10.07.2009

Les moines, la guerre d’Algérie et le secret-défense

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Par Hassane Zerrouky – Le Soir d’Algérie

  

Le secretdéfense sera levé sur tous les documents que demandera la justice concernant la mort de sept moines français, a promis le président français Nicolas Sarkozy.

 

«Naturellement, je lèverai le secret-défense sur tous les documents que me demandera la justice», a-t-il dit lors d'une conférence de presse à l'Elysée avec le président brésilien Lula da Silva.


Ajoutant :

 

 «La justice doit avoir tous les documents. On ne peut pas dire que l'amitié entre les peuples et les pays peut résister au mensonge. Je suis vraiment déterminé à ce que la lumière soit faite.»

 

Le juge d'instruction Marc Trévidic, chargé du dossier des moines, va donc demander qu’on lui remette les rapports que François Buchwalter dit avoir remis au ministère de la Défense et à l'état-major en 1996.

 

Reste à savoir si tous les documents concernant cette affaire seront rendus publics, notamment pour ce qui concerne les rapports noués entre les services français et les ravisseurs des moines — car il y a eu effectivement des négociations ainsi que l’avaient rapporté alors des médias français — ou le fait que la DGSE et la DST s’étaient livrées — chacun de son côté — à une concurrence dont on aimerait savoir à quels motifs réels elle obéissait.

 

Pour être clair, je n’invente rien: il faut seulement consulter ce qu’ont rapporté, documents à l’appui, plusieurs quotidiens français à l‘époque.

 

Une chose est sûre, bien que de nombreuses zones d’ombre planent sur cette affaire, il faut savoir que la levée du secret-défense relèvera en définitive du ministère de la Défense français, après avis d'une commission.

 

Autrement dit, tout porte à croire que tous les documents concernant ce drame ne seront pas déclassifiés !

 

Retenons une chose: cette célérité française de lever le secret-défense sur le cas des moines de Tibhirine tranche singulièrement avec toutes les restrictions mises pour l’accès aux archives classées «secret-défense» et «très secret», concernant la guerre d’Algérie et plus généralement la période coloniale.

 

Et bien qu’il constitue une avancée, le projet de loi adopté en 2008 sur l’accès aux archives de la période coloniale n’avait pas satisfait les historiens français qui, dans une pétition adressée aux pouvoirs publics français, ont dénoncé le fait que ce projet de loi contenait «des dispositions qui portent gravement atteinte à la liberté d’écriture et à la recherche historique».

 

En d’autres termes, les documents sensibles pouvant permettre de faire la lumière sur la responsabilité de l’Etat français sur la guerre d’Algérie et de ceux qui l’avaient servi à l’«époque — certains sont encore vivants — resteront dans les 5 000 cartons du ministère français de la Défense. Aux Etats-Unis, il en va autrement.

 

Ce pays a déclassifié des documents écrits et filmés sur la guerre du Vietnam. Tout récemment, Washington a rendu publics les interrogatoires de Saddam Hussein menés par le FBI révélant que le véritable ennemi de Saddam n’était pas les Etats-Unis, mais son voisin l’Iran.

 

Et que c’était pour faire peur à l’Iran que le dirigeant irakien avait monté de toutes pièces son histoire d’armes de destruction massive.

 

Ces documents montrent surtout que George Bush avait menti et, qu'en plus, l'accusation mensongère selon laquelle Saddam soutenait Al-Qaïda n’avait pour seul et unique but que de renverser un régime nuisant aux intérêts des Etats-Unis.

 

On ne peut pas en dire autant de la France de Sarkozy qui, 47 ans après la fin de la guerre d’Algérie, continue d’opposer la raison d’Etat à l’établissement de la vérité historique.

 

Aussi, si dans un souci de clarté, de transparence et de crédibilité, il faut lever le secret-défense sur les moines, pourquoi, dès lors, ne pas le faire sans restriction concernant la période coloniale afin que le mensonge sur cette époque ne puisse nuire à l’amitié des peuples et à leur réconciliation.

H. Z.

 

Commentaires :

 

Je partage cette analyse et rappelle à mon tour mon attachement à l’ouverture immédiate des archives sur le passé colonial de la France en Algérie, dans les DOM/TOM, ou tous autres territoires sur lesquels la France avait exercé un colonialisme patent.

 

Celles et ceux qui doivent payer le prix de leurs actes, doivent être repérés, interrogés, voire même poursuivis devant une juridiction. Quelque soit l’âge des prévenus.  Pour le cas de l’Algérie, les investigations devront être réalisées aussi bien à l’encontre des français qu’à l’encontre des complices de l’époque, algériens ou pas… !

 

Pat « dialecticien ou pyromane »

 

03.05.2009

11 mars 1963 - Dernière exécution politique en France

718654440_2.jpgA l'aube du 11 mars 1963, Jean Bastien-Thiry est passé par les armes au fort d'Ivry. Cette exécution politique est la dernière qu'ait connue la France à ce jour.

 

La victime est un polytechnicien de 35 ans originaire de Lunéville, marié et père de trois fillettes.

 

Scientifique brillant et de stature internationale, il oeuvre à la Cité de l'Air, à Paris, avec le grade de lieutenant-colonel, quand sa conscience est bouleversée par le drame algérien.

 

Sentiment d'abandon

 

Le général Charles de Gaulle était revenu au pouvoir grâce au soulèvement de l'armée et des Français d'Algérie, le 13 mai 1958.

 

Ces derniers craignaient à juste titre que le gouvernement de la IVe République ne négocie un retrait des trois départements algériens.

 

Ils placèrent leurs espoirs dans le Général qui leur promit sans ambages de maintenir l'intégrité du territoire.

 

Mais une fois au pouvoir, Charles de Gaulle prit conscience de l'impossibilité de maintenir le statu quo en Algérie. Il se refusa d'autre part à octroyer aux musulmans d'Algérie tous les droits des citoyens français comme l'eussent souhaité l'ancien gouverneur Jacques Soustelle... ou des militaires comme Jean Bastien-Thiry.

 

Restait l'alternative de l'indépendance. Il fallut près de quatre longues années pour que le président de la République pût convaincre ses partisans que l'indépendance de l'Algérie était inéluctable.

 

La déconfiture fut totale. Après la signature des accords d'Évian, les Pieds-noirs refluèrent en désordre vers la métropole et les vainqueurs du FLN assassinèrent dans des tortures affreuses plusieurs dizaines de milliers de harkiset autres musulmans francophiles, abandonnés par l'armée française et le gouvernement du général de Gaulle.

 

En métropole comme en Algérie, des extrémistes français reprirent à leur compte les méthodes du FLN algérien et multiplièrent les attentats aveugles contre les innocents sous l'emblème de l'OAS (Organisation de l'Armée Secrète).

 

Comme beaucoup de militaires de sa génération, Jean Bastien-Thiry ne comprit pas les revirements du général de Gaulle.

 

Il les interpréta comme autant de trahisons à l'égard de la Nation, des Français d'Algérie et des musulmans fidèles à la France.

 

Refusant l'inéluctable, il se convainquit que le Général était un obstacle à la restauration de la grandeur de son pays.

 

C'est ainsi que sous l'égide d'un mouvement clandestin, le Conseil National de la Résistance (CNR) de Georges Bidault, il organisa un attentat contre le cortège du Président.

 

L'attentat

 

Le 22 août 1962, le général de Gaulle, avec son épouse, se rend de l'Élysée à sa résidence de Colombey-les-deux-Églises.

 

De l'Élysée même, un informateur jamais identifié prévient Bastien-Thiry du choix de l'itinéraire fixé au dernier moment par les services de sécurité parmi les trois possibles.

 

Au Petit-Clamart, dans la banlieue sud de Paris, la DS présidentielle est mitraillée par les six tireurs du commando de Bastien-Thiry.

 

Les tireurs visent principalement les pneus afin d'arrêter la voiture. Mais les pneus résistent aux balles et le grand talent du chauffeur fait le reste.

 

L'un des tireurs, Georges Watin, dit «la boîteuse», lâche une rafale à la hauteur des têtes des passagers du véhicule.

 

Les impacts de son fusil-mitrailleur - 8 au total - permettront au procureur général Gerthoffer de requérir pour tentative d'assassinat.

 

Buisines et Bougrenet de La Tocnaye, constatant que la DS poursuit sa route, tentent de la rejoindre en fourgon.

 

Le fourgon heurte le pare-chocs de la DS. Bougrenet ouvre la portière latérale et tend d'une main le fusil-mitrailleur à l'extérieur. Incident de tir ! La rafale ne part pas.

 

Les tireurs sont bientôt arrêtés. Jean Bastien-Thiry est arrêté à son retour d'une mission scientifique en Grande-Bretagne.

 

Un tribunal d'exception, la Cour militaire de Justice, juge les prévenus.

Le procureur requiert la mort contre Bastien-Thiry, Bougrenet de La Tocnaye et Buisines.

 

Prévost demande la parole et prie le jury de prendre la place de Buisines, affirmant sa responsabilité supérieure.

 

Le tribunal militaire tient compte de cette précision en condamnant à la peine capitale Prévost au lieu de Buisines.

 

Prévost avait été en 1954 dans le dernier avion qui avait parachuté des soldats au-dessus de la cuvette de Dien Bien Phu.

 

Prévost et les autres hommes de ce vol s'étaient portés volontaires pour rejoindre leurs camarades bien qu'ils fussent convaincus qu'ils ne sortiraient jamais vivants de cet enfer !

 

Le recours en cassation n'est pas permis aux condamnés. Leur vie repose entre les mains du chef de l'État.

 

L'opinion publique est convaincue qu'il usera de son droit de grâce pour un attentat qui n'a pas entraîné mort d'homme.

 

Le général de Gaulle grâcie effectivement les tireurs mais non leur chef. Jean Bastien-Thiry est fusillé huit jours à peine après le jugement.

 

Prévost poursuivra une vie d'errance à travers le monde, inguérissable de n'avoir pas accompagné son chef dans la mort.

 

Watin mourra de maladie quelques années plus tard en Amérique latine. Bertin, le plus jeune, fera une très belle carrière dans la banque.

 

Des trois tireurs hongrois, ne survit plus que Lajos Marton, qui fut en 1956 un jeune officier aux côtés de Pal Maleter, le chef de l'insurrection anti-communiste.

 

Buisines a été renversé par un véhicule en plein Paris.

 

Charles de Gaulle exploita l'émotion causée par l'attentat du Petit-Clamart pour proposer l'élection du président de la République au suffrage universel, par l'ensemble du peuple français, et non plus par une assemblée de notables.

 

Le projet se heurta à une très forte opposition du Sénat et de la gauche qui craignaient la naissance d'un régime bonapartiste autoritaire.

 

Il fut néanmoins approuvé par référendum le 28 octobre 1962 avec 62,25% de Oui. –

 

Commentaires

 

Dans un éditorial alambiqué, le directeur du quotidien Le Monde, Hubert Beuve-Méry, lance une pique contre le général de Gaulle :

 

«Le problème est moins aujourd'hui d'appliquer sans défaillance une justice à quelques égards toujours contestable que d'en finir avec des germes de guerre civile, séquelles d'une décolonisation trop coûteuse, parfois trop maladroite et trop hypocrite» (Le Monde, 6 mars 1963).

 

La plupart des journalistes, à gauche et bien sûr à droite, s'indignent sans détour de cette exécution d'un autre âge :


«En fait, l'inhumanité du Souverain finit par accabler jusqu'à ses partisans» (Jean Daniel, L'Express, 14 mars 1963).

 

 «On peut difficilement ne pas considérer l'exécution de Bastien-Thiry comme une action néfaste»(Philippe Tesson, Combat, 12 mars 1963).

 

Source : herodote.net

17.03.2009

21 mars 625 - Mahomet livre bataille aux Mecquois à Ohod

MahometMedine.jpgLe 21 mars 625, dans le désert arabe, le prophète Mahomet et sa petite armée de fidèles sont attaqués par plusieurs milliers d'hommes (de 3.000 à 10.000) venus de La Mecque.

 

 La bataille se déroule autour du mont Ohod, à cinq kilomètres au nord de l'oasis de Médine où s'abrite la première communauté musulmane.

 

Les Mecquois sont commandés par Abu Sufyan (Abou Soufyân ibn Harb).

 

Celui-ci dirigeait la caravane qui avait été attaquée quelques mois plus tôt par les musulmans au puits de Badr et il avait juré aux Koraishites de La Mecque de venger cet affront.

 

Au mont Ohod, sa cavalerie met à mal les musulmans et le Prophète est lui-même blessé dans les combats.

 

Croyant Mahomet mort, Abu Sufyan se retire sans tenter de prendre d'assaut l'oasis de Médine. Il rentre triomphalement à La Mecque.

Mahomet, de son côté, profite du répit pour affermir son autorité sur Médine.

 

Selon l'islamologue Maxime Rodinson, le jour de la bataille du mont Ohod marque la naissance du premier État musulman du monde.

