étaient attribuées au président de la banque, Daniel Bouton, que 150.000 autres iraient au directeur général Frédéric Oudéa ; ses deux adjoints étaient aussi concernés.
Voilà qui fait mauvais genre, à un moment où, surtout, la banque a reçu 1,7 milliard d’euros de l’Etat - c’était en décembre dernier.
L’affaire est d’ailleurs montée jusqu’au sommet de l’Etat. Nicolas Sarkozy avait été très clair, vendredi : “les bonus, les stock-options, les rémunérations exceptionnelles, ce n’est pas admissible quand il y a des aides publiques.”.
Sa ministre de l’Economie lui a emboîté le pas. “Il serait grand temps que Société générale rime un peu plus avec intérêt général”.
Christine Lagarde n’a pas exclu d’en passer par la loi, pour règlementer l’attribution des stock-options.
Pourtant, les dirigeants de la Société générale avaient, dès vendredi, accepté provisoirement de ne pas “exercer” leurs stock-options. Un geste mal perçu par le gouvernement - on l’a constaté.
Source : France-info
Mon commentaire :
Les socialistes, pardon, les sociaux-démocrates n’ont pas intérêt à ramener leurs fraises. En effet, c’est bien un social-démocrate, l’actuel Président du FMI qui a mis en place les options sur titres (stock-option) en France. Mais ce n’est pas ça le plus grave ! Cette loi n’a jamais pensé à contraindre les conseils d’administration ou les directoires, via leurs dirigeants à réserver un part significative des options sur titres aux salariés qui n’ont pas une fonction de direction. Si c’était pensé de cette manière, nous n’assisterions pas à cette levée de boucliers des personnels de supervision et d’exécution.
19:50 Publié dans Coups de gueule | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
22.03.2009
Le Vatican peut-il se réformer ?
Après l’affaire Williamson et l’excommunication d’une mère brésilienne qui a fait avorter sa fille suite à un viol, le pape Benoît XVI a à nouveau provoqué la polémique, en déclarant qu’on ne "peut pas résoudre le problème du sida avec la distribution de préservatifs".
En déclarant mardi 17 mars 2009, dans l’avion qui le menait à Yaoundé, au Cameroun, que l’on ne pouvait "pas régler le problème du sida (...) avec la distribution de préservatifs" et que, "au contraire, (leur) utilisation aggravait le problème", Benoît XVI a suscité un concert d’indignations au quatre coins du monde, et particulièrement en France en ces jours de Sidaction.
Au Quai-d’Orsay, la secrétaire d’Etat française chargée des Droits de l’homme, Rama Yade, s’est dite "ahurie" par ces propos "régressifs (...) qui remettent en cause l’esprit et la pratique d’un combat de plusieurs décennies".
Le professeur d’immunologie clinique et de médecine interne Jean-François Delfraissy, directeur de l’Agence nationale de recherches sur le sida et les hépatites virales, s’est montré, pour sa part, "catastrophé par ce type de messages extrêmement contre-productif, alors même que le pape arrive sur le continent africain, le continent le plus touché par l’épidémie".
"C’est la consternation. Le pape vit-il au XXIe siècle ?", s’est demandé Alain Fogue, du Mouvement camerounais pour le plaidoyer à l’accès aux traitements (Mocpat), alors que d’autres, comme Alain Juppé, tout en se déclarant catholique et "attaché aux valeurs chrétiennes", estiment que "ce pape commence à poser un vrai problème".
Etait-ce la phrase de trop ? Après la "tempête" déchaînée par la levée de l’excommunication des quatre prélats intégristes, dont le négationniste Richard Williamson ou l’excommunication au Brésil d’une mère ayant fait avorter sa fillette de 9 ans violée par son beau-père, les dernières déclarations du Saint-Père sèment le doute, l’inquiétude et des interrogations sur la gouvernance de l’Eglise de Rome, creusant d’avantage le fossé entre le Vatican et une partie des membres de l’Eglise catholique.
