28.08.2008

CHE GUEVARA

 

che-guevara.jpgType skypecast : Chronique historique, suivie d’une causerie

Rubrique : Histoire

Thème : Les grands hommes

Sujet : Voici l’histoire de la figure emblématique de toutes les révoltes contre l’oppression, entrée dans la légende à 39 ans. Ce soir, je vous raconterai l’histoire d’Ernesto Guevara dit le CHE !

Générique de la causerie :

Sommaire de l’exposé

          Introduction

  • Derrière le combattant, l’homme
  • Les guérillas du CHE : de Cuba à la Bolivie
  • Les dernières heures du CHE
  • L’école de la révolution
  • La libération de Cuba
  • Ministre, Ambassadeur…et Guérillero
  • La souricière bolivienne

Générique de la causerie :

Bibliographie :

CHE GUEVARA –Christian Ponchon – AEDIS 2007

 

23.08.2008

ALGERIE-FRANCE ! ce n'est pas un match de foot ! Mais des crimes et des mensonges d'Etats

françalgérie.gifType skypecast : Causerie

Rubrique : Géopolitique

Thème : Algérie-France, ce n’est pas un match de foot ! mais des crimes et des mensonges d’Etats

Sujet : En définitive, si les derniers attentats en KABYLIE ont été perpétré par des étrangers, pourquoi ne pas dire ouvertement qui sont les meurtriers eu égard aux moyens des services secrets algériens ? Quel pays veut-on couvrir et pourquoi ?

Générique du Cast :

Introduction à la causerie :

Chapitre : Les généraux face à la menace de la justice internationale du livre cité en bibliographie

Quand Paris protégeait NEZZAR

Dans ce contexte, c’est en France que le général Khaled Nezzar, parrain historique du régime, va tenter d’éteindre l’incendie déclenché par la publication de « la sale guerre », livre de l’ex-lieutenant Habib Souaïda. Fin avril 2001, Nezzar accorde une interview au Figaro Magazine dans laquelle il tente de réfuter les graves accusations portées dans ce livre. Pour faire la promotion de ses propres mémoires, le vieux général annonce même sa venue en France.

Mais le 25 avril, signe de l’embarras des autorités françaises, elles autorisent des familles de « disparus » et la Ligue des droits de l’homme à organiser un sit-in devant le Centre culturel algérien de Paris, ou Khaled Nezzar doit intervenir dans la soirée.

Arrivé par une porte dérobée, le général apprend en en pleine conférence de presse qu’une plainte vient d’être déposée contre lui à Paris pour « torture, traitements inhumains, cruels et dégradants ».

Les plaignants sont une famille algérienne dont le fils est mort sous la torture et 2 autres algériens torturés entre 1992 et 1994, représentés par les avocats William Bourdon et Antoine Comte.

Mais ce soir-là, le parrain du haut commandement militaire algérien ne semble pas réaliser la gravité de sa situation : « Je ne suis pas au courant, c’est votre affaire. C’est une affaire française. Je ne réponds pas », lâche-t-il aux journalistes qui tentent de recueillir sa réaction lors de la conférence de presse qui se déroule au Centre culturel algérien.

Au bout de quelques minutes, Nezzar décide tout de même de quitter précipitamment la salle.

Il n’est pas le seul à être embarrassé par la plainte qui vient d’être déposée contre lui. Pour la France officielle, qui soutient le « clan éradicateur » depuis 1992, cette plainte risque de provoquer une crise diplomatique majeure avec Alger

Du coup, le Quai d’Orsay tente par tous les moyens de trouver une astuce juridique pour lui garantir l’impunité. Dépourvu de passeport diplomatique, donc d’immunité statutaire, le général Nezzar va être sauvé par un fax envoyé à l’ambassade de France à Alger. Les autorités algériennes y affirment que sa présence en France relève d’une « mission officielle ».

A l’évidence, l’argument est faible : d’abord parce que le fax des autorités algériennes est daté du 25 avril à 14 heures, soit 4 heures après le dépôt de la plainte devant la justice française.

Ensuite parce qu’il est difficile de croire qu’un général en retraite venu en France pour faire la promotion de son livre soit en « mission officielle », alors que son emploi du temps ne prévoit précisément aucune rencontre officielle.

C’est pourtant ce fax qui servira de prétexte aux autorités françaises pour laisser le général ? Nazzer repartir précipitamment en Algérie au soir du 25 avril, et ce alors que la convention de New York de 1984 sur la torture aurait dû faire obligation aux autorités judiciaires françaises à tout le moins de recueillir son audition ;

Parallèlement à cette offensive avortée de faire taire les critiques qui s’élèvent en France à propos de la vraie nature du régime algérien, le haut commandement militaire laisse se développer un début de guerre civile en Kabylie.

Cette fois, la manœuvre va parvenir à faire diversion.

La diversion kabyle

Le 18/04/2001, un jeune lycéen kabyle, Massinissa Guermah, sort de chez lui, attiré par une agitation inhabituelle. Il est aussitôt arrêté par des gendarmes qui le mènent à la brigage de Béni-Douala.

Passé à tabac, il est « rafalé » par un gendarme : 3 balles dans le corps. Evacué à Alger, il décède 48 heurs plus tard. Comme on peut s’y attendre, une révolte éclate aussitôt et, comme à l’habitude, les renforts de gendarmerie affluent en Kabylie.

Le 22/0/04/2001, alors que la tension monte, 5 gendarmes de Oued-Amizour, près de Bougie, arrêtent à leur tour 3 collègiens qui se rendent à une séance de gymnastique. Leur enseignant, qui tente de s’interposer, est roué de coups.

Le 23/04/2001, jour de l’enterrement du jeune Massinissa, la révolte redouble d’intensité et la gendarmerie déclenche une répression sauvage : à partir du 25 avril, on commence à recenser de nombreux morts. Les partis politiques locaux, le FFS et le RCD, qui tentent de reprendre à leur compte la révolte, sont pris à partie. Des comités de villages, les aârouchs, se mobilisent alors et se fédèrent  le 11/06/2001, ils parviendront - avant d’être repris en mains par le régime - élaborer un texte de revendications qui exige la fin du régime et l’instauration de la démocratie. C’est la « plate-forme d’El-Kseur ».

