13.07.2009
La manipulation à l’usage des honnêtes gens et la soumission librement consentie par autrui !
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Quand vous n’êtes pas d’accord avec une personne, il vous arrive de demander à cette personne de vous donner de bonnes raisons de la croire.
Si cette personne s’exécute, alors vous entrez ipso facto, dans une probable manipulation de votre pensée, librement consentie par vous-même.
En effet, si vous n’êtes pas d’accord avec cette personne, cela signifie que vous détenez une autre vérité que vous estimez meilleure ou supérieure, voire même qui contredit ou dément les propos de la personne.
Quel est alors ce malin plaisir qui consiste à demander, de fait, à autrui, de vous démontrer ou simplement donner, une ou des bonnes raisons de la croire ?
En définitive, vous n’êtes donc pas sûr de vos idées et pensées :
- Dans ce cas, pourquoi les conservez-vous ?
- Avez-vous besoin constamment d’être rassuré quant à leur bien fondé ?
Mais alors dans ce cas :
- Pourquoi les avez-vous adoptées ?
- Sont-elles si fluctuantes que cela ?
- Sont-elles sujettes à des actualisations périodiques ?
En définitive, n’êtes-vous pas en proie à un dysfonctionnement de la mécanique de votre pensée, au point de vouloir cycliquement ou selon le vent qui tourne changer les mécanismes ?
Avez-vous conscience d’être une proie idéale aux manipulations de votre pensée et de vos idées ? Non pas seulement parce que vous donnez à autrui, de fait, la possibilité de surseoir le maintien de ce qui anime votre esprit, mais plus inquiétant, vous laissez à autrui l’impression objective d’une personne manifestement manipulable.
Or donc, si manipulation est possible à votre encontre, celle-ci peut prendre au mieux, une forme positive, au pire une forme négative.
Dans le premier cas, il y aura transfert de la pensée d’autrui se substituant de fait à la vôtre. Néanmoins, votre éventuelle néo-conversion recèlera toutes les incertitudes, quant à leur opportunité à l’égard de votre état d’esprit du moment et/ou leur adéquation avec votre personnalité, voire même votre charisme.
Dans le deuxième cas, il y aura, certes transfert de la pensée d’autrui se substituant de fait à la vôtre, mais possibilité, sans obligation, d’altération de vos facultés de penser, de votre personnalité, de votre charisme, et finalement, détérioration définitive des termes de l’échange de vos idées et de vos pensées.
C’est une affaire entendue, personne n’aime l’idée selon laquelle nous pouvons être manipulés, tout en ne voulant pas reconnaître, pour certaines personnes, parfois, qu’elles essayent, inconsciemment ou pas, de fait, de manipuler autrui.
Comment fonctionne la manipulation utilisée ou à l’usage des honnêtes gens ? Quelle forme peut-elle revêtir ? Positive ? Négative ?
Sans doute vous arrive-t-il fréquemment de vouloir obtenir quelque chose d'autrui.
Vous voulez :
- que votre voisin s'occupe de votre chien ou de votre chat pendant les vacances ?
- que votre ami (e) vous accompagne à la mer ou à la montagne ?
- que votre ami(e) arrête sa croyance en dieu ?
- que votre fils pratique votre sport favori ou votre métier ?
- que votre femme ou votre mari réduise sa consommation de tabac ou d’alcool ?
- que vos employés prennent part à une formation ?
- que vos amis viennent manifester avec vous contre l'implantation d'une centrale nucléaire ?
- que vos clients essayent votre nouvelle savonnette ?
etc.
Comment vous y prenez-vous ?
Vous pouvez exercer votre pouvoir,
mais encore faut-il que vous en ayez.
Vous pouvez convaincre,
mais encore faut-il que vous soyez doué pour la persuasion.
Vous pouvez aussi manipuler,
et cela ne demande que l'apprentissage de certaines techniques.
Ces techniques, elles sont connues, elles font l'objet, depuis plusieurs décennies, d'importantes recherches universitaires.
On en parle peu en France, probablement par pure pudibonderie, à moins que ce ne soit pour mieux les réserver aux manipulateurs professionnels.
Quant à la soumission librement consentie par autrui ou comment amener les gens à faire librement ce qu’ils doivent faire ?
Amener quelqu'un à faire en toute liberté ce qu'il doit faire est finalement moins compliqué qu'on ne le croit.