 

Victoire sur les Mecquois

 

Peu après, en mai 627 survient la «bataille du fossé».

 

Une armée de Mecquois d'environ 10.000 hommes et 600 chevaux, toujours commandée par Abu Sufyan, marche sur Médine.

 

Un esclave persan, Salman le Persi, conseille à Mahomet de ceinturer l'oasis d'un fossé défensif.

 

Inaccoutumé en Arabie, ce stratagème oblige les ennemis à renoncer après vingt jours de siège infructueux. C'est une nouvelle victoire pour les musulmans.

 

Les Koraishites de La Mecque comprennent qu'il ne leur reste plus qu'à se soumettre.

 

C'est chose faite par le traité d'Hodaïbiya, en 629.

 

Le triomphe de Mahomet

  

Le 11 janvier 630, Mahomet entre à la Mecque à la tête d'une armée de 10.000 hommes et sans effusion de sang. Il se rend à la Kaaba, le sanctuaire de tous les Arabes, frappe les idoles aux yeux (!) et ordonne de les détruire avant de s'en retourner à Médine.

 

Et le 10 mars 632, peu avant de mourir, le Prophète accomplit un pèlerinage de trois jours à la Kaaba, débarrassée de ses idoles.

 

Monté sur sa chamelle, il accomplit les sept circuits rituels, en touchant la Kaaba de son bâton.

 

Puis il recommande à l'ensemble de ses fidèles d'accomplir au moins une fois dans leur vie semblable pélerinage.

 

Source : herodote.net

 

Avertissement :

 

Afin que nul ne vienne me dire dans un forum comment je dois nommer le prophète de l’islam (paix et bénédiction soient sur lui), après lecture de ce texte que n’est pas le mien, je veux sciemment conservé le nom de : MAHOMET, et non pas : MOHAMED (paix et bénédiction soient sur lui), pour une raison essentielle.

 

Nous constatons souvent dans nos forums, que CERTAINS de nos amis arabophones, quand ils s’expriment en français, citent le nom du prophète de l’islam (paix et bénédiction soient sur lui), en disant : MOHAMED, au lieu de MAHOMET(paix et bénédiction soient sur lui), puis prononce 3alyhi assalate wa  salam, au lieu de prononcer : paix et bénédiction soient sur lui.

 

La raison essentielle provient de leur volonté d’expression qui entre dans le périmètre de leur univers culturel. Ce qui ne me semble pas anormal à priori.

 

Mais alors, pourquoi : 2 poids , 2 mesures ?

 

Puisqu’ils admettent pour eux, .........ce qu’il ne savent pas admettre pour les non-arabophones ?

 

En effet.

 

Pourquoi, certains arabophones, ont le malin plaisir à me rectifier, en me disant : tu te dis musulman, mais tu nommes le prophète de l’islam (paix et bénédiction soient sur lui), dans une phonétique qui n’est pas celle de l’arabe en disant MAHOMET au lieu de dire MOHAMED (paix et bénédiction soient sur lui).

 

Je répondais en précisant que ma locution est réalisée dans la langue française, et que par voie de conséquence, je ne voyais pas pourquoi, je devrais arabiser ma locution.

 

Etant las, maintenant, de me situer systématiquement dans l’explication, je veux dire une dernière fois, que je n’ai nullement l’intention de changer ma façon de m’exprimer, tant que ces mêmes arabophones, nommeront, par ailleurs, JESUS par AISSA (paix et bénédiction soient sur lui), quand ils s’expriment en français !

 

Suis-je clair ?

 

Oui ! alors affaire classée !

 

Pour finir, avec un petit clin d’œil : Wa salam alaykoum !!

15.03.2009

Et la France créa l’Algérie !

Lettre du Général Schneider, Ministre, Secrétaire d’Etat de la Guerre, en date du 14 octobre 1839

 

au

 

Maréchal Valée,

gouverneur général,

 

créant l’appellation d’Algérie.

Archives Service Historique de l’Armée.

 

Monsieur le Maréchal,

 

jusqu’à ce jour, le territoire que nous occupons dans le Nord de l’Afrique a été désigné, dans la communication officielle, soit sous le nom de Possession française dans le Nord de l’Afrique, soit sous celui d’Ancienne Régence d’Alger, soit enfin sous celui d’Algérie.

 

Cette dernière dénomination plus courte, plus simple et en même temps plus précise que toutes les autres, m’a semblé devoir dorénavant prévaloir.

 

 Elle se trouve d’ailleurs déjà consacrée par une application constante dans les documents distribués aux chambres législatives et dans plusieurs discours du trône.

 

 Je vous invite en conséquence à prescrire les mesures nécessaires pour que les diverses autorités, et généralement tous les agents qui, à un titre quelconque se rattachant aux services civils ou militaires de notre colonie, aussi dans leur correspondance officielle, et dans leurs actes ou certificats quelconques qu’ils peuvent être amenés à délivrer, à substituer le mot algérie aux dénominations précédemment en usage.

 

Recevez, Monsieur le Maréchal, l’assurance de ma très haute considération.

 

Source : http://mak.makabylie.info/?lang=fr

 

 

Mon commentaire :

 

La France au XIXème siècle aurait été mieux inspirée, en redonnant au pays de Massinissa, 1er roi  berbère et fondateur de la Numidie en 201 avant J.C, son nom originel, justement : NUMIDIE et non pas ALGERIE.

 

En redonnant au pays de Massinissa le nom de NUMIDIE, la France aurait alors honoré la mémoire de cet homme d’Etat, plutôt que de s’adonner à une appellation qui vient du nom de la ville d’Alger, lequel est une déformation française du catalan Alguère lui-même tiré de Al Djezaïr du nom donné par Bologhine ibn Ziri fondateur de la dynastie Zirides, lorsqu'il bâtit la ville en 960.

 

13.03.2009

Adam Smith (1723 - 1790) - La Richesse des Nations

 

Le 9 mars 1776 est publié à Glasgow, en Écosse, un ouvrage d'apparence aride, Recherches sur la Nature et les Causes de la Richesse des Nations (en abrégé La Richesse des Nations).

 

Son auteur est lui-même un vieux garçon de 53 ans aux moeurs austères, ancien professeur de philosophie morale de l'Université de Glasgow, déjà connu comme l'auteur d'une aussi volumineuseThéorie des sentiments moraux (1759).

 

Malgré ces prémices peu engageants (ou à cause d'eux !), la postérité va ériger Adam Smith en fondateur de la science économique moderne.

 

Quant à La Richesse des Nations, elle va devenir le miroir dans lequel aimeront à se reconnaître les entrepreneurs de l'ère industrielle, la nôtre.

 

André Larané.

 

Un professeur très ordinaire

 

Adam Smith est né en 1723 à Kircaldy, en Écosse. Orphelin de père, il est enlevé par une bohémienne à l'âge de trois ans... et heureusement retrouvé dans un bois voisin !

 

Il publie un recueil de poèmes à 25 ans et décroche un peu plus tard la chaire de réthorique à l'Université de Glasgow, avant de glisser vers celle de philosophie morale.

 

Dans la Théorie des sentiments moraux, il s'interroge sur la façon dont les êtres humains forgent leur jugement sur ce qui est bien ou mal.

 

L'ouvrage recueille un succès immédiat en Europe. Il est aujourd'hui occulté par La Richesse des Nations mais n'en demeure pas moins essentiel à la compréhension de la pensée de Smith.

 

En 1763, Adam Smith quitte l'Université et entreprend son premier et unique voyage en Europe, comme tuteur d'un jeune noble.

 

Cela lui donne l'occasion de rencontrer les sommités du «Siècle des Lumières», malgré ses manières rustaudes et sa médiocre connaissance du français, la langue des salons du XVIIIe siècle. Il voit ainsi Turgot à Paris et même Voltaire, près de Genève.

 

Se mourant d'ennui, Adam Smith entame l'écriture de son deuxième ouvrage lors de son passage à Toulouse.

 

De retour chez lui, après la publication de La Richesse des Nations, il devient commissaire des douanes... Partisan du libre-échange et de l'économie de marché, il applique les lois protectionnistes votées par le Parlement britannique !

 

Annonciateur de l'ère capitaliste et du règne du profit, il lègue à sa mort, le 17 juillet 1790, tous ses biens à des entreprises caritatives !

 

Émergence du capitalisme

 

Quand l'économie occidentale entame sa croissance, après l'An Mil, le pouvoir politique éclate entre d'innombrables acteurs (seigneuries et principautés, communautés villageoises, républiques urbaines,...).

 

La violence des rapports est toutefois tempérée par la force du droit et de la coutume. C'est une nouveauté majeure par rapport aux temps antérieurs et aux autres sociétés où prime l'arbitraire.

 

Il en va de même du pouvoir économique qui se partage entre paysans, bourgeois, propriétaires (seigneurs, clercs, monastères,...), artisans et compagnons,...

 

Chacun est tenu de respecter la coutume et l'autorité des syndics, corporations et autres jurandes.

 

Les paysans voués au servage ont plus à souffrir que quiconque de l'arbitraire seigneurial mais celui-ci s'atténue avec le temps et le servage disparaît pratiquement d'Europe occidentale dès le XIIIe siècle.

 

À la même époque, dans les villes, des marchands commencent à deviner l'intérêt de regrouper leur épargne pour investir dans des activités prometteuses.

 

C'est le cas des meuniers toulousains qui créent la Société du Bazacle. Avec ces premières sociétés par actions naît le capitalisme moderne.

 

Mercantilisme et «lois naturelles»

 

Ce protocapitalisme est contrarié au XVIIe siècle par le «système mercantile» qui coïncide avec la montée en puissance de grands États relativement centralisés : France, Espagne, Angleterre.

 

Leurs représentants, tel Jean-Baptiste Colbert (1619-1683), ministre de Louis XIV, sont convaincus que la puissance d'un gouvernement dépend de la quantité de numéraire (métaux précieux) en circulation à l'intérieur du pays.

 

Leur premier objectif est donc de limiter au maximum les sorties de métaux précieux et leur deuxième objectif d'encourager les rentrées.

 

Toute la politique de Colbert s'inscrit dans ce diptyque. «Il est certain que pour augmenter les cent cinquante millions qui roulent dans le public, de vingt, trente, soixante millions, il faut bien qu'on les prenne aux États voisins», écrit-il.

 

C'est ainsi que le gouvernement français instaure des droits de douane élevés sur les importations et favorise les exportations par une politique de bas salaires.

 

Pour éviter les importations de produits de luxe, les plus coûteux en précieuses devises, l'État lui-même participe à la création de manufactures royales. C'est l'origine des industries de luxe qui sont toujours l'un des atouts de la France.

 

Enfin, de façon plus douteuse, les grands États européens, toujours soucieux d'économiser leurs devises, orientent leurs colonies d'outre-mer vers l'économie de plantation afin de pourvoir les classes supérieures en produits de luxe (sucre, tabac, cacao, café...).

 

Dans ce but sont créées les compagnies à charte. L'économie de plantation et son corollaire, la traite et l'esclavage, sont donc, ainsi que le rappelle l'historien Olivier Pétré-Grenouilleau, le résultat d'un choix politique, le «système mercantile».

 

Ce «système mercantile», fondé sur l'intervention directe de l'État dans les circuits économiques, qui privilégie les protections douanières et les productions industrielles réputées stratégiques, au détriment des cultures vivrières, se rapproche assez de l'«économie socialiste» mise en oeuvre par les dirigeants soviétiques dans les années 1920.

 

Il s'oppose de toutes les manières possibles au libéralisme qui va s'épanouir au Siècle des Lumières en Angleterre et aux Pays-Bas, et dont Adam Smith se fera le théoricien (le libéralisme moral d'Adam Smith, soulignons-le, est aussi éloigné du néo-libéralisme contemporain que le socialisme scandinave du marxisme-léninisme soviétique).

 

Le mercantilisme est pour la première fois contesté par un magistrat français, féru d'économie, Pierre Le Pesant de Boisguilbert, précurseur méconnu du libéralisme et d'Adam Smith.

 

La révolution d'Adam Smith

 

Adam Smith a assisté au décollage économique de la Grande Bretagne, avec l'apparition de la machine à vapeur de James Watt (1769).

 

La division du travail

 

Le premier, il a compris l'importance de la division du travail, fondement de l'industrie moderne : «Les plus grandes améliorations dans la puissance productive du travail, et la plus grande partie de l'habileté, de l'adresse, et de l'intelligence avec laquelle il est dirigé ou appliqué, sont dues, à ce qu'il semble, à la Division du travail» (Livre Premier, chapitre premier, La Richesse des Nations).

 

Lui-même illustre ce phénomène par l'exemple d'une manufacture d'épingles : un homme seul, si habile soit-il, est incapable de fabriquer une épingle ; mais si toutes les étapes élémentaires de la fabrication sont confiées à autant d'hommes, ceux-ci peuvent ensemble, sans talent particulier, en produire un grand nombre à un coût tout à fait raisonnable...