Source : C’DANS L’AIR
16:38 Publié dans Coups de gueule | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
Timanit i tmurt n iqvayliyen
M-A-K - Mouvement pour l’autonomie de la Kabylie
Communiqué de la fédération du MAK France
Un mandat d’amener a été lancé par le tribunal de Tuvirett à l’encontre de mass Ferhat Mehenni en sa qualité de président du MAK, Mouvement pour l’Autonomie de la Kabylie.
Le peuple kabyle est en droit de s’interroger sur la raison pour laquelle une telle décision judiciaire a été prise contre un homme honnête, épris de justice et de liberté, un homme qui a prouvé maintes fois, par son combat pacifique, son attachement, son dévouement et son sacrifice envers son peuple, un homme dont le père et le fils ont donné leur vie pour leur patrie.
Mais est ce à dire que cette décision de justice a été rendu au nom du peuple kabyle, par le peuple kabyle ? Car dès lors, elle devient contradictoire puisqu’elle s’attaquerait à l’un de ses plus farouches défenseurs.
Nous, militants et militantes de la fédération du MAK France, apportons notre soutien indéfectible au président du MAK, mass Ferhat Mehenni figure emblématique de l’identité kabyle et de la démocratie.
Nous réaffirmons ici notre engagement à défendre la liberté d’expression et le droit légitime de la Kabylie à se doter d’un Etat régional, nous renouvelons également notre soutien aux cadres du MAK
- M. Mouloud Mebarki,
- M. Mohand Loukad,
- M. Mohand Larvi Tayev
qui ont eu subi des tentatives d’intimidations inacceptables.
Ces harcèlements d’une autre époque ne feront que renforcer notre détermination, et grossir les rangs du MAK aux quatre coins de la Kabylie.
Vive le MAK !
Vive le peuple kabyle !
Vive la Kabylie autonome !
Paris, le 21 mars 2009
Arezki BOUSSAID
11:05 Publié dans Coups de gueule | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
20.03.2009
Mandat d'amener contre Ferhat Mehenni- Pétition de soutien - Soutien de Corsica Libera - Soutien de Pat "dialecticien ou pyromane"
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Le 18 mars 2009 : (Unità Naziunale, www.unita-naziunale.org - Corse - Lutte internationale)
Algérie-News rapporte dans son édition de lundi 16 mars 2009 qu’un mandat d’amener contre moi, en tant que président du Mouvement pour l’Autonomie de la Kabylie, aurait été délivré par un juge d’instruction près le Tribunal de Tuvirett (Bouira).
La justice aurait été actionnée par les autorités locales.
Elles n’auraient pas apprécié la marche dans cette ville, attribuée aux militants du MAK, faite par des étudiants de l’université Muhend-U-lhadj At Wakli , le 20 avril 2008.
- Je me demande pourquoi, ce n’est que près d’un an plus tard que cette instance judiciaire entreprend cette action contre moi, juste à la veille des élections présidentielles qui, au demeurant, ne passionnent personne au pays des Kabyles ?
- N’y cherche-t-on pas plutôt un bouc-émissaire au prévisible et ridicule taux de participation de la mascarade des présidentielles du 9 avril prochain ?
- Ne veut-on pas y créer des troubles, un printemps-noir-bis, pouvant servir de diversion pour faciliter le bourrage des urnes ailleurs, en dehors de la Kabylie ?
- Ou bien, veut-t-on m’empêcher de rentrer et me pousser à l’exil définitif ?
Quoi qu’il en soit, je voudrais que tous mes adversaires sachent que je ne renoncerai ni à mon action pour l’autonomie de la Kabylie, ni à ma liberté de penser et de m’exprimer.
C’est sur le plan des idées et du combat politique qu’il est sain de me contrer et non par l’anathème, l’insulte, la répression, la corruption ou l’assassinat.