Il existe aujourd'hui une somme impressionnante de connaissances scientifiques sur lesquelles on peut s'appuyer pour influencer les gens sans même qu'ils s'en rendent compte.
Evidemment, cela s'appelle de la manipulation.
Certes, on peut par manipulation amener quelqu'un à s'aliéner dans une secte.
Mais, qu'on le veuille ou non, la manipulation peut être mise au service des causes les plus nobles. On peut par manipulation amener quelqu'un à conduire plus prudemment, à dévorer les auteurs au programme du bac, à s'investir dans le boulot, etc.
Ces connaissances relèvent de la psychologie de l'engagement.
Vous êtes, nous sommes, peut-être, de potentiels manipulateurs et à coup sûr de potentiels manipulés.
En bref 6 catégories de personnes se distinguent :
- Celle des gens qui reconnaissent que, parfois, ils manipulent autrui. Sans préciser s’il s’agit d’une manipulation positive ou négative…!
- Celle des gens qui reconnaissent que, parfois ou souvent, ils manipulent autrui POSITIVEMENT
- Celle des gens qui reconnaissent que, parfois ou souvent, ils manipulent autrui NEGATIVEMENT
- Celle des gens qui reconnaissent que, parfois ou souvent, ils manipulent autrui POSITIVEMENT et NEGATIVEMENT
ENFIN !
- Celle des gens qui prétendent, la main sur le cœur, qu’ils ne manipulent jamais autrui et/ou n’avoir jamais manipulé autrui !
- Celle de gens qui affirment à qui veut l’entendre, qu’ils ne sont jamais manipulés par autrui et/ou n’ont jamais été manipulés par autrui !
Je vous propose d’en parler, sur ZORAP, lors de notre causerie dialecticienne hebdomadaire du
mardi 14 juillet ! Fête de l’arrêt de la tyrannie aristocratique en France.
Puisse ce jour vous apporter les éléments d’analyse du phénomène de la manipulation et de la soumission librement consenties, qui constituent deux outils de persuasion, mais pas les seuls, en stratégie d’entreprise et en stratégie individuelle.
Pat « dialecticien pour l’érudit ou pyromane pour l’ineptie »
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BIBLIOGRAPHIE :
Petit traité de manipulation à l'usage des honnêtes gens – Robert-Vincent Joule, Jean-Léon Beauvois – Edition des presses universitaires de Grenoble (PUG)
La soumission librement consentie - comment amener les gens à faire librement ce qu’ils doivent faire ?– Robert-Vincent Joule, Jean-Léon Beauvois – Edition des presses universitaires de Grenoble (PUG)
Voici ce que pense la presse de cet ouvrage
«Comment amène-t-on autrui à faire ce qu'on voudrait le voir faire ?
La solution se trouve dans cette introduction aux techniques de la manipulation...» Le Monde.
«Voici un petit ouvrage à ne pas mettre entre toutes les mains. Deux psycho-sociologues de talent y démontrent comment, dans la vie de tous les jours, nous sommes manipulés par les commerciaux ou la publicité. Idéal pour ne plus tomber dans le panneau... Mais aussi pour obtenir des autres ce que vous souhaitez...» Entreprise et carrières.
«Cinquante ans de recherches scientifiques, basées sur l'administration de la preuve, permettent aujourd'hui à qui veut influencer autrui de mettre un maximum de chances de son côté et à qui en a assez de se faire "manipuler" de mieux comprendre les ressorts psychologiques au moyen desquels il se fait piéger...» Réponse à Tout.
«A la lecture de ces techniques, vous découvrirez sans doute que vous faites déjà de la manipulation sans le savoir et pourrez ainsi améliorer et élargir vos expériences... Et le plus fort, c'est que ça marche aussi en amour. Essayez, vous verrez...» L'Echo des Savanes.
«Comprendre comment fonctionne un piège abscons, c'est déjà commencer à y échapper.» Actuel.
«Finalement, le titre est on ne peut plus exact. La manipulation est observée sous tous ses angles scientifiques, puis disséquée dans toutes ses utilisations pratiques... Tonique en tout cas.» Challenges.