 

Encore faut-il pouvoir vendre toutes ces épingles ! Cela implique une zone de chalandise aussi étendue que possible, donc la réduction des droits de douane et le libre-échange.

État de droit et intérêt général

 

L'économiste eu le privilège de naître à l'aube de la démocratie politique, au sein du premier peuple qui sut respecter les droits des individus (l'Habeas Corpus date de 1689) et pratiqua la liberté d'expression.

 

 La Grande-Bretagne a ainsi pu se développer parce que ses lois imposaient le respect des contrats entre individus et ne permettaient pas que des décisions arbitraires de la puissance publique ou de tout autre puissance viennent entraver les initiatives des particuliers.

 

Ces lois orientaient l'intérêt particulier de chacun dans le sens de l'intérêt général... Baignant dans cet environnement plus ou moins démocratique, Adam Smith en a tiré son plus fameux concept, celui de la «main invisible».

 

Au départ, il y a l'idée morale (ou plutôt amorale) que chacun, sous toutes les latitudes et dans toutes les couches de la société, est guidé par son intérêt personnel : «Ce n'est pas de la bienveillance du boucher, du marchand de bière ou du boulanger, que nous attendons notre dîner, mais bien du soin qu'ils apportent à leur intérêt. Nous ne nous adressons pas à leur humanité, mais à leur égoïsme ; et ce n'est jamais de nos besoins que nous leur parlons, c'est toujours de leur avantage» (Livre Premier, chapitre 2, La Richesse des Nations).

La «main invisible»

 

Un bon gouvernement, sous-entend Adam Smith, se doit donc d'édicter des règles et des lois telles que l'ensemble des intérêts personnels soient conformes à l'intérêt général (disparition de la misère, réduction des inégalités sociales, réduction des pathologies sociales telles que l'insécurité, amélioration du bien-être et élévation de l'espérance de vie).

 

Dans une société libérale au sens d'Adam Smith, un entrepreneur sert la collectivité sans en avoir conscience, tout en travaillant pour son profit personnel : «En préférant le succès de l'industrie nationale à celui de l'industrie étrangère, il ne pense qu'à se donner personnellement une plus grande sûreté ; et en dirigeant cette industrie de manière que son produit ait le plus de valeur possible, il ne pense qu'à son propre gain ; en cela, comme dans beaucoup d'autres cas, il est conduit par une main invisible à remplir une fin qui n'entre nullement dans ses intentions ; et ce n'est pas toujours ce qu'il y a de plus mal pour la société, que cette fin n'entre pour rien dans ses intentions. Tout en ne cherchant que son intérêt personnel, il travaille souvent d'une manière bien plus efficace pour l'intérêt de la société, que s'il avait réellement pour but d'y travailler» (Livre 3, chapitre 3, La Richesse des Nations).

 

Le marché

 

Le marché n'apparaît nulle part chez Adam Smith comme l'alpha et l'oméga des sociétés humaines. Il est ce que les institutions veulent qu'il soit.

 

C'est bien plus tard que des économistes déviants ont avancé l'idée que le «Marché» guidait tous les actes de la vie sociale et que les hommes étaient assimilables dans leurs besoins et leurs comportements à un homo aeconomicus sans âme.

 

Pour Adam Smith, le marché est ce que les hommes veulent qu'il soit. Il est vertueux dans une société vertueuse et mafieux dans une société mafieuse.

 

Chaque individu agit selon ses capacités dans le sens le plus favorable que lui indique la société.

 

Le même individu, à Palerme, cherche fortune dans le crime et, à Londres, dans la création d'une entreprise de services avec pignon sur rue.

 

Ne faudrait-il en conclure qu'à l'heure de la mondialisation, le monde a besoin de règles juridiques aussi strictes que les règles qui ont permis à l'Angleterre de se développer au XVIIIe siècle ? Peut-être.....

 

Source : hérodote.net

 

 

11 mars 1917 - Les Britanniques entrent à Bagdad

 

Le 11 mars 1917, pendant la Grande Guerre, un corps expéditionnaire britannique entre à Bagdad, capitale de la Mésopotamie (l'Irak actuel), et en chasse les Turcs qui dominaient le pays depuis huit siècles.

 

Gabriel Vital-Durand.

 

Sympathies turco-allemandes

 

L'Irak, riche d'un héritage pluri-millénaire, avait été ruiné par l'irruption des Mongols au XIIIe siècle. Villes anéanties, réseau d'irrigation ensablé.... l'ancien «Croissant fertile» de la Mésopotamie n'était plus que l'ombre de lui-même.

 

En 1533, le sultan ottoman Soliman II le Magnifique annexe le pays à son empire.

À la veille de la Première Guerre mondiale, l'Allemagne de Guillaume II s'impose comme protectrice de la Sublime Porte (l'empire turc).

 

C'est ainsi que le chemin de fer Berlin-Istamboul est prolongé jusqu'en Mésopotamie, via Damas, et l'on envisage qu'il atteigne Bagdad. Le général allemand von Sanders prend une place éminente au sein de l'État ottoman et introduit des réformes radicales qui régénèrent la vieille armée turque.

 

Quand, le 2 novembre 1914, l'empire russe déclare la guerre à son vieil ennemi, l'empire ottoman, celui-ci se rallie fort normalement aux puissances centrales, l'Autriche-Hongrie et l'Allemagne.

 

Dans l'esprit des Alliés (Angleterre, France, Russie) s'installe l'image d'un empire turc en décomposition qu'il suffirait de cueillir et l'expression de «ventre mou»fait son apparition.

Promenade militaire.

 

Le 5 novembre, l'Angleterre déclare la guerre à l'empire ottoman. Un corps expéditionnaire qui a été rassemblé à Bombay, aux Indes, sous le commandement du général Delamain, débarque dès le lendemain à l'embouchure du Chott-al-Arab, un bras de fleuve formé par l'union du Tigre et de l'Euphrate, au fond du Golfe Persique.

 

Les Britanniques ne veulent que protéger les raffineries d'Abadan, en Perse. Ils les occupent sans difficulté puis pénètrent dans les possessions ottomanes.  

 

Comme on est à l'approche de l'hiver, la température est supportable. Toutefois, le terrain marécageux se révèle extrêmement instable et ralentit les mouvements du train et de l'artillerie.

 

La flotte d'invasion force le passage par le fleuve et, le 22 novembre 1914, le général Barrett entre à Bassorah (ou Basra), à 30 kilomètres à l'intérieur des terres, à la tête de la 6e division d'infanterie indienne sans rencontrer de résistance.

 

Les succès étant encore peu nombreux, le champagne coule à Whitehall, siège de l'amirauté britannique, où officie Winston Churchill.

 

La conquête de la Mésopotamie (on ne dit pas encore Irak) se présente sous les meilleurs auspices.

 

Enhardies par leur premier succès, une partie des troupes anglo-indiennes franchissent le Tigre et encerclent les positions turques à Qourna, au confluent du Tigre et de l'Euphrate, à environ 200 kilomètres du Golfe Persique.

 

Les Turcs se reprennent et acheminent des renforts. Ils lancent une contre-offensive le 11 avril 1915 en bombardant le poste de Qouna. Le 14 avril, une sortie désespérée de la 6e division indienne commandée par le général Townshend réussit contre toute attente à culbuter les assaillants. On parle du «miracle de Shaiba».

 

Sir John Nixon, nouveau général en chef, projette de remonter le cours du Tigre pour s'emparer de Amara, à 150 kilomètres plus au nord avec deux divisions d'infanterie et une brigade de cavalerie, soit 11.000 hommes.

 

La région est inondée et la progression très difficile. Qu'à cela ne tienne, on met la main sur des barques qui emportent quelques troupes et un peu d'artillerie. Le général Townshend se met à la tête de la flottille improvisée et poursuit les Turcs jusqu'à Amara qu'il atteint en deux jours (on évoque dans les salons la «régate de Townshend» !). Jouant de la surprise, Townshend offre une reddition honorable à la garnison turque démoralisée qui se rend le 4 juin. C'est un triomphe !

 

Entre-temps, le reste des troupes remonte le cours de l'Euphrate. La chaleur est intenable (45 à 50°C), les marécages sont infestés de moustiques porteurs du paludisme. La dysenterie et les insolations font des ravages.

 

Les lignes de ravitaillement s'allongent dangereusement et seules des canonnières légères arrivent à se frayer un chemin sous le feu turc. Malgré ces difficultés, l'élan des troupes anglo-indiennes est irrésistible et Nasiriyah tombe le 24 juillet.

 

L'étape suivante est Kout-el-Amara (ou Kût), en amont de Amara sur le Tigre, à 200 kilomètres plus au nord et 600 kilomètres de Bassorah. Une fois encore, Townshend fait merveille. Les lignes turques sont prises d'assaut de deux côtés à la fois et Kout-el-Amara tombe le 27 septembre 1915.

 

Les Turcs y laissent 5.300 hommes et leur artillerie. Le général Nixon fait maintenant figure de conquérant.

 

La pression monte pour s'emparer de Bagdad, désormais à portée de main.

 

C'est que la même année, en février 1915, un corps expéditionnaire anglo-français a débarqué sur la presqu'île de Gallipoli à l'entrée du détroit des Dardanelles, en vue de s'emparer d'Istamboul, mais il s'est heurté à la résistance farouche des Turcs commandés par un jeune inconnu, Moustafa Kémal.

 MustaphaKemal.jpg

Désireux de laver cette humiliation, Londres encourage le général Nixon à poursuivre sa route vers Bagdad, bien que la prestigieuse cité soit dépourvue d'intérêt stratégique.

 

Désastre à Kout-al-Amara

 

30.000 Turcs se sont solidement retranchés dans les ruines de Ctésiphon, une antique cité perse sur la rive gauche du Tigre.

 

 L'assaut leur est donné les 22 et 23 novembre 1915 par les 14.000 hommes de la 6e division de Townshend mais ils se heurtent à une défense déterminée.

 

L'artillerie et les munitions manquent. Les Anglo-Indiens ne réussissent pas à percer. Ils laissent 4.500 des leurs sur le champ de bataille.

 

La mort dans l'âme, le général Townshend ordonne un repli.

 

Le pacha Khalil engage aussitôt la poursuite de la colonne britannique dangereusement aventurée le long du Tigre.

 

Les pillards arabes s'en mêlent et les conditions de la retraite deviennent abominables.

 

Le 3 décembre 1915 enfin, quelques milliers de survivants hagards se réfugient à l'abri des murailles de Kout-el-Amara où Townshend et ses 12.000 hommes ont l'ordre de tenir coûte que coûte.

 

Ils sont confiants dans l'arrivée d'une armée de secours mais celle-ci est défaite à Sheik Saad le 7 janvier 1916, puis à Wadi une semaine plus tard et finalement à Hanna, au bord du Tigre, le 21 janvier.

 

L'état-major britannique doit se résigner le 26 avril suivant à inviter le général Townshend à offrir pour prix de sa reddition honorable la somme considérable de 1.000.000 de livres sterling !

 

Khalil Pacha serait prêt à accepter, mais le «Jeune Turc» Enver Pacha, qui a pris le pouvoir à Istamboul, se refuse à tout arrangement.

 

Le 29 avril, après cinq mois de siège, la garnison de Souk-el-Amara capitule sans conditions. La perte de 500 officiers et 13.000 hommes, cipayes indiens pour la plupart, constitue un désastre retentissant pour les Britanniques (en Europe, au même moment, la bataille de Verdun bat son plein) !

La garnison est déportée au cours de l'été et plus de la moitié des prisonniers vont périr dans les mois suivants dans des conditions très pénibles.

 

Revanche tardive

 

Abasourdi par cet échec, Londres se donne plusieurs mois pour relancer l'offensive à partir de Bassorah.

 

 Le général Maude est nommé à la tête du corps expéditionnaire. Conscient de la faiblesse de ses positions, il met fin aux coups de main aventureux. C'est seulement le 13 décembre 1916 qu'il repart au combat avec pas moins de 50.000 hommes, combinant son avance avec celle des Russes au sud du Caucase.

 

Après une lente progression, l'armée repousse 12.000 Turcs le 24 février 1917 et se rapproche enfin de Bagdad en suivant la rive orientale du Tigre.

 

 Le 5 mars, aux portes de la ville, elle bat une deuxième armée turque. Une partie des troupes traversent le Tigre pour attaquer la ville par l'ouest.

 

Les Turcs ne se soucient pas de les affronter et évacuent la ville. C'est ainsi que le 11 mars 1917, après plus de deux ans d'efforts, les Britanniques ont la satisfaction de défiler dans l'ancienne capitale de l'empire arabe.

 

Les troupes turques n'en conservent pas moins leur cohésion et c'est seulement après l'armistice signé le 1er novembre 1918 entre les Britanniques et les Ottomans que les Britanniques pourront occuper Mossoul, au nord de la Mésopotamie, une cité construite sur les ruines de l'ancienne Ninive, capitale du roi assyrien Sennachérib (VIIe siècle avant JC).