3 jours plus tard, une manifestation pacifique réunissant plus million de personnes converge joyeusement vers le centre d’Alger, avec pour objectif de remettre au président de la république le texte de la plate-forme d’El-Kseur…Mais attendus par d’étranges casseurs, les manifestants tombent dans une véritable embuscade médiatique dont l’objectif est de les faire passer aux yeux de l’opinion mondiale, images prises d’hélicoptère à l’appui, comme des incendiaires, des pillards et même, selon l’expression du secrétaire général du ministère de l’intérieur, des « hordes de vandales ». Il faut dire que l’absence totale d’organisation et d’encadrement du défilé par les aârouchs laisse prise à toutes les provocations ; ce jour-là, selon nombre d’observateurs la manifestation des aârouchs ressemble fort à celles du FIS 10 ans plus tôt : une auberge espagnole où les agents du DRS circulent comme ils l’entendent.

Mais, curieusement, une partie de la presse éradicatrice francophone prend fait et cause pour les révoltés et démonte la machination – signe clair de divergences au sein du pouvoir sur la gestion de la « crise kabyle ». Car les émeutes d’Alger, qui feront 6 morts et 1300 blessés en 48 heures, sont l’œuvre de casseurs professionnels, comme en octobre 1988 : les jeunes présentés par le régime comme des Algérois défendant leur ville contre les kabyles ont clairement été pris en main par la police.

Menée pendant plusieurs mois, la répression en kabylie fera plus de 120 morts et des milliers de blessés, dont plusieurs par balles. En juillet, puis en décembre 2001, une commission d’enquête mise ne place par Bouteflika dès le début des émeutes rend un rapport accablant pour l’armée.

Présidée par Mohand ISSAD, un juriste rigoureux, elle estime que si l’assassinat de Massinissa Guermah n’est vraisemblablement pas prémédité, des ordres de tirer sur la foule furent en revanche données aux gendarmes dès son enterrement : (« Je pense qu’on leur a dit » : « Défendez vos brigades, défendez la république », conclut l’avocat. De nombreux indices montrent que le haut commandement militaire a cherché à déclencher une sorte d’intifida en Kabylie.

Largement couverte par les médias étrangers, du moins au début, la répression aura permis – c’était bien le but poursuivi – de détourner leur attention des embarrassantes révélations d’officiers dissidents sur les massacres de masse perpétrés à la fin des années 1990…

En février 2002, un article explosif du quotidien Liberté affirme que les émeutes kabyles ont bien été manipulées. Signé d’Ahmed Merah, cet ancien islamiste qui s’est reconverti aux côtés du DRS à la lutte antiterroriste dans les années 1990, l’article explique que le régime compte rééditer avec les kabyles ce qu’il a si bien réussi avec les islamistes depuis 1992 : inciter à la violence pour justifier le maintien de l’armée au pouvoir. Alors qu’un marché clandestin des armes commence à fleurir dans la région, un « Mouvement d’Autonomie de la Kabylie » (MAK) naît, jouissant de toute la publicité qu’il faut. « Malgré elle, écrit Ahmed Merah, la Kabylie meurtrie sert d’enjeu aux luttes de clans, en attendant l’embrasement d’autres régions ; »

Une semaine après avoir publié cet article mettant directement en cause, sans le nommer, le général Larbi Belkheir dans cette manipulation, Ahmed Merah meurt subitement des suites d’un…empoisonnement.

Pendant toute cette période tourmentée, sommé de démissionner, le président Bouteflika agit comme s’il n’était nullement concerné par la crise kabyle. Et pour éviter que les échos des balles à fragmentation utilisées contre les jeunes manifestants ne parviennent à ses oreilles, il va jusqu’à organiser une voyage d’agrément dans le sud du pays, voyage dont le point d’orgue est un spectacle à Tamanrasset où une cohorte d’artistes triés sur le volet, parmi lesquels Cheb Mami, amusera un public épars, dépêché du nord.

Enjeu des luttes des clans, la Kabylie aura donc fait diversion quelques mois. Mais au début août 2001, au plus fort de la répression, la chaîne Al-Jazira diffuse un nouveau témoignage particulièrement embarrassant pour Alger.

Il émane de l’ex-colonel Mohammed Samraoui, ancien cadre du DRS longtemps proche du général Smaïl Lamari, le n°2 de la police politique. Très bien informé sur la lutte antiterroriste au début des années 1990, cet officier révèle que le DRS est directement impliqué dans l’assassinat du président BOUDIAF et dans la création de « groupes islamistes de l’armée »

A la même époque, l’ex-adjudant du DRS Abdelkader Tigha, alors exilé en Thaïlande, confirme à des journalistes occidentaux que le DRS a commandité nombre des actions terroristes imputées au GIA

Générique de la causerie :

Bibliographie :

Françalgérie, crimes et mensonges d’Etats

Histoire secrète de la guerre d’indépendance à la 3ème guerre d’Algérie

Lounis Aggoun et Jean Baptiste Rivoire

Editions La découverte

 

19.08.2008

Préhistoire de l'humanité, via l'histoire de l'univers, du système solaire, et de la terre

Darwin (sciences).gifType skypecast : Exposé -causerie

Rubrique : Astrophysique - Paléoantropologie

Thème : Parce que nous ne voulons pas mourir idiot(e), ni tomber dans leur simplisme qui tue les nations, ni leur verbalisme qui choque notre intelligence !