Vive le peuple kabyle
Vive la Kabylie
Vive l’autonomie régionale
Vive le MAK
Paris, le 16 mars 2009
Ferhat Mehenni
19:44 Publié dans Coups de gueule | Lien permanent | Commentaires (4) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
13.03.2009
LETTRE DE SA SAINTETÉ BENOÎT XVI AUX ÉVÊQUES DE L’ÉGLISE CATHOLIQUE

au sujet de la levée de l’excommunication
des quatre Évêques consacrés par Mgr Lefebvre
Chers Confrères dans le ministère épiscopal !
La levée de l’excommunication des quatre Évêques, consacrés en 1988 par Mgr Lefebvre sans mandat du Saint-Siège, a suscité, pour de multiples raisons, au sein et en dehors de l’Église catholique une discussion d’une véhémence telle qu’on n’en avait plus connue depuis très longtemps.
Cet événement, survenu à l’improviste et difficile à situer positivement dans les questions et dans les tâches de l’Église d’aujourd’hui, a laissé perplexes de nombreux Évêques.
Même si beaucoup d’Évêques et de fidèles étaient disposés, à priori, à considérer positivement la disposition du Pape à la réconciliation, néanmoins la question de l’opportunité d’un tel geste face aux vraies urgences d’une vie de foi à notre époque s’y opposait.
Inversement, certains groupes accusaient ouvertement le Pape de vouloir revenir en arrière, au temps d’avant le Concile : d’où le déchaînement d’un flot de protestations, dont l’amertume révélait des blessures remontant au-delà de l’instant présent.
C’est pourquoi je suis amené, chers Confrères, à vous fournir quelques éclaircissements, qui doivent aider à comprendre les intentions qui m’ont guidé moi-même ainsi que les organes compétents du Saint-Siège à faire ce pas. J’espère contribuer ainsi à la paix dans l’Église.
Le fait que le cas Williamson se soit superposé à la levée de l’excommunication a été pour moi un incident fâcheux imprévisible.
Le geste discret de miséricorde envers quatre Évêques, ordonnés validement mais non légitimement, est apparu tout à coup comme totalement différent : comme le démenti de la réconciliation entre chrétiens et juifs, et donc comme la révocation de ce que le Concile avait clarifié en cette matière pour le cheminement de l’Église.
Une invitation à la réconciliation avec un groupe ecclésial impliqué dans un processus de séparation se transforma ainsi en son contraire : un apparent retour en arrière par rapport à tous les pas de réconciliation entre chrétiens et juifs faits à partir du Concile – pas dont le partage et la promotion avaient été dès le début un objectif de mon travail théologique personnel.
Que cette superposition de deux processus opposés soit advenue et qu’elle ait troublé un moment la paix entre chrétiens et juifs ainsi que la paix à l’intérieur de l’Église, est une chose que je ne peux que déplorer profondément.
Il m’a été dit que suivre avec attention les informations auxquelles on peut accéder par internet aurait permis d’avoir rapidement connaissance du problème.
J’en tire la leçon qu’à l’avenir au Saint-Siège nous devrons prêter davantage attention à cette source d’informations.
J’ai été peiné du fait que même des catholiques, qui au fond auraient pu mieux savoir ce qu’il en était, aient pensé devoir m’offenser avec une hostilité prête à se manifester.
C’est justement pour cela que je remercie d’autant plus les amis juifs qui ont aidé à dissiper rapidement le malentendu et à rétablir l’atmosphère d’amitié et de confiance, qui – comme du temps du Pape Jean-Paul II – comme aussi durant toute la période de mon pontificat a existé et, grâce à Dieu, continue à exister.
Une autre erreur, qui m’attriste sincèrement, réside dans le fait que la portée et les limites de la mesure du 21 janvier 2009 n’ont pas été commentées de façon suffisamment claire au moment de sa publication.
L’excommunication touche des personnes, non des institutions. Une ordination épiscopale sans le mandat pontifical signifie le danger d’un schisme, parce qu’elle remet en question l’unité du collège épiscopal avec le Pape.
C’est pourquoi l’Église doit réagir par la punition la plus dure, l’excommunication, dans le but d’appeler les personnes punies de cette façon au repentir et au retour à l’unité.