 

L'Irak sous tutelle

 

La Grande Guerre de 1914-1918 s'achève sur la dissolution de l'empire ottoman. L'Irak est détaché de la tutelle d'Istamboul... pour tomber sous celle de Londres.

 

Conformément à l'accord secret du 16 novembre 1916 entre le Britannique sir Mark Sykes et le Français Georges Picot (accord dit Sykes-Picot), la France s'attribue la tutelle de la Syrie et la Grande-Bretagne celle de l'Irak.

 

C'est ainsi que, le 25 avril 1920, la Grande-Bretagne se voit confier un mandat de la Société des Nations (ancêtre de l'ONU) pour administrer la Mésopotamie.

 

Le 10 août 1920, le traité de Sèvres promet protection à la minorité chrétienne assyro-chaldéenne dans le cadre d'un Kurdistan autonome.

 

Cette promesse ne sera suivie d'aucun effet car les diplomates reconnaissent pour finir que la constitution de pays sur le principe des nationalités est illusoire au Moyen-Orient.

 

Les Arabes, qui se sont soulevés contre les Turcs à l'appel du colonel Lawrence («Lawrence d'Arabie») en vue de créer un royaume arabe uni, sont indignés par la duplicité des Alliés.

 

Les Britanniques leur accordent un lot de consolation en donnant en 1925 à l'émir Fayçal ibn Hussein, shérif de la Mecque, le titre de roi d'Irak.

 

Le mandat de la SDN prendra fin avec l'indépendance formelle de l'Irak en 1932.

 

En attendant, il aura permis à Londres de mettre la main sur les champs pétrolifères du pays dont l'exploitation avait timidement débuté au début du XXe siècle.

 

Ils prennent une importance stratégique avec le jaillissement d'un phénoménal puits de pétrole près de Kirkouk le 15 octobre 1927.

 

Aussi les Allemands et les Britanniques se disputeront-ils l'Irak pendant la Seconde Guerre mondiale. Une armée britannique reviendra à Bagdad en 1941

 

Source : hérodote.net

 

05.03.2009

ŒUVRES DE TIDIANE N’DIAYE

Anthropologue et économiste, Tidiane N'Diaye a publié de nombreux travaux sur l'histoire des civilisations négro-africaines et leurs diasporas.

 

 Il est notamment l'auteur de :

 

-         Mémoire d'errance (L'Harmattan, 1998), un essai sur la longue marche des peuples noirs, de l'Égypte antique à nos jours

 

-        Les Falachas, Nègres errants du peuple juif (Gallimard)

 

Le génocide voilé. La traite négrière arabo-musulmane

 

Par Tidiane N'Diaye  - chez GALLIMARD

 

Cette étude traite en profondeur d’un drame passé à peu près inaperçu :

 

 la traite des Noirs d’Afrique par le monde arabo-musulman pendant plus de onze siècles.

 

Cette traite transaharienne, qui n’a pas totalement disparu de nos jours, a fait au moins :

 

17 millions de victimes.

 

Les razziés, capturés pour la plupart d’entre eux au Darfour et en Mauritanie, étaient contraints de traverser le désert à pied pour rejoindre le Maghreb, et l’on peut estimer que les trois-quarts d’entre eux ne survivaient pas : encore aujourd’hui, les pistes suivies par les captifs sont jalonnées par une longue ligne d’ossements humains et de débris de tissus…

 

Pourtant, cette traite négrière a été minimisée, et continue à l’être, contrairement à la traite occidentale vers l’Amérique.

 

Pourquoi ? Parce que seule la conversion à l’islam permettait d’échapper à l’esclavage, la majeure partie de l’Afrique est devenue musulmane, d’où une forme de fraternité entre le côté « blanc » et le côté « noir » du continent, et une volonté commune de « voiler » ce génocide.

 

Historique, documenté, écrit avec une grande sensibilité, Le génocide voilé est aussi un livre polémique et très courageux.

 

La personnalité de l’auteur, lui-même noir et musulman, aurait pu l’amener à maintenir le voile ; il a préféré s’en réclamer pour révéler sans détours une vérité qui va forcément déranger.

 

Voir l’interview ci-dessous de l’auteur parlant de son livre :

 

http://www.youtube.com/watch?v=jcIcd3T2BMw&feature=re...

 

 

9782070771356.gifLes Falachas, nègres errants du peuple juif , Enquête historique

 

Tidiane N'Diaye

 

Essai (broché). Paru en 08/2004  - chez GALLIMARD

 

En 1985 et 1991, Israël, après être longtemps resté indifférent au sort de cette population, décide d'accueillir des Noirs éthiopiens se réclamant du judaïsme.

 

Organisées par le Mossad et baptisées Moïse et Salomon, ces opérations se révélèrent bien moins messianiques qu'elles n'affectaient de l'être.

 

Elles furent surtout l'occasion pour l'État hébreu de restaurer son image : son incroyable alliance avec l'Afrique du Sud de l'apartheid et les éclaboussures du massacre de Sabra et Chatila avaient ébranlé l'opinion.

 

Les Nations unies venaient aussi d'assimiler le sionisme au racisme. Les Falachas, ces Juifs noirs, auraient-ils servi de simples figurants dans un scénario de vaste manipulation de l'opinion internationale ?


En 2003, le gouvernement Sharon autorisait à nouveau près de 20 000 Éthiopiens, des Falachmouras cette fois, non reconnus jusque-là comme juifs, à immigrer.

 

Israël, confronté à un enjeu démographique devenu vital, ne cherchait-il pas à opérer un gonflement de sa population, avant un possible règlement de la question palestinienne ?

 

Or, du fait de leur couleur et de leurs coutumes africaines, ces Juifs d'Éthiopie n'ont trouvé sur la Terre promise que misère, racisme et discrimination.

 

Le sort qui leur a été réservé signifierait-il que le judaïsme, particulièrement hostile au métissage, est non pas un choix ou une adhésion, mais bel et bien un destin religieux et une condition «raciale» ?


Les Falachas... est une enquête historique, la première en son genre, sur un drame de notre temps quasiment tabou et jusqu'à présent masqué ou escamoté.

 

9782268056418.gifL'éclipse des dieux , Grandeur et désespérance des peuples noirs

 

 Tidiane N'Diaye

 

Essai (broché). Paru en 03/2006

Tirage épuisé, indisponible.

 

«Ceux qui ne connaissent pas leur histoire s'exposent à ce qu'elle recommence.» Reprenant à son compte cette réflexion d'Elie Wiesel, Tidiane N'Diaye retrace l'histoire tragique de l'Afrique, de ses peuples et de ses diasporas africaine-américaine et afro-antillaise.

D'abord berceau de l'humanité, siège de civilisations grandioses, puis abandonnée des dieux, elle fut asservie, pillée de ses hommes et de ses richesses.

Histoire de la traite, de l'esclavage et de la colonisation, mais aussi de la grandeur de l'ancienne Afrique, cet essai replace l'histoire des peuples noirs dans un cadre large, complet et jamais partial. L'auteur propose sans complaisance des pistes de réflexion sur les diasporas africaines, objet d'un débat très actuel, notamment en France. Et ouvre des perspectives pour une Afrique moderne.

21.02.2009

HISTOIRE DES D.O.M. - La Guadeloupe

Histoire de la Guadeloupe

 

 

Les Amérindiens en Guadeloupe

 

Selon les données archéologiques, les premiers signes d'occupation de la Guadeloupe datent d'environ 300 avant J.-C. Ces peuplades d'Arawaks y développèrent essentiellement l'agriculture, et auraient été exterminés par des peuples plus belliqueux : les Caraïbes. Ces derniers nommèrent l'île Karukera (ou Caloucaera), mot voulant dire « l'île aux belles eaux ». Ces tribus sont celles qu'ont rencontrées les premiers européens débarqués sur l'île.

 

Arrivée des premiers Européens en Guadeloupe

 

21 jours après avoir quitté les Canaries, au cours de son deuxième voyage, Christophe Colomb aperçoit une première terre : La Désirade, qu'il baptise ainsi "Desirada", tant la vue d'une terre fut désirée par l'équipage.

 

Le dimanche 3 novembre 1493, une autre île est en vue, que Colomb nomme "Maria Galanda" (Marie-Galante), du nom du navire amiral. Après un passage d'une nuit à la Dominique, ils reprennent la mer vers une île plus grande dont ils avaient aperçu au loin les montagnes. Colomb décide alors de jeter l'ancre devant cette île afin d'accorder quelques jours de repos à ses hommes.

 

Le 4 novembre 1493, il débarque sur l'île baptisée par les Caraïbes "Karukera" (ou "Caloucaera"). Il baptisera cette île "Guadalupe" nom ainsi que celui de l'île proviennent du nom du monastère royal de Santa Maria de Guadalupe en Espagne. Lors d'un pèlerinage, Colomb aurait fait la promesse aux religieux de donner le nom de leur monastère à une île ou alors, il s'était fait cette promesse à lui-même lors des tempêtes de son retour en Europe en 1492. Il semblerait également que Colomb aient été inspiré par les Chutes du Carbet, lui rappelant les cascades présentes dans la région d'Estremadure (Espagne) où est située le monastère.

 

Les débuts de la colonisation

 

Les espagnols se sont peu préoccupés de l'île tout au long du XVI siècle. En effet, cette île est relativement inhospitalière, ne possède aucune mine d'or. Elle servira alors daiguade': point de ravitaillement en eau douce et en bois, pour les navires en route vers l'Eldorado.

 

Au début, les Caraïbes tolérèrent ces « marins de passage », et parfois même, fraternisèrent avec eux, mais petit à petit les hostilités grandirent entre les indigènes et les Espagnols.

 

Les Caraïbes, aguerris au combat, résistèrent à la présence grandissante des européens, jusqu'à ce qu'une cédule royale datant d'octobre 1503, autorise aux espagnols la capture d'Indiens habitant les îles sans or. Plusieurs expéditions et raids au cours du XVIe siècle eurent lieu dans le but de capturer des Caraïbes et de les faire travailler, de pacifier puis de coloniser ces îles.

 

En 1515, Juan Ponce de León, glorieux conquérant de Porto Rico et Antonio Serrano décident de pacifier la Guadeloupe et d'y installer définitivement des colons ibériques sur l'île, avec trois navires et trois cents hommes de guerre. Cachés en embuscade, les Caraïbes fondirent sur ceux qui débarquèrent, les tuèrent et firent des prisonniers.

Lassés, les Espagnols, qui préfèrent les terres plus riches de l'Amérique centrale, abandonnent progressivement les Petites Antilles aux expéditeurs et flibustiers anglais, français et hollandais. Ceux-ci font escale régulièrement à partir de 1550 pour faire du commerce avec les Amérindiens.

 

Les Français, menés par Jean du Plessis d'Ossonville et Charles Liènard de l'Olive débarquent le 28 juin 1635 à la Pointe Allègre à Nogent, (dans l'actuelle ville de Sainte-Rose (Guadeloupe), accompagné de 4 missionnaires dominicains et de 150 hommes (dont de nombreux bretons ou normands) engagés par contrat, pour trois ans, dans le but de faire fortune. Du Plessis et De L'Olive, mandatés par la Compagnie des îles d'Amérique, leur mission étant d'évangéliser les peuples indigènes. En échange, ils auraient le droit de gouverner ensemble l'île. Après des premiers mois très difficiles (maladies, manque de nourriture, etc.) pendant lesquels nombre d'entre eux ne survécurent pas, les survivants s'installèrent dans le Sud de l'île du côté de l'actuel Vieux-Fort. Ils y reçurent l'aide des Caraïbes mais malgré tout, De l'Olive, contre l'avis de Du Plessis, décide de déclarer la guerre aux Caraïbes pour leur prendre vivres et femmes. Les français vont alors pratiquement exterminer les amérindiens jusqu'à la signature d'un traité de paix en 1640.

 

1638: l'administration refuse le droit à un capitaine de la Martinique de s'approvisionner en esclaves en Afrique[1].

 

1643: la ville de Basse-Terre est fondée dans le sud de la Guadeloupe proprement dite.

 

1649 : la Compagnie des îles d'Amérique, propriétaire de l'île, est en faillite et se voit contrainte de céder la Guadeloupe et ses dépendances. Charles Houël, alors gouverneur et premier officier de justice de la Guadeloupe, acquiert la Guadeloupe, la Désirade, Marie-Galante et les Saintes.

 

1654: 600 hollandais venus du Nordeste brésilien fuient l'inquisition portugaise, avec 300 de leurs esclaves. La Martinique, où sont déjà installés des Jésuites, refuse leur arrivée. Le gouverneur de Guadeloupe Charles Houël met à leur disposition 16 hectares de bonnes terres au lieu dit Sainte-Marie, à Capesterre de Guadeloupe[2].

 

1664 : la Compagnie française des Indes Occidentales prend possession de l'île en expropriant Houël et ses descendants.

 

1664 à 1667: Colbert augmente la taxe sur les sucres étrangers, ce qui asphyxie les débouchés des planteurs, par ailleurs privés d'approvisionnement en esclaves. L'essor sucrier tourne à la crise.