«Un livre étonnant, utile, indispensable. Que se passera-t-il quand tous ces personnages familiers qui le traversent, chefs et subordonnés, parents et enfants, agences matrimoniales et âmes seules, psychanalystes et inquiets, marchands de n'importe quoi, et vous, et moi, connaîtront sur le bout des doigts cette "technologie comportementale" qu'il faudrait d'urgence inscrire au programme des écoles primaires, peut-être même avant le code de la route...» Annales des mines.
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05.04.2009
Arrêtez de vous faire du souci pour tout et pour rien

Être ou ne pas être angoissé ?
S'inquiéter pour un rien, c'est s'empoisonner la vie.
propos recueillis par Sara-Ève Tremblay
La gorge se serre, le cou se tend, le dos se crispe. Et voilà qu'on se met à tourner en rond en faisant les cent pas? Quand tous ces signes d'anxiété sont occasionnels et qu'ils n'entraînent pas de souffrance chronique, il n'y a pas lieu de s'en préoccuper. Mais différentes complications peuvent guetter ceux pour qui les symptômes deviennent intenses et fréquents.
L'une d'entre elles s'appelle le trouble d'anxiété généralisé, le TAG. Cette affection, récemment identifiée, touche 1 personne sur 15 au Canada, même si la plupart des individus atteints ne font pas le lien entre leur état d'angoisse et leurs douleurs physiques.
Robert Ladouceur, psychiatre, psychologue et chercheur à l'Université Laval, s'est intéressé de près au trouble d'anxiété généralisé. Il a récemment écrit un ouvrage sur le sujet, Arrêtez de vous faire du souci pour tout et pour rien, publié aux Éditions Odile Jacob. À lire calmement!
Québec Science: On parle beaucoup de l'anxiété dans notre monde?
Robert Ladouceur: Peut-être est-ce parce qu'on vit de plus en plus vite et qu'on est plus stressé. Mais on en parle aussi davantage, car les chercheurs en santé mentale ont fait des découvertes importantes sur les symptômes de l'anxiété et sur les moyens de la traiter. Le TAG a longtemps été considéré comme un diagnostic résiduel, c'est-à-dire découlant d'autres problèmes de santé mentale, avant d'être reconnu comme un trouble à part entière, avec ses symptômes et ses méthodes de traitement.
QS À partir de quel moment l'anxiété devient-elle problématique?
RL Avoir des soucis est tout à fait normal. Ce qui l'est moins, c'est de perdre le contrôle et de laisser nos inquiétudes interférer avec notre quotidien. La différence entre une personne qui compose normalement avec les soucis et celle qui souffre du TAG ne réside pas seulement dans l'intensité ou dans la capacité à contrôler ces soucis. Elle repose également sur la tolérance face à l'incertitude. Une personne qui souffre du TAG la supporte beaucoup moins.
QS Où se situe le TAG dans l'ensemble des troubles d'anxiété?
RL Le manuel de diagnostics des maladies psychologiques, le DSN-IV, utilisé par les psychologues et psychiatres, reconnaît six troubles d'anxiété. Il y a les troubles de phobie spécifique, d'obsession-compulsion, de panique, de stress post-traumatique, de phobie sociale et le tout dernier, d'anxiété généralisée.
Le TAG est le trouble le plus répandu: 4% à 7% de la population en souffre. Son principal symptôme est l'inquiétude. Mais ce qui complique le diagnostic, c'est que bon nombre d'entre nous avons appris à la considérer comme une partie de notre personnalité. Certains patients vont même jusqu'à croire qu'elle est utile. On entend parfois: «Je dois être un bon parent, car je m'inquiète beaucoup de la santé de mes enfants.» Je corrigerais en disant qu'il est bon de s'en occuper, mais pas de s'en inquiéter!
Quand les patients vont voir un médecin - c'est souvent l'omnipraticien qu'on consulte en premier -, ils vont omettre de parler de leurs symptômes psychologiques pour se concentrer sur leur état physique. Ils vont parler de l'insomnie et des tensions musculaires - des symptômes physiques communs à d'autres troubles d'anxiété -, ce qui complique encore le diagnostic!
QS Parfois, l'inquiétude est liée à un problème réel: un cancer, par exemple. Parfois aussi, on pense à un problème hypothétique: faire un infarctus. Y a-t-il une anxiété qui soit plus incontrôlable qu'une autre?
RL Les deux peuvent interférer avec notre quotidien. Par contre, le deuxième type de scénario n'a de limite que l'imagination de la personne. Cette anxiété est par conséquent plus difficile à contrôler. On peut ressasser une idée sans fin!