Sujet : Histoire de l’univers, du système solaire, de la terre, mais aussi la préhistoire de l’humanité

 

Générique du cast :

 Sommaire de l'exposé:

L’univers
·    Introduction
·    Le soleil : une étoile
·    Les familles d’étoiles
·    L’origine de l’univers : le big bang
·    Notre galaxie
·    La classification des galaxies
·    Les 2 destinées d’une étoile
·    Les comètes
·    Quelques définitions

Le système solaire
·    Introduction
·    Naissance du système solaire
·    Le devenir du système solaire
·    Les autres objets du système solaire
·    Le soleil et ses 8 planètes (pluton déchue en 2006)
·    Quelques définitions

La terre
·    La tectonique des plaques
·    Les ères géologiques, la biodiversité, l’apparition et l’extinction des espèces
·    Le précambien : l’apparition de la vie sous le 1er océan
·    L’ère primaire : le début des temps fossilifères
·    L’ère secondaire : l’époque des dinosaures
·    L’ère tertiaire et l’ère quaternaire : mammifères, oiseaux et hommes

La préhistoire de l’humanité
·    Introduction
·    L’évolution de l’homme
·    Le paléolithique (l’âge de la pierre taillée)
·    La grotte Chauvet (sur demande des participants)
·    L’évolution de l’habitat
·    Le néolithique
·    Traces humaines

 

Générique de la causerie :

 

Bibliographie :

- L'Univers - Dominique Decobacq et Pierre Lavina

- Le système solaire - Nathalie Audard

- La terre - Pierre Lavina

- La préhistoire - Dominique Decobacq et Pierre Lavina

Tous ces ouvrages chez AEDIS - EDITIONS

17.08.2008

Préhistoire de la mythologie abrahamique - le polythéisme qui précéda le monothéisme

Type skypecast : Conférence-causerie

Rubrique : France Culture Universelle

Thème : Préhistoire de la mythologie abrahamique, le polythéisme qui précéda le monothéisme

Sujet : Dieux et Déesses gréco-romains. Voici l’histoire de ZEUS ou JUPITER, son père, sa mère, ses frères et sœurs, ses fils et filles, mais aussi celle des autres dieux, demi-dieux, et des héros

Générique de la conférence :

Sommaire de la conférence :

Introduction

Le père et la mère de Zeus (chez les grecs) ou Jupiter (chez les romains)

Des dieux à visage humain

Les frères et sœurs de Zeus ou Jupiter

Les vestales

Les fils et filles de Zeus ou Jupiter

Les autres dieux

Les héros et demi-dieux

Pratique et rites religieux

Les 4 divinités romaines importantes

Légendes (en résumé) - sur demande des participants

  • Adonis
  • Atalante
  • Atlas
  • Circé
  • Cyclopes (les)
  • Dédale et Icare
  • Europe (son enlèvement)
  • Hyacinthe
  • Midas
  • Narcisse
  • Orion
  • Protée
  • Sirènes (les)
  • Sisyphe

Générique de la causerie :

Bibliographie :

Mythologie gréco-romaine - Jean-Pierre RAMOGNINO - AEDIS éditions - 2007

 

 

08.08.2008

Que sais-je de l’être humain ? – 5ème et dernier dossier - L’analyse freudienne

Freud.jpgType skypecast : Causerie

 

Rubrique : Philosophie

 

Thème : Que sais-je de l’être humain ? – 5ème et dernier dossier (*) - L’analyse freudienne

 

Sujet : Voici le cas de Cyril qui a mis le feu à la maison familiale, alors que son père se trouvait au sous-sol.

 

Générique du cast :

 

Mise en situation : thérapie ou répression ?

 

Mireille fait des études d’assistante sociale. Elle s’intéresse particulièrement au problème de la délinquance juvénile et ait son stage de troisième année dans un centre d’accueil pour jeunes en difficulté.

 

Parmi les jeunes accueillis au centre, le cas de Cyril la touche particulièrement : timide et renfermé, il n’a aucun des comportements typiques du jeune délinquant révolté.

 

Cependant, le motif de sa présence au centre d’accueil est sérieux : un soir où sa mère était sortie, il a mis le feu à la maison familiale, alors que son père se trouvait au sous-sol, où il avait l’habitude de bricoler.

 

Heureusement, l’incendie n’a pas fait de victime, puisque son père a réussi à s’échapper du brasier, mais la maison a été rasée.

 

Après quelques semaines de stage, Mireille se fait une idée plus précise des problèmes qui accablent le jeune Cyril.

 

Son père, sévère et autoritaire, était alcoolique et battait sa femme quand il était sous l’empire de l’alcool ; Cyril lui-même n’échappait pas à ces accès de violence dès qu’il tentait de s’opposer à son père ou lorsqu’il posait des actes qui ne lui plaisaient pas.

 

Ainsi, il avait pris l’habitude de s’enfermer dans sa chambre et de ne plus exprimer ses désirs et ses besoins, pour éviter le pire. Il avait honte d’amener ses amis à la maison.

 

Le soir où il a mis le feu à la maison, Cyril n’avait qu’une idée en tête : repartir à zéro.

 

Il savait très bien que son acte était criminel, mais le désir de recommence à neuf était plus fort que tout : il ne pouvait s’empêcher d’incendier la maison.

 

Après avoir vérifié l’exactitude de l’histoire familiale de Cyril et convaincue de la sincérité de celui-ci, Mireille prend la décision d’axer son intervention auprès du jeune, de même que tous ses travaux de stage autour d’une idée centrale : Cyril et ses parents doivent suivre une psychothérapie.

 

Tous les trois ont besoin d’aide. Il ne faut à aucun prix considérer ce jeune comme un criminel ; si la justice doit intervenir, c’est pour s’assurer que Cyril recevra toute l’aide dont il a besoin.

 

Questions sur le texte

 

1° Quelle est votre réaction spontanée à l’égard du comportement de Cyril ?

 

2° Avec lesquelles des affirmations suivantes êtes-vous en accord ? en désaccord ?

 

• Cyril n’est pas un criminel.

 

• Cyril n’est pas responsable de l’acte qu’il a posé.

 

• Malgré ses problèmes, Cyril savait que son acte était criminel.

 

• Cyril cherche à changer une situation insoutenable.