 

1666 : les Anglais attaquent les Saintes mais un cyclone détruit la flotte britannique le 22 août et s'apprêtent à attaquer la Guadeloupe. Mais un cyclone détruit complètement la flotte anglaise.

 

1667 : le Traité de Breda est signé entre Français, Danois et Hollandais d'un côté, et Anglais de l'autre. C'est alors la fin de la Deuxième Guerre anglo-néerlandaise

 

1674 : La Compagnie des indes occidentales perd pied, et la Guadeloupe, ses dépendances sont annexées par Louis XIV et deviennent une colonie française.

 

1690: le prix du sucre, miné par la concurrence, affiche une baisse de 65% par rapport à son niveau de 1655[3].

 

Mise en place de la traite négrière et de l'esclavage

 

Le Père Labat, décrit dans ses ouvrages les caractéristiques essentielles de cette société.

 

Il y avait d'abord des esclaves blancs puis des engagés de 36 mois, utilisés pour la fortification de l'île.

 

De leurs rapports conflictuels et de domination avec les amérindiens, sont nés les plantations. Les pratiques religieuses européennes, couplées à de longues pratiques militaires, étaient beaucoup plus ritualisées et ordonnancées que le culte des amérindiens, ce qui favorisa la suprématie des colonisateurs.

 

C’est à cette époque, que de nombreuse personne fuyant l’Europe, viendront dans les îles pour exercer un salariat dont les limites avec l’esclavage restèrent floues. Les propriétaires terriens, afin d’assurer le développement de leurs exploitations de café, de canne à sucre et de coton, eurent besoin d'une nouvelle main d'œuvre à bon marché.

 

C'est à ce moment que la machine de la transhumance humaine sera lancée avec tous les drames que nous connaissons.

 

Le choix des noirs sera en partie lié à leur grande capacité de résistance car venant de pays difficiles du point de vue de leurs géographies (climat, etc.), mais également, et surtout pour des raisons théologiques avec l’accord des Papes en place.

 

Il s'en suivit une ère de prospérité pour les colons qui, pour perdurer, nécessitait l'institutionnalisation de l'esclavage (codification) afin de maintenir ce commerce florissant.

 

Cette activité économique qui profitait aux Métropoles, engendra des constructions militaires et des travaux de fortification de l'île, menées d'une main de maître par Louis XIV, Vauban et relayées par les anglais.


Il s'agit dès lors, de mettre en place une société très hiérarchisée et très organisée tirant ces principes de fonctionnement des ordres à la fois militaires et religieux.


En ce qui concerne les esclaves noirs, ces derniers ayant des origines différentes, il y eut des difficulté d’adaptation de part des problèmes de langues et de coutumes ancestrales qui aboutirent à la création de la langue créole et de la culture du même nom
.

 

La Guadeloupe contemporaine

 

Avec 30% de chômeurs, si ce n'est plus, la Guadeloupe voit ses tensions sociales s'aggraver.

 

Le 1er décembre 1999 : Lucette Michaux-Chevry, présidente du conseil régional de la Guadeloupe, Alfred Marie-Jeanne, président du conseil régional de la Martinique et Antoine Karam, président du conseil régional de la Guyane, signent à Basse-Terre, chef-lieu du département de la Guadeloupe, la "déclaration de Basse-Terre".

 

Ils proposeront au président de la République et au gouvernement, une modification législative voire constitutionnelle, visant à créer un statut nouveau de région d'outre-mer autonome doté d'un régime fiscal et social spécial pour la Guadeloupe, la Guyane et la Martinique, dans le cadre de la République française et de l'Union européenne (article 299-2 du traité d'Amsterdam).

 

Le 18 janvier 2000 : Les conseillers régionaux réunis en séance plénière approuvent la "déclaration de Basse-Terre" (27 voix pour et 10 voix contre) et décident par une délibération d'unir leurs efforts afin de bâtir un projet de développement économique, social et culturel impliquant la prise en compte des identités propres à chaque région et basé sur l'évidence que « la dignité procède du travail et non de l'assistanat ».

 

Le 10 mai 2001 : le gouvernement a adopté le texte signifiant la reconnaissance de la traite et de l'esclavage en tant que crime contre l'humanité.

 

Le 7 décembre 2003 : 72,98% des électeurs guadeloupéens ont dit non à la réforme institutionnelle soumise par référendum.

 

Le 23 mai 2004 : Victorin Lurel est élu président de la région de Guadeloupe.

2005 : Référendum sur la Constitution européenne la Guadeloupe répond « oui » avec 58,6% (faible participation de 30%).

 

 

2009 : le 20 janvier, la grève générale des Antilles française de 2009

débute en Guadeloupe.

 

 

Bibliographie

 

L'Esclave en Guadeloupe et en Martinique du XVIIe au XIXe siècle (1998), René Belenus, Éditions Jasor, ISBN 2-912594-03-0

 

Histoire générale des Antilles et des Guyanes, Des Précolombiens à nos jours (1994), Jacques Adélaïde-Merlande, Éditions L'Harmattan. ISBN 2-738429-72-6

 

Quand la révolution, aux Amériques, était nègre (2005), Nicolas Rey, Éditions KARTHALA. ISBN 2-845866-24-0

 

"L'Eclipse des Dieux" (2006), Chap La formation de la diaspora noire, Tidiane N'Diaye, Editions Du Rocher, 317 p. (ISBN 978-2-268-05641-4).

 

Les Petites Antilles de Christophe Colomb à Richelieu (1992), Jean-Pierre Moreau, Éditions KARTHALA. ISBN 2-865373-35-5

HISTOIRE DES D.O.M. - La Guyane

Histoire de la Guyane

 

 

Avant le XVIIe siècle

 

Vers le VIe millénaire av. J.-C., premières traces de peuplades amérindiennes : poteries, gravures rupestres, polissoirs, etc. Ces peuplades auraient des descendants qui sont les Emerillons et les Wayampis, parlant le tupi-guarani. Ces premières peuplades auraient commencé le processus de création des terres fertiles de Terra preta, qui quelques millénaires après permettront l'établissement de populations aux densités plus élevées que les sols naturels pauvres ne le permettent.

 

À la fin du IIIe siècle, venus de l’ouest et du sud, les indiens Arawaks et Palikurs, probablement originaires d’Amazonie, arrivent sur le littoral et chassent les premiers habitants, ils parlent des langues de la famille linguistique arawak.

 

À la fin du VIIIe siècle, des indiens Caraïbes, les peuplades Kalinas (ou Galibis) et Wayanas occupent à leur tour les littoraux et l'est de l'actuelle Guyane, ils parlent le caraïbe.

 

Plusieurs dizaines de nations amérindiennes ont conjointement ou successivement peuplé la Guyane et de l'actuel état brésilien d'Amapa depuis 400 ans.

 

Des indices archéo-historiques font penser qu'au XVIe siècle, une partie au moins des sous-groupes qui donneront les Wayana, vivait au Nord de l'Amazone. Assez récemment, au début du XVIIIe siècle, remontant progressivement le Paru de leste et le Jari, ils semblent avoir absorbé des peuples de chasseurs cueilleurs (dont Upurui et Opagwana des monts Tumuc Humac). Les Wayampi sont cités par les portugais au XVIIe siècle comme occupant les rives du Rio Xingu au sud de l'Amazone, qu'ils semblent avoir franchi en vagues successives après 1720.

 

Au XVIIIe siècle, deux nations amérindiennes remontent vers le nord, alors que les envahisseurs venus d'outre-mer colonisent l'Amérique du sud, amenant armes et microbes inconnus sur ce continent. C'est le temps de la colonisation qui arrive.

 

Le 5 août 1498, au cours de son troisième voyage, Christophe Colomb longe pour la première fois les côtes de la Guyane. Des populations indigènes amérindiennes occupent le littoral, et sont estimées à environ 30 000 Amérindiens pour la Guyane française, au siècle suivant, décimés, ils ne seront plus que 25 000.

 

En 1499 et 1500, la première exploration de la Guyane est faite par l'espagnol Vicente Yañez Pinzon qui explore les côtes du plateau de Guyane entre les deltas de l’Amazone et de l’Orénoque.

 

Les Guyanes n'étant pas concernées par le traité de Tordesillas de 1494 qui traçait les limites territoriales entre l'Espagne et le Portugal, vers 1503, un premier groupe de colons français se serait installé dans l’île de Cayenne pendant quelques années.

 

XVIIe siècle

 

De 1604 à 1652, plusieurs tentatives de colonisation échoueront en partie :

En 1604, le capitaine Daniel de la Rivardière est le premier Français à faire une reconnaissance sérieuse de la Guyane.

 

Le pays fut alors appelé France équinoxiale[2].

 

En 1624, le roi de France Louis XIII ordonne l’installation des premiers colons originaires de la Normandie.

 

En 1626, le Cardinal de Richelieu autorisa la colonisation de la Guyane.

 

En 1630, une nouvelle colonie s’installe sur les rives du Sinnamary sous les ordres de Constant d'Aubigné, fils d’Agrippa d’Aubigné et père de la future Marquise de Maintenon épouse du roi Louis XIV.

 

En 1638 Le Cardinal de Richelieu confie au capitaine Bontemps le soin de coloniser les territoires de Guyane avec 1 200 français.

 

En 1643, le français Charles Poncet de Brétigny, rejoint les premiers colons à la tête d'un groupe de 400 nouveaux colons, la Compagnie de Rouen. Il achète aux indiens Galibi une colline à l'embouchure de la rivière Cayenne et lui donne le nom de « Mont Cépérou » du nom du chef indien. Il y fait bâtir un petit village qu'il fortifie. C'est la naissance de Cayenne.

 

Cependant, s’autoproclamant souverain de Guyane, il a recours aux persécutions et humiliations contre les indiens autochtones qui finissent par se révolter.

 

En 1648, il ne reste plus que 25 colons français.

 

En 1652, une nouvelle expédition est organisée avec 650 colons. Cependant mal préparés, ils sont rapidement décimés par les Indiens et les fièvres. Les survivants fuient vers les possessions hollandaises.

 

En 1654, les anglais s'emparent de la Guyane française[3]

 

En 1656, des colons juifs marranes hollandais reviennent à Cayenne et construisent la première sucrerie. Ils importeront les premiers esclaves africains, condition considérée à cette époque comme nécessaire à la mise en valeur du territoire.


En 1662, les français reviennent avec quelques 800 recrues, la "Compagnie des Douze Seigneurs", mais dès 1663, les Hollandais retrouvent la place vacante et s’y installent à nouveau.

 

Mais à partir de 1664, la Guyane redevient colonie française et les français poursuivront eux-mêmes la politique esclavagiste, qui va beaucoup se développer à partir de 1669, en particulier sous l'impulsion donnée par Colbert avec le Code noir de 1685 qui organise le système esclavagiste en précisant les devoirs des maîtres et des esclaves et dépouillait l’esclave de toute son identité. Après le baptême catholique obligatoire, l'Africain devenait un esclave nègre, changeant de nom, abandonnant ses habitudes vestimentaires et sa langue, puis était marqué au fer rouge et affecté au travail servile. La colonie se développe grâce à l'exportation du roucou, de l'indigo, du coton, de la canne à sucre, du café, de la vanille, des épices et des bois exotiques.

 

Les rivalités franco-anglaises font passer la Guyane sous contrôle de l'Angleterre, qui, après s'être emparée du territoire, le céda finalement à la Hollande par le traité de Breda en 1667. L'amiral français d'Estrées le reconquiert pour le compte de la France.

 

À partir de 1670, le ministre français Colbert fait entreprendre une grande politique de développement agricole. Les jésuites, conseillers du gouverneur, lancent de grandes plantations où sont cultivés la canne à sucre, le coton, l'indigo, le cacao, le café, la vanille, et autre épices. Grâce à l'abondant commerce des esclaves en provenance d'Afrique, il est possible de mettre en œuvre des manufactures de papier et de briques ainsi que des exploitations minières, toutes ses industries sont basées sur la force humaine servile.

 

Les hollandais prennent les établissements français de Guyane en 1676 temporairement.[4]

À la fin du XVIIe siècle, des explorations françaises organisées depuis la Guyane découvrent le territoire de l'Araguary, aujourd'hui brésilien.

 

XVIIIe siècle

 

En 1713, le traité d'Utrecht considère le fleuve Maroni comme la frontière ouest de la Guyane française. Par ce traité, le roi Louis XIV abandonne totalement le bassin de l'Amazone aux Portugais, mais la difficulté à fixer les frontières géographiques en Amazonie vont être la source de disputes pendant deux siècles, les deux parties ne cessant de rechercher l'extension de leur territoire respectif, par l'installation de postes militaires, de missions religieuses et de comptoirs commerciaux. Ces disputes se termineront en 1900 par un arbitrage suisse.

 

Vers 1750, de nombreux amérindiens s'installent sur le territoire.