Les inquiétudes, au fond, sont une suite interminable de pensées qui mènent à anticiper des conséquences catastrophiques. Elles ont toutes en commun d'être des extrapolations (si?, si jamais?). On ne s'inquiète jamais du passé, car il est connu.
QS Comment soigner le TAG?
RL La psychothérapie dite cognitive-comportementale a fait ses preuves pour traiter les troubles d'anxiété et la dépression. Ses résultats sont vérifiables et observables, et ils respectent les critères de contrôle de thérapies élaborés il y a une dizaine d'années par l'association des psychologues des États-Unis. Son taux de réussite atteint 70%, et ce, après 15 à 20 rencontres à peine avec un spécialiste.
Dans cette psychothérapie, on amène la personne à faire le lien entre ses pensées et ses comportements, pour l'aider à corriger ce qui déclenche ou entretient la réaction anxieuse. On amène aussi les patients à modifier les comportements qui conduisent à des situations d'angoisse.
QS Vous dites, dans votre livre, que les enfants et les personnes âgées sont aussi atteints de TAG. Présentent-ils les mêmes symptômes?
RL Pour les enfants, la recherche est moins avancée. Pour les adolescents par contre, on sait que leurs sujets d'inquiétude sont inhérents à leur âge: les relations amoureuses, la réussite scolaire,
l'avenir professionnel? De plus, ils sont timides et angoissés par rapport à ce que les autres vont penser d'eux - un symptôme proche d'un autre trouble d'anxiété, la phobie sociale. Pour les personnes âgées, c'est surtout la santé qui les obsède.
QS L'anxiété peut-elle améliorer des performances cognitives telles que la mémoire?
RL Oui. Il est assez normal de ressentir un stress, par exemple avant de présenter une conférence importante ou d'interviewer un lauréat de prix Nobel! Je serais soucieux pour la personne qui ne s'inquiète pas du tout avant des moments difficiles. Mais on ne va pas pour autant s'«injecter» une dose d'anxiété avant de passer un examen! Et à l'inverse, si le stress est trop grand, il risque de perturber le travail. Je me souviens d'avoir vu à la télévision Yvon Deschamps décrire son trac malgré toutes ses années de métier. Mais à première vue, ça ne l'incommode pas trop, car il continue à faire ses spectacles avec brio.
QS L'anxiété est-elle génétique?
RL C'est le grand débat qui reprend: inné ou acquis? Deux personnes élevées par les mêmes parents sous le même toit ne réagiront pas de la même façon face à l'anxiété. Ça dépend peut-être, au-delà du bagage génétique, de l'influence que les gens ont sur nous. Notre mode de vie a certainement une plus grande part de responsabilité face à notre anxiété que la génétique, alors aussi bien se concentrer sur nos habitudes quotidiennes pour comprendre et arriver à contrôler nos inquiétudes.
> Pour en savoir plus
LADOUCEUR, Robert, Lynda BÉLANGER et Éliane LÉGER. Arrêtez de vous faire du souci pour tout et pour rien, Éditions Odile Jacob, 2003.
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03.03.2009
Et si l’extrême intelligence créait une sensibilité exacerbée ?

Trop intelligent pour être heureux ? - L’adulte surdoué
Jeanne Siaud-Facchin - Editions Odile Jacob
Et si l’extrême intelligence créait une sensibilité exacerbée ?
Et si elle pouvait aussi fragiliser et parfois faire souffrir ?
Être surdoué est une richesse.
Mais c’est aussi une différence qui peut susciter un sentiment de décalage, une impression de ne jamais être vraiment à sa place.
Comment savoir si on est surdoué ?
Comment alors mieux réussir sa vie ?
Comment aller au bout de ses ressources ?
Ce livre permet de mieux comprendre et de réapprivoiser sa personnalité.
Pour se sentir mieux avec soi et avec les autres, pour se réaliser enfin.
L’auteure :
Ancienne attachée des Hôpitaux de Paris et de Marseille, Jeanne Siaud-Facchin est psychologue praticienne. Spécialiste reconnue des surdoués, elle est notamment l’auteur de L’Enfant surdoué, le livre de référence sur ce sujet. Elle a également créé Cogito’Z, premiers centres français de diagnostic et de prise en charge des troubles des apprentissages scolaires.
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