Vingt ans après les ordinations, cet objectif n’a malheureusement pas encore été atteint.
La levée de l’excommunication vise le même but auquel sert la punition : inviter encore une fois les quatre Évêques au retour.
Ce geste était possible une fois que les intéressés avaient exprimé leur reconnaissance de principe du Pape et de son autorité de Pasteur, bien qu’avec des réserves en matière d’obéissance à son autorité doctrinale et à celle du Concile.
Je reviens par là à la distinction entre personne et institution. La levée de l’excommunication était une mesure dans le domaine de la discipline ecclésiastique : les personnes étaient libérées du poids de conscience que constitue la punition ecclésiastique la plus grave.
Il faut distinguer ce niveau disciplinaire du domaine doctrinal. Le fait que la Fraternité Saint-Pie X n’ait pas de position canonique dans l’Église, ne se base pas en fin de comptes sur des raisons disciplinaires mais doctrinales.
Tant que la Fraternité n’a pas une position canonique dans l’Église, ses ministres non plus n’exercent pas de ministères légitimes dans l’Église.
Il faut ensuite distinguer entre le niveau disciplinaire, qui concerne les personnes en tant que telles, et le niveau doctrinal où sont en question le ministère et l’institution.
Pour le préciser encore une fois : tant que les questions concernant la doctrine ne sont pas éclaircies, la Fraternité n’a aucun statut canonique dans l’Église, et ses ministres – même s’ils ont été libérés de la punition ecclésiastique – n’exercent de façon légitime aucun ministère dans l’Église.
À la lumière de cette situation, j’ai l’intention de rattacher à l’avenir la Commission pontificale “ Ecclesia Dei ” – institution compétente, depuis 1988, pour les communautés et les personnes qui, provenant de la Fraternité Saint-Pie X ou de regroupements semblables, veulent revenir à la pleine communion avec le Pape – à la Congrégation pour la Doctrine de la Foi.
Il devient clair ainsi que les problèmes qui doivent être traités à présent sont de nature essentiellement doctrinale et regardent surtout l’acceptation du Concile Vatican II et du magistère post-conciliaire des Papes.
Les organismes collégiaux avec lesquels la Congrégation étudie les questions qui se présentent (spécialement la réunion habituelle des Cardinaux le mercredi et l’Assemblée plénière annuelle ou biennale) garantissent l’engagement des Préfets des diverses Congrégations romaines et des représentants de l’Épiscopat mondial dans les décisions à prendre.
On ne peut geler l’autorité magistérielle de l’Église à l’année 1962 – ceci doit être bien clair pour la Fraternité.
Cependant, à certains de ceux qui se proclament comme de grands défenseurs du Concile, il doit aussi être rappelé que Vatican II renferme l’entière histoire doctrinale de l’Église.
Celui qui veut obéir au Concile, doit accepter la foi professée au cours des siècles et il ne peut couper les racines dont l’arbre vit.
J’espère, chers Confrères, qu’ainsi a été éclaircie la signification positive ainsi que les limites de la mesure du 21 janvier 2009.
· Cependant demeure à présent la question : cette mesure était-elle nécessaire ?
· Constituait-elle vraiment une priorité ?
· N’y a-t-il pas des choses beaucoup plus importantes ?
Il y a certainement des choses plus importantes et plus urgentes.
Je pense avoir souligné les priorités de mon Pontificat dans les discours que j’ai prononcés à son début.
Ce que j’ai dit alors demeure de façon inaltérée ma ligne directive. La première priorité pour le Successeur de Pierre a été fixée sans équivoque par le Seigneur au Cénacle : « Toi… affermis tes frères » (Lc 22,32).
Pierre lui-même a formulé de façon nouvelle cette priorité dans sa première Lettre : « Vous
devez toujours être prêts à vous expliquer devant tous ceux qui vous demandent de rendre compte de l’espérance qui est en vous » (I P 3, 15).