 

En 1762, les Jésuites sont expulsés de la Guyane sur ordre de Louis XV. : L’expulsion des Jésuites (ordonnance royale de Louis XV) précède l’implantation en Guyane par la volonté du ministre français Choiseul d’une nouvelle colonie de peuplement, des milliers de personnes sont envoyées de France pour accélérer de manière décisive la colonisation des terres. Cette politique volontariste échoue car rien n'a été préparé pour les accueillir.

 

En 1764, suite à une campagne de propagande menée surtout en Alsace et en Lorraine, allait précipiter 15 000 français dont 12 000 alsaciens et lorrains vers Rochefort pour débarquer en 1764 à Kourou en pleine période des pluies et dans les marais. Il s’en suivit 12 000 morts en un an pour cause de maladies (dysenterie, fièvre jaune, syphilis) et des moustiques (paludisme). L'expédition, menée par Choiseul sera un cuisant échec. Finalement, une soixantaine de groupes de survivants se réfugieront aux îles du Salut avant de retourner en France.

 

Bien après ce grave échec, un gouverneur compétent est enfin nommé. Pierre-Victor Malouet, secondé par l'ingénieur Joseph Guisan, d'origine suisse, entreprend un programme de réforme de l'agriculture et d'aménagement des territoires agricoles. Le territoire va connaître une période de prospérité jusqu'à la révolution française.

 

À partir de 1792, la révolution française fait de Cayenne un lieu de déportation pour les prêtres réfractaires et les ennemis politiques de la révolution. Le premier bagne — bagne de Sinnamary — était né et jusqu'en 1805, le territoire devint un lieu de déportation pour les opposants politiques aux différents régimes qui se succédèrent en France.

 

En 1794, la république française abolit l'esclavage.

 

XIXe siècle

 

En 1802 l'arrêté du 7 décembre, présumé du consul Cambacérès rétablit l’esclavage pour ceux qui n'ont pas été affranchis, sous une forme déguisée « la conscription de quartier »[5], en effet la Guyane n'est pas concernée par la Loi du 20 mai 1802 qui maintient l'esclavage en Martinique. Une partie de la population noire refusant cet état, s'enfuit en forêt, privant ainsi de main-d'œuvre l'économie guyanaise affectée par ailleurs par les difficultés de la France.

 

Ces personnes prennent le nom de marrons et s'installent sur les berges d'un fleuve qui prendra le nom de Maroni.

 

Après la défaite de la flotte française à Trafalgar, en 1809 des forces portugaises venant du Brésil et soutenues par les Britanniques, occupent la Guyane, en représailles de l'invasion française du Portugal, menée par Napoléon Ier. Cette occupation, qui ne perturbe toutefois pas la vie quotidienne des habitants, se poursuivra jusqu'en 1814, lorsque les Portugais se retireront au lendemain de la première abdication de Napoléon Ier.

 

Après 1817 et la fin des guerres napoléoniennes, la Guyane va connaître une période très prospère grâce à l'esclavage et à la reprise du plan de développement de Joseph Guisan.

 

À partir de 1828, les sœurs de Saint-Joseph de Cluny, sous l'impulsion de la mère Anne-Marie Javouhey, rachètent des esclaves pour les libérer et leur donner du travail dans la région de Mana.

 

Le député républicain français de la Martinique et de la Guadeloupe, Victor Schoelcher, soutient leur action et développe une action politique qui aboutira, au décret du 27 avril 1848 confirmé par la Constitution du 4 novembre 1848 et qui édicte l'abolition définitive de l'esclavage. La loi nouvelle applicable sur les territoires français, édicte que le principe d'affranchissement implique que tout esclave touchant le sol français est déclaré libre, ce qui va provoquer la fuite massive des esclaves placés sous la coupe des grands propriétaires brésiliens qui réagissent très violemment, et en mai 1851, ils violent, à Mapa, le territoire pour récupérer 200 esclaves en fuite, ce qui va soulever de façon plus délicate le problème des limites entre les territoires français, brésiliens et hollandais.

 

Cependant, la fin de l'esclavage, qui représente près de 13 000 personnes sur les 19 000 habitants de la Guyane, aura pour conséquences immédiates le départ de la main-d'œuvre servile hors des plantations et l'effondrement de l'économie de la Guyane.

 

Pour pallier le manque de main-d'œuvre, Napoléon III, décide en 1852, de faire mettre en place la déportation des forçats vers la Guyane. Dans un premier temps, les bagnards sont envoyés dans les lieux les plus retirés et les plus insalubres qui soient, mais les pertes enregistrées chez les détenus sont énormes.

 

Parallèlement, pour pallier l’affranchissement des noirs, des coolies originaires des Indes et de Chine sont recrutés sous contrat à partir de 1853.

 

À partir de 1854, loi de la transportation, il fait construire les célèbres bagnes de Cayenne, de l'île du Diable et de Saint-Laurent-du-Maroni (1858). La commune de Saint-Laurent-du-Maroni devient le centre administratif du système pénal, vers lequel seront envoyés près de 90 000 hommes et 2 000 femmes, dont plus d'un tiers d'entre eux décèdera en Guyane, corruption et inégalité sociale deviennent les bases de l'organisation sociale pénitentiaire.

 

En 1855, est découvert par Félix Couy le premier site aurifère sur un affluent de l'Approuague. Des tonnes d'or sont extraites de la rivière Inini, un affluent du Haut-Maroni, dans le sud-ouest du pays. C'est le début d'une ruée vers l'or qui durera jusqu'à la Seconde Guerre mondiale et qui amènera de nombreux émigrants provenant essentiellement des Antilles. Une banque de prêt et d'escompte est créée ce qui attire d'autres investisseurs qui affluent face à la demande qui se fait de plus en plus forte, mais qui repartiront à partir de 1873 lorsque la France connaîtra une grande dépression jusqu'en 1892.

 

En 1860, la liberté de navigation sur le fleuve Maroni est consacrée.

 

À partir de 1861, la France et la Hollande se contestent le territoire richement aurifère du cours supérieur du fleuve Maroni. Les Français estiment que le cours d'eau formateur est le Tapanahoni, alors que les Hollandais soutiennent que c'est le Lawa. En 1891, la contestation est arbitrée par le tsar de Russie au détriment de la France qui perd une zone de 25 000 km², riche en minerais d'or.

 

Vers la fin du XIXe siècle, viennent s'installer en Guyane des Libanais et des Chinois de Formose, de Singapour et Chine.

 

En 1900, un arbitrage définitif rendu par le Conseil fédéral suisse fixe la frontière franco-brésilienne sur l'Oyapock, au détriment de la Guyane française qui perd un territoire de 260 000 km². La France considérait, non sans de sérieuses raisons, que la rivière "Japoc" découverte par Vincente Yanez Pinzon en 1499 ne correspondait pas à l'Oyapock mais au fleuve Araguary plus au sud, du fait que les phénomènes de subsidences et d'accumulation ont bouleversé tout le dessin de la côte entre l'Amazone et l'Oyapock, depuis le XVIIe siècle.

 

Cependant les Brésiliens menés par le Baron de Rio Branco, mieux préparés et soutenus par de très forts intérêts politiques et diplomatiques, finissent pas imposer leur propre vision, mettant fin à deux siècles de disputes.

 

XXe siècle

 

Au début du siècle, après la ruée vers l'or, la population amérindienne est décimée et se monte plus qu'à 1 500 personnes.

 

Après l’éruption de la montagne Pelée, le 8 mai 1902, qui a détruit la ville de Saint-Pierre en Martinique et tué 28 000 personnes en quelques minutes, de nombreux Martiniquais se réfugient en Guyane.

 

À partir de 1902, la France et la Hollande se contestent à nouveau le territoire du cours supérieur du Lawa. Les français estiment que le cours d'eau formateur est le Litani, alors que les Hollandais soutiennent que c'est le Maroni. En 1935, un accord finira par être trouvé, à l'avantage des français qui récupèrent ainsi une zone de 6 000 km², riche en minerais d'or.

 

Entre 1910 et 1930, c'est le plus haut de la ruée vers l'or. Plus de 10 000 chercheurs d'or écument la forêt guyanaise ce qui entraîne une croissance du commerce local, et la fermeture des dernières grandes plantations.

 

À partir de 1923, après la visite du journaliste Albert Londres, celui-ci de retour en métropole, se fait l'écho des conditions de vie des bagnards guyanais. Une vaste campagne d'opinion s'enclanche, menée par Albert Londres, le député de la Guyane Gaston Monnerville et de nombreux journalistes, et aboutit en 1938, à une loi mettant fin au bagne, interdisant de fait, tout nouveau transport de bagnards, les peines de travaux forcés étant abolies dans le droit pénal français. Au total, quelques 90 000 bagnards auront été déportés en Guyane.

 

Cependant, la fermeture effective n'aura lieu qu'en 1946, au lendemain de la Seconde Guerre mondiale et les derniers rapatriements eurent lieu en 1953 et le dernier forçat embarqua le 1er avril.

 

La fermeture du bagne, met de nouveau à bas l'économie du territoire et entraîne un dépeuplement.

 

En 1938, une commission franco-hollando-brésilienne détermine le point de trijonction marquant le point séparant les territoires français, surinamais et brésilien.

 

En 1940, la Guyane se déclara en faveur du maréchal Pétain et ne rallia la France libre qu'en mars 1943. Dans les bagnes, des détenus mouraient de faim ou de la maladie. Après la guerre l'état sanitaire du territoire est déplorable ce qui oblige le gouvernement français à prendre des mesures sanitaires importantes.

 

En 1946, la Guyane obtient le statut de département français, mais le territoire a beaucoup de peine à décoller économiquement à cause des coûts de production élevés et sa balance commerciale est très déficitaire.

 

En 1961, la population du territoire se monte à 33 000 habitants.

 

À partir de 1963, se pose la question d'un nouveau centre spatial français aussi près possible de l'équateur pour remplacer celui de Colomb-Béchar en Algérie. La décision, prise par le général de Gaulle, de la construire en Guyane est prise en 1964 car ce territoire présente de nombreux avantages :

 

  • une situation géographique privilégiée à proximité de l'équateur et favorable aux missions géostationnaires ;

 

  • une large ouverture sur l'océan autorisant toutes les inclinaisons d'orbites ;

 

  • l'absence de cyclones et de tremblements de terre ;

 

  • la faible densité de population ;

 

  • de plus il s'agit d'un territoire national français.

 

Construit à partir de 1965, le nouveau Centre Spatial Guyanais (CSG) s'est depuis développé, au rythme de l'aventure spatiale française (sonde « Véronique », lanceur « Diamant B ») puis européenne (lanceur « Europa II »), puis avec le programme européen des lanceurs Ariane, qui va être un véritable succès commercial et mondial. C'est aujourd'hui le port spatial de l'Europe.

 

Le 9 avril 1968, est lancée la première fusée-sonde « Véronique ». Depuis cette date date jusqu'en 2003, plus de cinq cents lancements ont été réalisées à partir du Centre de Kourou dont plus de 160 lancements « Ariane », dont le premier exemplaire a décollé le 24 décembre 1979.

 

Dans les années 1970, le Surinam, malgré la convention de 1978 et l'accord de coopération de 1988, reprend à son compte les thèses hollandaises et conteste la frontière fixée sur le Litani ; les cartes surinamaises indiquent la frontière sur le Marouini. Cependant, depuis la guerre civile qui a dévasté le Surinam de 1986 à 1991, la revendication territoriale n'est plus officiellement évoquée.

 

À partir de 1982, avec les lois sur la décentralisation, un transfert de compétence de l'État vers les organisations territoriales est mis en place.

 

Le 15 juin 1988 est lancé le premier exemplaire du lanceur Ariane 4 et le 4 juin 1996 est lancé le premier lanceur Ariane 5, son premier vol commercial a eu lieu le 10 décembre 1999.

 

Dans les années 1990, la Guyane, territoire français donc intégré dans l'Union européenne, devient un phare de bien-être et de richesse qui attire à lui de forts courants migratoires en provenance des pays voisins en crises économiques et sociales, comme Haïti, le Surinam (ex-Guyane hollandaise) et le Brésil.

 

En 1999, à la veille du XXIe siècle, la population du territoire se monte officiellement à 160 000 habitants, mais certainement à plus de 200 000.

 

XXIe siècle

 

En 2005, la population est officiellement de 187 000 habitants.


La population amérindienne, se monte actuellement à environ 9 000 personnes, dont la majorité vit dans des « zones protégées » à l'accès strictement réglementé par les pouvoirs publics. Elle est composée de six groupes : les Kalinas (anciennement appelés Galibis) et les Wayanas de langue caraïbe, les Palikurs et les Arawaks proprement dits, de langue arawak, les Wayampis (ou Oyampis) et les Tekos (anciennement appelés Emerillons) de langue tupi.

 

Jeudi 27 novembre 2008 : Le département de Guyane est bloqué par de nombreux barrages routiers érigés pour protester contre le prix des carburants à la pompe : 1,77 euro pour l'essence et 1,55 euro le gasoil.

 

Les protestataires réclament une baisse de 50 centimes sur les carburants.