 

• Cyril et ses parents ont besoin d’une psychothérapie.

 

• Cyril devrait être sévèrement puni pour son geste.

 

3° Diriez-vous que toutes ces affirmations sont d’égale valeur ? Certaines vous paraissent-elles mieux fondées que d’autres ?

 

Pistes de réflexion

 

Le cas du jeune Cyril est trop fréquent pour passer inaperçu. Les médias écrits et électroniques rapportent régulièrement des événements semblables, sans parler des nombreux cas, beaucoup plus graves, de meurtres familiaux ou de tireurs fous : un jeune tue sa mère qui lui refuse les clefs de l’auto, un forcené abat sans raison apparente les clients d’un restaurant ou les enfants en récréation dans une cour d’école.

 

Nous en arrivons parfois à douter de la capacité de l’être humain à atteindre et à maintenir un équilibre minimal dans ses relations avec ses semblables.

 

La raison humaine semble parfois si peu efficace pour orienter l’action qu’on se demande même si l’instinct n’assure pas un meilleur équilibre au sein des populations animales.

 

Au-delà de l’horreur qu’ils inspirent, ces gestes nous interpellent. Les actes paroxystiques constituent l’expression la plus aiguë, la plus intense d’un état psychique.

 

On dit souvent que les forcenés qui les commettent sont allés « trop loin », qu’ils ont « perdu le contrôle », ce qui implique qu’au départ les états psychiques des forcenés sont les mêmes que ceux des personnes dites normales.

 

La question se pose alors : sommes-nous tous « habités » par des forces psychiques qui pourraient échapper à notre maîtrise ? Pouvons-nous tous dire des choses qui « dépassent notre pensée » ou perdre la maîtrise de nos actes ?

 

Nous connaissons tous, sans pouvoir les expliquer précisément, certaines défaillances de notre maîtrise consciente : oubli de noms qui nous sont parfaitement connus, d’un rendez-vous important (chez le dentiste par exemple), erreurs commises en parlant, en lisant, en écrivant à cause d’un manque d’attention.

 

Il y a souvent un écart entre ce que nous désirons, voulons et décidons de faire, et la réalité de notre comportement, de notre vécu.

 

L’éventualité d’agir ou de ne pas pouvoir agir sous le coup d’une émotion plus ou moins puissante n’est pas sans nous inquiéter, car nous tenons généralement à ce que la maîtrise consciente de nos comportements soit un élément essentiel de nos relations interpersonnelles, de notre identité propre et de notre responsabilité.

 

Plusieurs questions nous viennent à l’esprit en réfléchissant sur le cas de

Cyril :

 

• Connaissons-nous véritablement les dynamismes de nos comportements, les raisons profondes de nos choix ?

 

• Quelle est la part de l’affectivité dans l’action humaine ?

 

• Dans quelle mesure les expériences vécues depuis l’enfance influencent-elles la vie de chaque personne ?

 

• Les défaillances de la maîtrise consciente du comportement (les oublis et les lapsus, par exemple) sont-elles simplement dues au hasard ou faut-il les interpréter comme étant significatives ?

 

• Les comportements associés à la maladie mentale sont-ils le symptôme, l’expression d’un problème affectif profond ?

 

• Dans quelle mesure les personnes ayant des troubles psychologiques peuvent-elles être tenues pour responsables de leurs actes ?

 

On ne peut répondre à ces questions sans remettre en cause certains éléments de conceptions de l’être humain étudiées précédemment.

 

Nous pensons ici aux anthropologies chrétienne et rationaliste, qui attribuent à une faculté supérieure, l’âme ou la raison, la capacité d’assurer le plein contrôle de l’action par la maîtrise consciente des forces irrationnelles, instinctives ou affectives.

 

Déjà, en étudiant la conception marxiste de l’être humain, nous avons pu nous familiariser avec une remise en question de cette conception traditionnelle d’un sujet autonome, pleinement conscient de lui-même et de ses propres raisons d’agir.

 

Le marxisme soutient en effet que les actions et les pensées individuelles sont le reflet de l’organisation de la vie socioéconomique, et que la véritable liberté de pensée et d’action dépend en dernière analyse de l’ensemble de la société.

 

On peut résumer en huit points principaux les éléments de la théorie freudienne qui ont contribué à faire avancer la réflexion sur l’être humain.

 

• Depuis Freud, il n’est plus possible d’assimiler ou de réduire l’activité psychique humaine à l’activité consciente : une fois l’existence de l’inconscient démontrée, la conscience se définit comme un aspect limité de la vie psychique.

 

• La théorie freudienne rend manifeste la relation existant entre les activités psychiques conscientes et les activités inconscientes : ce sont les dynamismes inconscients qui sont agissants, qui déterminent au premier chef les comportements humains. Pour se comprendre, le sujet doit mettre au jour les contenus de son inconscient.

 

• La qualité de la vie psychique affecte la santé physique du sujet : des effets proprement organiques peuvent être causés par des troubles de la personnalité, des névroses ou des psychoses.

 

• L’être humain se définit moins comme un être de raison que comme un être de pulsions, de désirs.

 

• L’être humain apparaît comme un être déchiré entre deux tendances qui orientent son activité psychique et son comportement dans des directions opposées : une tendance à la destruction, au retour à l’état inorganique et une tendance à la conservation de la vie, au plaisir. L’équilibre psychique humain repose sur la conjugaison de ce deux pulsions (notamment dans l’activité sexuelle).

 

• La période de l’enfance est déterminante dans le développement de la personnalité humaine. L’enfance est marquée par l’apprentissage du plaisir dans le cadre d’une sexualité diffuse et par l’importance capitale de la relation parentale pour l’équilibre affectif.

 

• Le développement de la personnalité est soumis au processus de socialisation des instincts (éducation) : un refoulement excessif ou traumatisant peut handicaper gravement le sujet sur le plan affectif (névroses, psychoses).