À notre époque où dans de vastes régions de la terre la foi risque de s’éteindre comme une flamme qui ne trouve plus à s’alimenter, la priorité qui prédomine est de rendre Dieu présent dans ce monde et d’ouvrir aux hommes l’accès à Dieu.
Non pas à un dieu quelconque, mais à ce Dieu qui a parlé sur le Sinaï ; à ce Dieu dont nous reconnaissons le visage dans l’amour poussé jusqu’au bout (cf. Jn 13, 1) – en Jésus Christ crucifié et ressuscité.
En ce moment de notre histoire, le vrai problème est que Dieu disparaît de l’horizon des hommes et que tandis que s’éteint la lumière provenant de Dieu, l’humanité manque d’orientation, et les effets destructeurs s’en manifestent toujours plus en son sein.
Conduire les hommes vers Dieu, vers le Dieu qui parle dans la Bible : c’est la priorité suprême et fondamentale de l’Église et du Successeur de Pierre aujourd’hui.
D’où découle, comme conséquence logique, que nous devons avoir à coeur l’unité des croyants. En effet, leur discorde, leur opposition interne met en doute la crédibilité de ce qu’ils disent de Dieu.
C’est pourquoi l’effort en vue du témoignage commun de foi des chrétiens – par l’oecuménisme – est inclus dans la priorité suprême.
À cela s’ajoute la nécessité que tous ceux qui croient en Dieu recherchent ensemble la paix, tentent de se rapprocher les uns des autres, pour aller ensemble, même si leurs images de Dieu sont diverses, vers la source de la Lumière – c’est là le dialogue interreligieux.
Qui annonce Dieu comme Amour “jusqu’au bout” doit donner le témoignage de l’amour : se consacrer avec amour à ceux qui souffrent, repousser la haine et l’inimitié – c’est la dimension sociale de la foi chrétienne, dont j’ai parlé dans l’encyclique Deus caritas est.
Si donc l’engagement ardu pour la foi, pour l’espérance et pour l’amour dans le monde constitue en ce moment (et, dans des formes diverses, toujours) la vraie priorité pour l’Église, alors les réconciliations petites et grandes en font aussi partie.
Que l’humble geste d’une main tendue soit à l’origine d’un grand tapage, devenant ainsi le contraire d’une réconciliation, est un fait dont nous devons prendre acte. Mais maintenant je demande :
· Était-il et est-il vraiment erroné d’aller dans ce cas aussi à la rencontre du frère qui “a quelque chose contre toi” (cf. Mt 5, 23 s.) et de chercher la réconciliation ?
· La société civile aussi ne doit-elle pas tenter de prévenir les radicalisations et de réintégrer – autant que possible – leurs éventuels adhérents dans les grandes forces qui façonnent la vie sociale, pour en éviter la ségrégation avec toutes ses conséquences ?
· Le fait de s’engager à réduire les durcissements et les rétrécissements, pour donner ainsi une place à ce qu’il y a de positif et de récupérable pour l’ensemble, peut-il être totalement erroné ?
Moi-même j’ai vu, dans les années qui ont suivi 1988, que, grâce au retour de communautés auparavant séparées de Rome, leur climat interne a changé ; que le retour dans la grande et vaste Église commune a fait dépasser des positions unilatérales et a atténué des durcissements de sorte qu’ensuite en ont émergé des forces positives pour l’ensemble.
Une communauté dans laquelle se trouvent
· 491 prêtres,
· 215séminaristes,
· 6 séminaires,
· 88 écoles,
· 2 instituts universitaires,
· 117 frères,
· 164 soeurs et des milliers de fidèles peut-elle nous laisser totalement indifférents ?
Devons-nous impassiblement les laisser aller à la dérive loin de l’Église ?
Je pense par exemple aux 491 prêtres.
Nous ne pouvons pas connaître l’enchevêtrement de leurs motivations.
Je pense toutefois qu’ils ne se seraient pas décidés pour le sacerdoce si, à côté de différents éléments déformés et malades, il n’y avait pas eu l’amour pour le Christ et la volonté de L’annoncer et avec lui le Dieu vivant.