 

Le président de la Chambre de commerce et d'industrie de la Guyane (CCIG) Jean-Paul Le Pelletier annonce la fermeture du port de commerce et de l'aéroport international de Rochambeau.

 

Prélude des évènements de février 2009 en Guadeloupe !!

HISTOIRE DES D.O.M. - La Martinique

Histoire de la Martinique

 

 

Le peuplement de la Martinique est relativement récent. Son histoire est largement marquée par celle de la colonisation de l’Amérique, les guerres d’influence entre les anciens empires coloniaux européens, l’évolution des activités agricoles, l’éruption de la Montagne Pelée de 1902 et les calamités climatiques, ainsi que des revendications indépendantistes modernes.

 

Les premiers peuplements de la Martinique

 

Les premiers, amérindiens, ont été archéologiquement attestés du Ier siècle. Aucune donnée fiable ne permet d'en faire remonter le peuplement à une période plus ancienne.

 

Les premiers habitants sont de culture saladoïde, du nom du site éponyme vénézuélien de Saladero. Ils viennent de la forêt amazonienne. Le nom d'arawaks qui leur est donné désigne plus largement une famille linguistique à laquelle se rattachent de nombreuses populations amérindiennes d'Amazonie dont les populations Kalina ou caraïbe.

 

Cette population produisait une céramique extrêmement décorée. Elle a occupé surtout les contreforts de la Montagne Pelée. Il s'agit d'une population pratiquant l'agriculture et la pêche-cueillette. Le site archéologique de Vivé, sur la commune du Lorrain, illustre parfaitement cette première occupation. Ce site d'habitat sur le bord de mer a fait l'objet de fouilles entre 1996 et 2001.

 

Le niveau d'occupation saladoïde est scellé par une couche éruptive de la Pelée datée du troisième siècle de l'ère chrétienne. La campagne de 1999 a fait apparaître une couche d'abandon en place recouverte par la cendre d'une éruption du volcan. Les populations les plus récentes semblent par contre s'installer préférentiellement dans la zone sud de la Martinique.

 

Dans leur phase la plus récente, elles se rattachent à la culture suazoïde, du nom du site éponyme vénézuélien de Suazeï, et ont été pendant longtemps désignées sous l'appellation de "caraïbe". Le site archéologique de la plage de l'Anse Trabaud, sur le littoral atlantique de la commune de Sainte-Anne, qui a été en partie fouillé par Louis Allaire, archéologue canadien, est un site de cette période finale, peut-être pratiquement contemporain de l'arrivée des premiers européens aux Antilles. Le site de la plage de Dizac au Diamant est lui daté du IXe siècle.

 

Ces populations ne sont pas des populations radicalement différentes des populations saladoïdes, comme on a souvent voulu le faire croire en suivant de trop près le témoignage de "chroniqueurs", premiers auteurs d'écrits sur les nouveaux territoires de l'Amérique. Ces chroniqueurs, souvent religieux, sont notre seule source écrite sur les premiers temps de la colonisation, les populations amérindiennes des Antilles ne possédant pas d'écriture.

 

Pour l'instant, on ne possède que peu de données sur les populations ayant occupé l'île entre le site de Vivé (vers 300) et l'occupation du Diamant (vers 800). La connaissance du néolithique antillais est encore très lacunaire, les études et les fouilles répondant aux critères modernes étant encore rares. Cependant, une thèse de doctorat a été soutenue en 2003 sur les premières occupations amérindiennes de la Martinique.

 

Caraïbes et Arawaks

 

Il était, jusqu'à très récemment, couramment admis que les Arawaks avaient été exterminés par les Caraïbes. Cependant, il semble que cette affirmation ne soit plus aussi nettement acceptée (voir Peuple Caraïbe).

 

Histoire

 

Les débuts de la colonisation

 

Christophe Colomb découvre la Martinique le 15 juin 1502, au cours de son quatrième voyage vers les « Indes ». Des versions contradictoires attribuent la paternité du nom à Christophe Colomb, au cours de son deuxième voyage, en 1493. Celui-ci aurait aperçu de loin seulement les fleurs de l'île le 11 novembre 1493, jour de la Saint-Martin : de ce fait, il lui aurait donné le nom de Martinica, ou Madinina (Ile aux fleurs). Il n'y débarqua finalement que neuf ans plus tard, lors de son quatrième voyage dans la région. C'est en 1635, que Pierre Belain d'Esnambuc y installe la première colonie (Saint-Pierre), pour le compte de la couronne de France et de la Compagnie des Îles de l'Amérique.

 

Entre le quatrième voyage de Colomb et la prise de possession par les Français, la Martinique ne reste cependant pas sans contact avec les Européens. Si les Espagnols délaissent ces îles qu'ils jugent trop petites et peuplées d'Indiens dangereux, les Hollandais, les Français et les Anglais y font souvent relâche pour faire aiguade (ravitaillement en eau), s'approvisionner en vivres, et commercer avec les Amérindiens [1]. Les premiers établissements français en Martinique sont Le Fort Saint-Pierre (actuelle ville de Saint-Pierre) fondé par d'Esnambuc, et la ville du Fort-Royal (actuellement Fort-de-France) fondée par les Gouverneurs De Baas et Blenac.

 

L’essor économique

 

Durant les premières décennies de l'occupation française, l'île est productrice de denrées coloniales fournissant de forts profits : tabac (petun), roucou, indigo, cacao, le tabac de la Martinique étant alors très apprécié. La crise du tabac de la seconde moitié du XVII e siècle ruine les premiers planteurs qui se tournent vers la production de sucre. La monoculture de la canne à sucre va bientôt modeler le paysage et devenir partie intégrante de la culture créole. Elle dominera l'économie du pays jusqu'à la seconde moitié du XXe siècle.

 

La culture de la canne à sucre telle qu'elle est pratiquée dans l'habitation sucrière demande une importante main-d'œuvre que la métropole n'est pas susceptible de fournir. Si la culture du tabac ou de l'indigo avait pu se faire avec les "engagés", la traite d'esclaves noirs provenant des côtes de l'Afrique est avancée comme unique solution susceptible de fournir les effectifs nécessaires à la culture de la canne à sucre.

 

Les engagés venaient sous contrat avec un planteur pour une durée de trois ans (d'où leur surnom de "trente-six mois"). Le planteur couvrait les frais du voyage et exigeait ensuite de l'engagé un travail semblable à celui de la main d'œuvre servile. Mais, à la différence de l'esclave, s'il réussissait à survivre aux terribles conditions de vie et de travail qui lui étaient imposées, l'engagé recouvrait sa liberté à l'issue des trois années de son contrat et se voyait allouer une terre lui permettant de devenir à son tour planteur.

 

La culture de la canne est donc à l'origine de la mise en place du commerce triangulaire (Europe, Afrique, Amérique) qui entraîne rapidement l'afflux d'une population africaine réduite en esclavage vers les possessions françaises de l'Amérique, population qui dès la fin du XVIIe siècle dépasse rapidement et de beaucoup la population blanche des origines.

Les Amérindiens, constituant probablement une population à la densité relativement faible, sont peu à peu repoussés vers la côte atlantique avant d'en être finalement chassés, dans les années 1670. Cependant, une frange de cette population "caraïbe" demeure sur place dans un fort état d'acculturation se fondant petit à petit dans le reste de la population[2].

 

Le commerce du sucre entraîne une intense activité maritime à la Martinique au cours du XVIIIe siècle. Si le circuit effectué par certains navires passe par l'Afrique pour y charger une cargaison d'esclaves avant de l'échanger en Martinique contre des denrées coloniales, d'autres, encore plus nombreux, font le voyage directement, en "droiture", entre les ports français (Bordeaux, Nantes) et la colonie. Les profits de la vente d'une cargaison d'esclaves sont tels qu'il faut le plus souvent plusieurs voyages en droiture pour acheminer la contre-valeur en denrées coloniales des esclaves vendus. Le manque chronique d'espèces métalliques dans les îles se faisant ressentir pendant toute la période coloniale, la plupart des échanges se font sur le mode du troc. Cette navigation commerciale suscite la convoitise des autres grandes nations européennes, essentiellement les Hollandais et les Anglais. Un état de guerre permanent caractérise l'époque coloniale, et la course et la piraterie maintiendront le danger, même au cours des périodes de paix.

 

Guerres entre empires européens

 

Les Hollandais rapidement évincés dès la seconde moitié du XVIIe siècle, la lutte se concentre entre les Français et les Anglais (et, après 1707, date de la fondation du Royaume-Uni, les Britanniques). Tous les grands conflits européens ont leur composante caraïbe.

 

C'est notamment le cas de la guerre de Sept Ans qui vaudra à la France la perte de nombreuses possessions au profit de la Grande-Bretagne. La Martinique deviendra ainsi, par deux fois, possession britannique, mais pour d'assez courtes périodes. Elle restera définitivement française après 1816.

 

Au XIXe siècle, l’activité économique de la Martinique bénéficie de la perte par la France de Saint-Domingue (aujourd’hui Haïti et la République dominicaine), principale colonie française des Antilles au XVIIIe siècle. Saint-Pierre, capitale de la Martinique et principale ville des Antilles au XIXe siècle, connaît alors une prospérité que seule l’éruption volcanique catastrophique de la Montagne Pelée du 8 mai 1902 viendra interrompre, et dont elle ne se remettra jamais complètement.

 

L’esclavage

 

La culture du sucre fut tentée en Martinique dès les années 1640, mais sans succès. Il fallut attendre la fin des années 1650 pour qu'elle s'implante vraiment. En 1671, Pierre Dubuc de Rivery fut récompensé par le don de terres, de la presqu'île de la Caravelle au bourg de Trinité, à 28 km de Fort de France, où sa famille Dubuc construisit 7 sucreries.

 

L'augmentation du nombre d'esclaves en Martinique correspond à la création en 1674 par Louis XIV de la Compagnie du Sénégal et à l'arrivée massive de négriers français et anglais sur les côtes d'Afrique, qui fait flamber le prix des esclaves mais abaisse le coût de leur transport et satisfait les planteurs de sucre de Martinique. En 1671 encore, l'île avait de nombreux petits colons blancs qui cultivaient du tabac, sur des plantations nécessitant moins de capitaux[3].

 

A la création en 1674, de la Compagnie du Sénégal les planteurs martiniquais n'avaient plus que 2400 esclaves, contre 2700 dix ans plus tôt, en 1664 lors de la création de la Compagnie des Indes occidentales.[]

 

Six ans seulement après son remplacement par la Compagnie du Sénégal, le nombre d'esclaves en Martinique a déjà doublé pour atteindre 4900 en 1680. Leur nombre sera même mutiplié par six en un quart de siècle, pour atteindre 15000 en 1700[5]. L'un des premiers grands clients est le plus riche planteur de l'île, Charles François d'Angennes, ex-marquis de Maintenon et gouverneur de Marie-Galante, a qui Louis XIV donne le monopole du commerce avec le Venezuela espagnol.

 

Le taux de mortalité étant élevé, l'importation d'esclaves noirs s'accentua pour remplacer les « pertes ». On a importé dans l’île de Martinique plus d'esclaves que dans l'ensemble des colonies britanniques qui formeront plus tard les États-Unis d'Amérique.[6]

 

Le même phénomène se produit en Guadeloupe, où la population d'esclaves avait reculé entre 1664 et 1671, passant de 6323 à 4627 en sept ans. La création en 1674 de la nouvelle Compagnie du Sénégal ramène le nombre d'esclaves à 6076 dès 1700. Cet essor de l'esclavage est moins rapide qu'à la Martinique, à qui on réserve les esclaves les plus jeunes et les plus résistants, et où Louis XIV a installé plusieurs planteurs annoblis.[7].

 

L’abolition de l'esclavage

 

En France, en 1788, à la veille de la Révolution française, Brissot crée la Société des amis des Noirs, mais malgré les efforts de ses membres les plus éminents comme l'abbé Grégoire ou Condorcet, il ne peut obtenir l'abolition de l'esclavage auprès de la Constituante. Ce n'est que le 4 février 1794 que la Convention abolit l'esclavage. Mais cette mesure ne sera pas appliquée - loin s'en faut- dans toutes les possessions françaises de l'époque. À la Martinique, elle demeurera lettre morte, contrairement à la Guadeloupe, car un groupe de colons royalistes mené par Jean Baptiste Dubuc va pactiser avec les Britanniques qui occuperont l'île de 1794 à 1802. Par ailleurs, cette abolition, dictée principalement par un humanisme hérité des Lumières, visait également à rallier à la cause révolutionnaire les esclaves révoltés de Saint-Domingue, face à la menace royaliste et au danger d'une invasion britannique. Une fois l'île récupérée par le traité d’Amiens, Napoléon y maintiendra l'esclavage par la Loi du 20 mai 1802. Les mariages mixtes sont entravés du fait d'une réapplication progressive du Code noir par Richepance, notamment à partir de son arrêté du 17 juillet 1802 retirant la nationalité française aux noirs et "gens de couleurs" . Ce n'est que le 27 avril 1848 que Victor Schoelcher, alors sous-secrétaire d'État à la Marine et aux Colonies de la Seconde République, appose sa signature au bas du décret mettant officiellement fin à l'esclavage.