 

• L’intégration et la participation constructive à la vie sociale exige le renoncement à l’égoïsme, à la recherche de l’autosatisfaction. La civilisation s’érige en détournant une partie des pulsions individuelles vers des tâches socialement utiles.

 

Problématique : la responsabilité criminelle

 

La mise en situation que nous venons d’examiner relate le cas de Cyril, un adolescent incendiaire.

 

Elle soulève une question souvent débattue dans les médias à propos des procès criminels et qui divise l’opinion publique : celle de la responsabilité. L’accusé est-il responsable de ses actes, auquel cas il doit en assumer les conséquences et subir les sanctions prévues par la loi ?

A l’opposé, l’accusé a-t-il agi sous l’influence irrésistible de forces psychiques et d’influences sociales qui l’ont rendu irresponsable, auquel cas il faut le soumettre à une thérapie ?

 

En d’autres termes, comment faut-il concevoir les relations entre les membres de la communauté face à la criminalité : dans l’optique de sanctions judiciaires punitives ou répressives, ou dans la perspective d’interventions éducatives, axées sur la thérapie ?

 

(*) L'approche marxiste, lors d'une précédente programmation, ne fut pas diffusée. En effet, le quorum de la participation ne fut pas atteint, je le regrette.

 

 

Générique du démarrage de la causerie :

07.08.2008

Que sais-je de l'être humain ? 4ème dossier

economie (marx).jpgType skypecast : Causerie

Rubrique : Philosophie

Thème : Que sais-je de l’être humain ? – 4ème dossier - L’approche marxiste

Sujet : Voici le cas de Vanessa, bac pro, chômeuse, habite chez ses parents chômeurs ?

Générique du cast (1) :

Mise en situation : à la recherche d’un emploi

Vanessa possède un baccalauréat professionnel. Elle est à la recherche d’un emploi depuis un an.

A vrai dire, elle aimerait entreprendre des études universitaires, mais la situation familiale ne le lui permet pas.

Sa mère ne peut travailler et son père est sans travail depuis quelques années : après trente ans de service, il a été licencié au moment où l’usine où il travaillait a automatisé ses opérations ; à son âge, il n’a pas trouvé à se placer ailleurs.

Dans cette situation, Vanessa a décidé de travailler pour gagner sa vie et pour aider financièrement ses parents, chez qui elle demeure.

Malgré toutes les démarches entreprises par Vanessa, il n’y a toujours pas d’emploi en vue. Pourtant, à deux reprises, elle était presque arrivée à décrocher un poste intéressant, pour lequel elle était parfaitement qualifiée.

Chaque fois, quelqu’un d’autre avait reçu le petit « coup de pouce » nécessaire pour obtenir l’emploi.

Elle se sent humiliée. Il est difficile de ne pas pouvoir devenir autonome, de ne pas pouvoir exercer ses aptitudes et réaliser ses aspirations.

Il est encore plus difficile de se convaincre que ce n’est pas de sa faute si on reste ainsi sur le carreau.

Vanessa se sent de plus en plus découragée. Elle s’explique mal qu’un pays riche comme le sien ne puisse réaliser le plein-emploi.

Plus elle suit l’actualité économique dont les médias font état, plus elle acquiert la conviction que la concurrence entre les entreprises sur le plan mondial est la seule règle du jeu.

Tout se passe comme si les lois du développement économique ne permettaient plus d’assurer le bien-être des personnes. Si les crises et les récessions continuent à se succéder de manière aussi rapprochée, les gens sans travail vont devenir de plus en plus nombreux et pauvres, et les riches, de plus en plus riches ! Et les emplois perdus ne seront jamais récupérés.

Progressivement, Vanessa se persuade qu’il y a quelque chose de fondamentalement injuste dans l’organisation du travail, et que c’est l’ensemble du système économique qu’il faut changer.

Elle sait aussi que la situation qu’elle vit touche un nombre croissant de personnes, et que la solution au problème doit être collective et globale : les changements devront être pensés par la population, dans l’intérêt de la population. Elle en parle de plus en plus autour d’elle.

Elle ne perd pas espoir.

Questions sur le texte

1° Quelle est votre première réaction à la situation de Vanessa ? Partagez-vous les mêmes inquiétudes face à votre avenir professionnel ?

2° Parmi les impressions ou les opinions suivantes, lesquelles partagez-vous avec Vanessa ?

• C’est humiliant et déprimant de ne pouvoir faire des projets et réaliser ses aspirations.

• L’organisation du travail est injuste, en particulier pour les jeunes.

• Le chômage augmente l’écart entre les riches et les pauvres.

• Le système économique ne permet plus d’assurer le bien-être de l’ensemble de la population.

• Il faut changer l’ensemble du système économique.

• La solution aux problèmes socioéconomiques devra venir de la population.

3° Exprimez les raisons de votre accord ou de votre désaccord avec les propositions précédentes.

Quelles pistes pour vous aider dans votre réflexion

Spontanément, nous sommes portés à qualifier d’injuste la situation que subit Vanessa.

Elle éprouve un sentiment de dévalorisation ; elle parvient de moins en moins à envisager sa vie dans la perspective d’un développement personnel, d’un idéal à réaliser.

Plus les moyens concrets de subsistance s’imposent comme sa seule préoccupation quotidienne, moins elle fait de projets.

Elle est de plus en plus convaincue qu’elle est appelée à grossir les rangs des moins bien nantis de la société.

Vanessa n’est pourtant pas la seule, loin de là, à souffrir de cette situation, en cette période de récession économique.

Ses problèmes sont le lot d’un pourcentage de plus en plus élevé de jeunes, de diplômés, de travailleurs licenciés et de personnes qui vivent directement de l’aide sociale.

Le nombre de citoyens vivant sous le seuil de la pauvreté croit constamment : de plus en plus de personnes seules, de mères célibataires ou de couples avec enfants n’arrivent plus à payer leur loyer, leur électricité, leur téléphone.

La masse des vagabonds, des mendiants et des sans-abri s’accroît, et elle compte un nombre de plus en plus grand de jeunes.