Pouvons-nous simplement les exclure, comme représentants d’un groupe marginal radical, de la recherche de la réconciliation et de l’unité ?
Qu’en sera-t-il ensuite ?
Certainement, depuis longtemps, et puis à nouveau en cette occasion concrète, nous avons entendu de la part de représentants de cette communauté beaucoup de choses discordantes – suffisance et présomption, fixation sur des unilatéralismes etc.
Par amour de la vérité je dois ajouter que j’ai reçu aussi une série de témoignages émouvants de gratitude, dans lesquels était perceptible une ouverture des coeurs.
· Mais la grande Église ne devrait-elle pas se permettre d’être aussi généreuse, consciente de la grande envergure qu’elle possède ; consciente de la promesse qui lui a été faite ?
· Ne devrions nous pas, comme de bons éducateurs, être aussi capables de ne pas prêter attention à différentes choses qui ne sont pas bonnes et nous préoccuper de sortir des étroitesses ?
· Et ne devrions-nous pas admettre que dans le milieu ecclésial aussi sont ressorties quelques discordances ?
Parfois on a l’impression que notre société a besoin d’un groupe au moins, auquel ne réserver aucune tolérance ; contre lequel pouvoir tranquillement se lancer avec haine.
Et si quelqu’un ose s’en rapprocher – dans le cas présent le Pape – il perd lui aussi le droit à la tolérance et peut lui aussi être traité avec haine sans crainte ni réserve.
Chers Confrères, durant les jours où il m’est venu à l’esprit d’écrire cette lettre, par hasard, au Séminaire romain, j’ai dû interpréter et commenter le passage de Ga 5, 13-15.
J’ai noté avec surprise la rapidité avec laquelle ces phrases nous parlent du moment présent : “Que cette liberté ne soit pas un prétexte pour satisfaire votre égoïsme ; au contraire mettez-vous, par amour, au service les uns des autres.
Car toute la Loi atteint sa perfection dans un seul commandement, et le voici : Tu aimeras ton prochain comme toi-même.
Si vous vous mordez et vous dévorez les uns les autres, prenez garde : vous allez vous détruire les uns les autres !” J’ai toujours été porté à considérer cette phrase comme une des exagérations rhétoriques qui parfois se trouvent chez saint Paul.
Sous certains aspects, il peut en être ainsi. Mais malheureusement ce “mordre et dévorer” existe aussi aujourd’hui dans l’Église comme expression d’une liberté mal interprétée.
· Est-ce une surprise que nous aussi nous ne soyons pas meilleurs que les Galates ? Que tout au moins nous soyons menacés par les mêmes tentations ?
· Que nous devions toujours apprendre de nouveau le juste usage de la liberté ?
· Et que toujours de nouveau nous devions apprendre la priorité suprême : l’amour ?
Le jour où j’en ai parlé au grand Séminaire, à Rome, on célébrait la fête de la Vierge de la Confiance. De fait : Marie nous enseigne la confiance. Elle nous conduit à son Fils, auquel nous pouvons tous nous fier. Il nous guidera – même en des temps agités.
Je voudrais ainsi remercier de tout coeur tous ces nombreux Évêques, qui en cette période m’ont donné des signes émouvants de confiance et d’affection et surtout m’ont assuré de leur prière.
Ce remerciement vaut aussi pour tous les fidèles qui ces jours-ci m’ont donné un témoignage de leur fidélité immuable envers le Successeur de saint Pierre.
Que le Seigneur nous protège tous et nous conduise sur le chemin de la paix !
C’est un souhait qui jaillit spontanément du coeur en ce début du Carême, qui est un temps liturgique particulièrement favorable à la purification intérieure et qui nous invite tous à regarder avec une espérance renouvelée vers l’objectif lumineux de Pâques.
Avec une particulière Bénédiction Apostolique, je me redis Vôtre dans le Seigneur
[Benedictus PP. XVI]
Du Vatican, le 10 mars 2009.
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