 

Avant même que la nouvelle n'arrive, les esclaves martiniquais se sont révoltés et ont obtenu l'abolition de fait le 22 mai 1848.

 

En 1848, la population de Martinique comptait à la veille de l'abolition 121 130 habitants, répartis comme suit : 9542 Blancs, 38 729 affranchis et 72 859 esclaves.

 

Dans la seconde moitié du XIXe siècle, la Martinique fut concernée par de nouvelles immigrations. La plantocratie locale, soucieuse de renouveler la main d'œuvre après l'abolition de l'esclavage, suscita l'arrivée dans l'île de 37 008 engagés sous contrat : 25 509 Indiens venant de Pondichéry, Madras et Calcutta, 10 521 Congos et 978 Chinois en provenance de Shanghai et Guangzhou.

 

Aux chiffres de l'immigration officielle, il faut rajouter 119 Indiens arrivés de la Caraïbe anglaise, et 6 Chinois en provenance vraisemblablement des mêmes îles. Il convient enfin de mentionner pour mémoire, la venue à la même période de quelques centaines de Madériens et d'Européens.

 

En ce qui concerne les mariages mixtes pour les Chinois, il y a eu entre 1858 et 1902 à Fort-de-France : 12 Chinois avec des Chinoises, 15 Chinois avec des Créoles, deux Chinois avec des Congos, et deux Chinois avec des Indiennes. Les couples mixtes entre Indiens et Martiniquaises durant cette période sont rare mais ont débutés dés leur arrivé en 1853 dû au manque flagrant de femme du côté de leur communauté. En 1900, il restait 4665 Indiens, 5371 Congos et 432 Chinois.

 

Il y a eu en Martinique des tensions ethniques entre Congos et Indiens durant les importantes grèves agricole qui secoua l'île à cette époque car ces deux groupes travaillaient ensemble mais avait du mal à s'entendre du fait que les Béké favorisaient les Indiens au détriment des Congos.

 

De plus, les Indiens parlaient leur propre langue (le Tamoul) et avaient leur propre religion considérée comme une forme de sorcellerie vis à vis de la population locale. Malgré cette situation, les couples mixtes Congos/Indien ont toujours existés et se sont intensifiés dés le début du XXe siécles. Les Indiens eurent la nationalité Française qu'en 1923 aprés un long combat qui dura une vingtaine d'années pour l'obtenir.

 

Les Chinois, quant à eux, se sont rapidement intégrés à la population locale en abandonnant rapidement les champs de cannes pour se tourner vers le commerce.

 

Sur 10 521 Congos, il n'y eut en effet que deux à retourner en Afrique. Au 31 décembre 1900, secondes générations comprises, il restait 5 345 Congos, soit près de treize fois plus que les 432 Chinois, qui n'eurent qu'un rapatrié. Les Indiens comptèrent 11 951 rapatriés.

 

La Martinique n'a alors jamais connue de graves tensions inter-ethnique malgré son passé trés mouvementé et les différentes communautés vivent en relative harmonie.

 

L'accueil plutôt aimable des nouveaux arrivants à la Martinique par la population locale s'explique en partie par un contexte socio-historique : les gens de couleurs voulaient à tout prix trouver quelqu'un soyant clair de peau avec des traits fins afin de se rapprocher le plus possible du physique Européens non pas spécialement pour des critéres de beauté mais pour grimper dans l'échelon social car, en effet, la société colonialiste était basé sur la couleur de peau qui définissait le statut social de l'individu. Les Indiens (traits fins) et les Chinois (peau clair) n'ont donc pas trop eu de probléme pour se mélanger avec le reste de la population pour ceux qui le désiraient. Par contre, les Congos eurent plus de soucis car ils étaient les plus foncés de peau.

 

L’éruption de la Montagne Pelée de 1902

 

L'éruption de la Montagne Pelée en 1902 a durablement marqué les esprits. Le 8 mai 1902, une terrible éruption provoquant la formation d'une nuée ardente tue tous les habitants de Saint-Pierre (à l'exception d'un prisonnier du nom de Louis-Auguste Cyparis, ou Sylbaris, sauvé par l'épaisseur des murs de son cachot) et des environs de la ville (30 000 morts). Le 30 août suivant, alors qu'un géologue s'était déplacé de Paris et avait prévenu du danger d'une nouvelle éruption, une nuée ardente tua encore 1300 personnes au Morne Rouge.

 

Les ruines de Saint-Pierre et ses épaves sont en train d'être classées au patrimoine mondial de l'UNESCO.

 

Les épaves de la rade

 

De nombreuses épaves sont depuis la catastrophe au fond de la rade, notamment le Roréma, le Dalia, le Diamant, le Tamaya, ... Ces sites archéologiques sous-marins font partie des plus beaux sites de plongée de la Caraïbe[8].

 

En ce début mai 1902, le Belem arrive en rade de Saint-Pierre mais sa place est prise par le voilier Tamaya (capitaine Mahéo) de l’armement Rozier de Nantes. Ce petit incident va sauver le Belem[9].

 

Quelques dates relatives à l'histoire de la Martinique

 

130 après J.C : Apparition des premiers habitants de la Martinique: les Arawaks originaire d'Amérique du Sud.

 

295 après J.C : Les Arawaks sont décimés suite à l'éruption de la Montagne Pelée.

 

400 après J.C : Retour des Arawaks et repeuplement de l'île.

 

600 après J.C : Une autre civilisation, les Caraïbes, originaire d'Amérique du Sud,

exterminent les Arawaks et s'installent sur l'île pendant plusieurs siècles.

 

1502 - Le 15 juin, Christophe Colomb découvre la Martinique. Il est le premier européen à découvrir officiellement l'île.

 

1635 -  Le 17 septembre, prise de possession de la Martinique par Pierre Belain d'Esnambuc, sous la protection de Richelieu, au nom de la "Compagnie des Isles d'Amérique". Début de la colonisation française. P.Belain d'Esnambuc fonde la ville de Saint-Pierre.

 

1642 - Louis XIII autorise la déportation d'esclaves africains dans les colonies : début de la Traite des Noirs.

 

1669 - Le Gouverneur de Baas fonde la ville de Fort-Royal (aujourd'hui Fort de France).

 

1674 - décembre : la Martinique est rattachée au Domaine du roi.

 

1766 - Le 2 août naissance à Saint-Pierre de Louis Delgrès, chef de la résistance contre les troupes du général Richepance envoyées par Napoléon 1er pour rétablir l'esclavage en Guadeloupe.

 

1793, Le 4 février, Jean Baptiste Dubuc signe les accords de Whithall à Londres soumettant la Martinique aux Britanniques tant que la royauté ne sera pas rétablie en France. Cela garantit notamment le maintien de l'esclavage.

 

1794, La Convention vote l'abolition de l'esclavage.

 

De 1794 à 1802, la Martinique est sous occupation anglaise, suite au Traité de Whitehall du 19 février 1974, signé à Londres entre la Couronne britannique et les grands planteurs de l'île, de la Guadeloupe et de Saint-Domingue, qui leur permet d'échapper à la Révolution française et de bloquer l'abolition de l'esclavage voté le mois précédent par la Convention.

 

1800, Le sainte-lucien Jean Kina, colonel dans l'armée d'occupation anglaise, est arrêté alors qu'il tente de se joindre à des esclaves insurgés. Le gouverneur de la colonie le sanctionne en l'expulsant vers les États-Unis.

 

1802, à la suite du traité d’Amiens Napoléon Bonaparte maintient l'esclavage à la Martinique par la Loi du 20 mai 1802.

 

1822  Insurrection d'esclaves au Carbet faisant 2 morts et 7 blessés. La répression fut impitoyable, 19 esclaves condamnés à mort, 10 condamnés aux galères, 6 au fouet, 8 à assister aux exécutions.

 

1823, Arrestation de Cyrille Bissette, Fabien et Volny pour la diffusion de l'opuscule "De la situation des gens de couleur libres". Lors du procès en première instance Bissette est condamné au bannissement à perpétuité du territoire français, il fait appel et la Cour Royal le condamne à la marque et aux galères perpétuelles.

 

1848, Signature le 27 avril par le gouvernement provisoire du décret d'abolition de l'esclavage dans toutes les colonies françaises.

 

1848, Les 22 et 23 mai, Révolution anti-esclavagiste à Saint-Pierre et signature sous la pression des esclaves insurgés du décret d'abolition de l'esclavage par le Gouverneur Claude Rostoland.

 

Aux XIXe siècle, les principaux défenseurs de l'abolition de l'esclavage en Martinique furent Victor Schoelcher, Cyrille Bissette, Auguste-François Perrinon et Pierre-Marie Pory-Papy.

 

1870, Insurrection du sud de la Martinique suite à une altercation entre le béké Codé et l'artisan Lubin. Codé est lynché par la foule et de nombreuses usines à sucre sont incendiées dans le sud de l'île. La répression fut impitoyable, 74 condamnés dont 12 fusillés, les autres ont été déportés aux bagnes de Guyane et de Nouvelle Calédonie. Les leaders de cette insurrection sont Louis Telga, Eugène Lacaille et une femme, Lumina Sophie dite "Surprise".

 

1881, Le 21 juillet 1881, inauguration du lycée de Saint-Pierre, premier lycée laïque de l'histoire de la Martinique. À partir de 1882, ouverture de nombreuses écoles laïques sur toute l'île grâce à l'acharnement du député Marius Hurard, le père de l'école laïque en Martinique.

 

1900, Lors d'une grève à l'usine du François, la répression policière occasionne la mort de 10 ouvriers agricoles.

 

1902, Le 8 mai, l'éruption de la Montagne Pelée détruit entièrement la ville de Saint-Pierre faisant 30 000 morts.

 

Le 25 juin 1913, Aimé Césaire naît à Basse-Pointe.

 

Le 20 juillet 1925, Frantz Fanon naît à Fort-de-France.

 

Le 21 septembre 1928, Edouard Glissant naît à Sainte-Marie.

 

1945, le 27 mai, Aimé Césaire est élu Maire de Fort de France puis député.

 

Le 19 mars 1946, la Martinique devient un Département d'Outre-Mer. Le premier Préfet de l'île est Pierre Trouillé. Georges Gratiant est élu en 1946 premier Président du Conseil Général du nouveau département.

 

1948, "L'affaire des 16 de Basse-Pointe". Le béké Guy de Fabrique est assassiné sur l'habitation Desmares à Basse-Pointe. 16 ouvriers agricoles sont accusés du meurtre. Lors du procès qui s'est déroulé à Bordeaux, les 16 ouvriers ont été acquittés faute de preuve.

 

1959, 3 jours d'émeute à Fort de France suite à une altercation raciste sur la place de la Savane. La répression des CRS fait 3 morts, Marajo, Rosile et Betzi.

 

1962, Première revendication indépendantiste en Martinique. Il s'agit de l'affaire autour du Manifeste de l'O.J.A.M (Organisation de la Jeunesse Anticolonialiste de la Martinique). Les auteurs de ce manifeste sont 18 jeunes étudiants Martiniquais. Ils ont été condamnés pour atteinte à la sûreté de l'État et emprisonnés à Fresnes. Puis ils ont été acquittés après 2 ans de procès.

 

1974, au mois de février, grève agricole dans le secteur de la banane. La répression policière fait 2 morts, Georges Marie-Louise et Rénor Ilmany.

 

En 1983, la Martinique devient une région à part entière avec la création d'une nouvelle collectivité, le Conseil Régional. Aimé Césaire est élu premier Président du Conseil Régional.

 

1996, L'égalité sociale entre la France et les D.O.M est réalisée sous la présidence de Jacques Chirac. Alignement du S.M.I.C des D.O.M sur celui de la France.

 

1997, L'indépendantiste Alfred Marie-Jeanne est élu député de la Martinique puis en 1998 il est élu Président du Conseil Régional. C'est une première dans l'histoire de la Martinique.

 

2003, Une évolution institutionnelle été envisagée, dans laquelle le Conseil Régional et le Conseil Général fusionneraient en une institution unique. Cette proposition a été rejetée à 50,48% par le referendum du 7 décembre 2003.

 

2005, le 16 août, Crash d'un vol charter de la compagnie colombienne West Caribbean entre le Panama et la Martinique. L'avion un MD80 avec à son bord 160 passagers dont 152 martiniquais s'écrasait après quelques heures de vol à proximité de la ville de Machiques au Venezuela. Cet accident d'avion avait provoqué une grande émotion au sein de la population martiniquaise.

 

2008, Aimé Césaire meurt le 17 avril à l'âge de 94 ans, il fut député et maire de Fort de France durant 56 ans. Des obsèques nationales lui ont été rendues le 20 avril 2008 à Fort-de-France, en présence du chef de l'État et devant plusieurs milliers de personnes réunies au stade Pierre Aliker.

 

 

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