A Paris, dans plusieurs écoles de quartiers défavorisés, la proportion des enfants qui ne mangent pas le matin augmente sans cesse : l’école doit désormais nourrir ces enfants.

Plusieurs jeunes se livrent à la prostitution pour tenter d’échapper à leurs conditions de vie.

On constate enfin que la misère touche non seulement des personnes sans revenu d’emploi, mais qu’elle atteint progressivement la masse grandissante des travailleurs à temps partiel ou payés au salaire minimum.

En outre, la situation de nombreux travailleurs n’est pas beaucoup plus enviable : leur travail, loin d’être une source de satisfaction et un moyen d’accomplissement, est trop souvent précaire, parcellaire, ennuyeux, mécanique et répétitif.

Souvent aussi, le travailleur touche un salaire qui lui permet d’échapper à la pauvreté, ou même d’accéder à un niveau de vie acceptable, mais qui n’est pas équitable en regard du profit que rapporte le produit de son travail.

Face à de telles situations, on peut adopter une attitude individualiste ou à une attitude solidaire.

L’attitude individualiste consiste à chercher une solution à un problème personnel : se trouver un emploi, améliorer son revenu. C’est le « chacun pour soi ».

On se justifie alors en invoquant le caractère inévitable des inégalités sociales et de la pauvreté, le plein-emploi étant considéré comme une utopie ou un rêve irréalisable.

On perçoit alors les rapports humains sur le modèle de la concurrence économique, de la lutte pour la survie : seuls les plus forts s’en tirent.

On peut aussi, comme Vanessa, adopter une attitude solidaire, développer une conscience sociale.

Cette sensibilisation prend appui sur une conviction première : pour être durable et équitable, la solution aux problèmes personnels passe nécessairement par la recherche de solutions globales, qui touchent les conditions de vie de l’ensemble de la population.

On pourrait définir la conscience sociale comme étant d’abord le refus de la misère et de l’injustice ; dans cette optique, la réalité économique n’est pas une fatalité, c’est nous qui la créons.

L’activité économique produit assez de richesses pour subvenir aux besoins de tous et chacun.

Le progrès économique devrait avoir pour première conséquence une diminution significative et progressive de la misère humaine.

En second lieu, la conscience sociale est orientée vers l’action. Les sentiments de révolte et les critiques verbales demeurent vains tant et aussi longtemps qu’ils ne débouchent pas sur des actions concrètes qui améliorent effectivement les conditions d’existence.

Mais ces actions doivent être réfléchies, elles doivent s’appuyer sur une analyse rigoureuse de l’organisation du travail et de la vie économique. Et cette analyse repose sur un postulat premier : le développement de l’être humain dépend inévitablement du mode d’organisation de la société dans laquelle il vit.

L’être humain est d’abord et avant tout un être social.

Ces idées qui viennent à l’esprit de Vanessa à la suite de son expérience correspondent à quelques-unes des lignes de force de la pensée de Karl Marx.

Problématique : l’équité sociale

Dans la mise en situation présentée ci-dessus, nous avons constaté les difficultés importantes qu’éprouvait Vanessa à se trouver du travail.

Nous avons également partagé le sentiment d’injustice qu’elle ressentait devant les limites du marché de l’emploi et l’organisation de l’économie.

 

Comment expliquer les difficultés matérielles auxquelles font face de plus en plus de personnes dans le contexte socio-économique actuel ?

Générique du démarrage de la causerie :

(1) Parler d'une révolution (traduction de la chanson de Tracy Chapman "Talking about a revolution)

Ne savez-vous pas, vous parler d'une révolution
Il sonne comme un chuchotement

Ne savez-vous pas, qu'ils s'agit d'une révolution
Il sonne comme un chuchotement

Même s’ils patientent debout devant les guichets de l'aide sociale
Pleurant aux portes de l’armée du salut
Perdant du temps sur les listes du chômage
Assis en attendant pour un emploi

Ne savez-vous pas vous parler d'une révolution
Il sonne comme un chuchotement

Les pauvres vont se lever
Et obtenir leur part
Les pauvres vont se lever
Et prendre ce qui est le leur

Ne savez-vous pas mieux courir, courir, courir, courir, courir, courir, courir, courir, courir, courir, courir, courir, courir

Oh je l'ai dit il vaut mieux courir, courir, courir, courir, courir,

Enfin, les tableaux commencent à tourner
Parler d'une révolution

Enfin, les tableaux commencent à tourner
Parler d'une révolution oh non
Parler d'une révolution oh non

Même s’ils patientent debout devant les guichets de l'aide sociale
Pleurent aux portes de l’armée du salut
Perdre du temps sur les listes du chômage
Assis en attendant pour un emploi

Ne savez-vous pas, vous parler d'une révolution
Il sonne comme un chuchotement

Et enfin les tableaux commencent à tourner

Parler d'une révolution

Enfin, les tableaux commencent à tourner

Parler d'une révolution oh non
Parler d'une révolution oh non
Parler d'une révolution oh non

06.08.2008

Que sais-je de l'être humain ? 3ème dossier

Freud.jpgType skypecast : Causerie

 

Rubrique : Philosophie

 

Thème : Que sais-je de l’être humain ? - L'approche chrétienne

 

Sujet : Voici le cas de Nadine, jeune étudiante, catholique, enceinte, avortement ou pas ?

 

Générique du cast :

 

mise en situation : donner la vie

 

Jean-Luc et Nadine, étudiants en première année de DEUG, sont très amoureux.

 

Ils ont plusieurs intérêts communs ; ils partagent la plupart de leurs loisirs et planifient ensemble leur avenir.

 

Ils ont l’intention de se marier religieusement, car ils sont croyants, de religion catholique.

 

Ils souhaitent toutefois attendre quelques années avant d’avoir un premier enfant, le temps de poursuivre leurs études et de trouver un emploi stable et prometteur.

 

Mais voilà, malgré les précautions qu’ils prennent, Nadine devient un jour enceinte.

 

Le jeune couple fait donc face au dilemme suivant :

 

mener à terme la grossesse ou l’interrompre par un avortement ?

 

La décision n’est pas facile à prendre. La sécurité financière du couple est loin d’être assurée, d’autant plus que Nadine et Jean-Luc projetaient de poursuivre leurs études à l’université.

 

 

La venue d’un enfant impliquerait vraisemblablement l’abandon ou la suspension des études pour la recherche d’un emploi ; en fait, cette grossesse arrive au plus mauvais moment.

 

Par contre, ils ont la conviction qu’ils n’ont pas le droit d’intervenir dans le développement naturel de la vie humaine, qu’ils conçoivent comme un processus continu dès le moment de la conception.

 

Ils pensent aussi que le fœtus doit être respecté comme une personne humaine à part entière et que sa valeur est d’autant plus grande qu’il est le fruit de l’amour et l’œuvre de Dieu.

 

En acceptant cet enfant au moment et dans les circonstances où Dieu l’a voulu, ils ont la conviction de contribuer à la réalisation de son œuvre. Ils décident donc de s’en remettre à la volonté de Dieu : ils ont confiance dans la providence divine et envisagent l’avenir avec sérénité.

 

Jean-Luc et Nadine choisissent de donner naissance à ce premier enfant et de se marier pour constituer au plus tôt un milieu familial stable et serein, quitte à modifier leurs projets d’avenir.

 

Questions sur le texte

 

1° Quelle est votre réaction spontanée à la décision de Nadine et Jean-Luc ? Dans les mêmes circonstances, auriez-vous pris la même décision ?

 

2° Parmi les convictions formulées ci-dessous, lesquelles partagez-vous avec Jean-Luc et Nadine ?

 

• Il ne faut pas intervenir dans le développement naturel de la vie humaine.

 

• Le fœtus doit être respecté comme une personne à part entière.

 

• La vie humaine est l’œuvre de Dieu.

 

• Il faut avoir confiance dans la providence divine.

 

3° Explicitez les raisons de votre accord ou de votre désaccord avec les affirmations précédentes .

 

Pistes de réflexion

 

Jean-Luc et Nadine ont une manière bien particulière d’envisager le dilemme créé par la grossesse imprévue.

 

Bien sûr, ils ont évalué objectivement leur situation concrète (projets d’étude et moyens financiers) en regard des besoins que ferait naître la venue d’un enfant et ont constaté que les conditions n’y étaient pas immédiatement favorables.

 

Mais cette réflexion n’a pas été le facteur déterminant de leur décision, qu’ils ont prise essentiellement sur la base de leurs convictions religieuses.

 

C’est la religion qui a guidé leur choix, comme elle détermine d’une façon générale l’orientation qu’ils donnent à leur vie.

 

Pour bien comprendre leur attitude, il faut brièvement définir le terme religion. Par son étymologie latine (religare, qui signifie relier), le mot religion désigne une relation, celle de l’être humain avec le domaine du sacré.

 

Etre religieux, au sens primordial, c’est croire qu’il existe un ordre de réalité qui transcende l’univers physique, une dimension non matérielle qui rend compte de la réalité matérielle et lui donne son sens véritable.

 

La plupart des grandes religions définissent le domaine du sacré à l’aide de croyances fondamentales, dont les suivantes :

 

la reconnaissance d’une divinité, d’un être suprême qui est responsable de l’existence du monde matériel et spirituel ;

 

• la manifestation de l’être suprême dans le monde, sous forme de signes ou de messages consignés dans des textes sacrés ou transmis par des prophètes ;

 

l’existence de l’âme humaine, conçue comme un principe indestructible de vie spirituelle ;

 

la continuation de l’existence humaine après la mort biologique et la nécessité pour chaque croyant de s’y préparer durant sa vie « terrestre » ;

 

l’existence d’une relation entre les croyants et la Divinité tant sur le plan individuel que sur le plan collectif.

 

Etre religieux, c’est donc chercher dans la dimension sacrée les réponses aux grandes questions de l’existence humaine :

 

• Quelle est l’origine de l’univers ou, en d’autres termes, pourquoi existe-t-il quelque chose plutôt que rien ?

 

• Quelle est l’origine de l’être humain et quel est le sens de son existence ?

 

• La mort est-elle le terme absolu de la vie humaine ?

 

• Le bonheur est-il réalisable dans ce monde de souffrances et d’injustices ?

 

• Y a-t-il une définition absolue du bien et du mal qui puisse guider l’action humaine ?

 

En répondant à ces questions, les religions proposent une conception de l’être humain qui donne à la dimension du sacré une signification et une portée existentielles.

 

C’est ce qu’illustre l’exemple de Nadine et Jean-Luc : s’ils ont décidé de donner la vie dans des circonstances difficiles, c’est qu’ils ont déjà donné leur vie à Dieu.

 

Problématique : pluralisme et fondamentalisme

 

Le dilemme vécu par Jean-Luc et Nadine concernant l’avortement était déjà porteur de la question que nous voulons maintenant développer.

 

Le jeune couple a choisi de poursuivre la grossesse, démontrant en cela un engagement ferme envers les valeurs chrétiennes fondamentales.

 

La question suivante se pose maintenant :

 

Quelle attitude devraient adopter Jean-Luc et Nadine dans le débat de société portant sur l’avortement ?

 

La morale catholique est-elle une affaire privée,

 

ou

 

devrait-elle servir de base à une législation sur l’avortement qui obligerait tous les non-croyants et les membres des autres groupes religieux à se soumettre aux mêmes règles de comportement, sous peine de sanctions légales ?

 

Générique du démarrage de la causerie :

05.08.2008

Que sais-je de l'être humain ? - 2ème dossier

Freud.jpgType skypecast : Causerie

Rubrique : Philosophie

Thème : Que sais-je l'être l'humain - L'approche naturaliste

 

Sujet : Voici le cas de Lionnel, étudiant en biologie, atteint de leucémie. Trop jeune pour mourir ?

 

Générique du cast :

Mise en situation : trop jeune pour mourir ?

Lionnel termine sa deuxième année de fac en sciences et projette de faire carrière dans la biologie.

Il vient de passer toute une batterie d’examens médicaux. Depuis quelques semaines, il se plaignait de maux de tête et de fatigue excessive ; son état fiévreux et de fréquentes douleurs abdominales indiquaient qu’il avait un problème sérieux de santé.

Le diagnostic médical, totalement inattendu, provoque un choc terrible : Lionnel souffre de leucémie.

Après de longs moments de désarroi, le jeune homme commence à se renseigner systématiquement sur la nature de sa maladie, les traitements possibles et les chances de guérison.

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Cette démarche n’est pas facile à accomplir, même si la biologie lui est familière.

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Sur le plan émotif, il y a toute une différence entre acquérir des connaissances purement théoriques sur les cancers, et se raccrocher à ces connaissances dans l’espoir de sauver sa vie.

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L’image que Lionnel a de lui-même est modifiée par la maladie : il se perçoit comme un organisme malade, comme le théâtre d’une lutte entre son système immunitaire et les cellules cancéreuses de son sang. Il devient en quelque sorte le spectateur de cette lutte.

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Seule une intervention extérieure peut lui permettre, sinon de guérir, du moins de prolonger sa vie de quelques années.

Sa vie dépend des progrès récents des connaissances en biologie et de leurs applications thérapeutiques : la chimiothérapie et peut-être une greffe de moelle osseuse.

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Une fois remis de son choc initial, Lionnel envisage positivement les traitements difficiles qu’il doit subir pendant les vacances. Il s’inscrit du reste à l’université pour l’année suivante, tel que prévu.

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Au lieu de se replier sur lui-même, il s’engage davantage dans sa vie amoureuse et dans ses relations familiales et amicales, qui deviennent plus intenses. Il veut désormais vivre le plus pleinement et le plus sereinement possible.

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Pour Lionnel, cela signifie voir les choses avec réalisme, avec lucidité. Il n’est pas croyant, et sa maladie l’a confirmé dans sa perception du monde et de la vie humaine.

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A ses yeux, la maladie et la mort font partie du cycle de la vie, personne n’y échappe.

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Le fait d’être atteint d’un cancer est probablement lié à des prédispositions génétiques dont il aurait très bien pu ne pas hériter.

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Il ne sert à rien de refuser la maladie, de la nier : c’est un fait incontournable avec lequel il faut vivre.

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Lionnel considère donc qu’il n’y a rien d’autre à faire et à espérer que de tirer le meilleur parti possible des ressources actuelles de la médecine pour conserver la meilleure santé possible, le plus longtemps possible.

Il voit là la seule attitude lui permettant de maintenir une bonne qualité de vie, malgré les difficultés. Les plaisirs physiques et intellectuels, et surtout les relations d’amour et d’amitié, acquièrent une intensité particulière maintenant qu’il fait face à l’éventualité d’une mort rapprochée.

Pour Lionnel, la mort est un phénomène purement organique, qui devient irréversible quand les fonctions du cerveau ont définitivement cessé.

La cessation des fonctions cérébrales est un fait mesurable au moyen de l’électroencéphalogramme.

La mort n’a pas d’autre signification que la fin de la vie biologique et de la conscience individuelle.

Il est inutile de se révolter, de chercher un espoir dans un « monde meilleur » ou « plus juste », au-delà de la mort.

Il faut au contraire s’engager le plus possible dans l’existence quotidienne, pour en tirer le plus possible de joies.

Questions sur le texte

1° Quelle attitude adopteriez-vous si Lionnel était un de vos amis ?

2° Les affirmations suivantes caractérisent l’attitude ou les idées de Lionnel.

Avec lesquelles êtes-vous d’accord ? Avec lesquelles êtes-vous en désaccord ?

• Je dois accepter la maladie et la mort parce qu’elles font partie intégrante du processus normal de la vie.

• Il ne s’agit pas de nier la maladie, mais de vivre en tenant compte des limites et des besoins de l’organisme malade.

• Je dois reconnaître le fait que la durée et la qualité de ma vie sont déterminées par des prédispositions génétiques.

• Le bonheur se trouve dans les plaisirs physiques et intellectuels ainsi que dans l’intensité des relations humaines.

• Il est inutile de chercher espoir dans un monde meilleur : il faut vivre la vie présente.

• La mort n’est rien d’autre que l’arrêt définitif des fonctions vitales. C’est un phénomène purement matériel.

3° Diriez-vous que toutes ces affirmations sont d’égale valeur ? Certaines vous paraissent-elles mieux fondées que d’autres ?

Pistes de réflexion

A première vue, l’attitude de Lionnel face à la maladie et à la mort peut étonner. Après un premier moment de désarroi, il semble à la fois résigné à l’éventualité de la mort et déterminé à vivre le plus longtemps possible.

L’angoisse et la peur de mourir ne semblent pas assez grandes pour l’empêcher de jouir de la vie et, pourtant, il ne croit pas en l’au-delà.

 

La sérénité qu’il manifeste ne procède pas de l’indifférence émotive, mais de sa manière de voir la vie, de concevoir l’être humain.

Si Lionnel a opté pour l’étude des sciences, c’est bien sûr en fonction d’un projet de carrière, comme tous les jeunes inscrits dans le même programme d’études.

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Dans son cas, l’intérêt pour la science est aussi soutenu par une conviction profonde : il pense que les sciences apportent les meilleures réponses aux questions qu’il se pose sur l’origine de l’univers et de la vie, l’évolution et l’avenir de l’espèce humaine, le fonctionnement de son propre corps, l’organisation de sa pensée et les relations humaines.

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Bref, il préfère se fier au savoir scientifique qu’à tout autre discours pour se connaître et pour comprendre la vie. Il manifeste ainsi une attitude que l’on peut qualifier de naturaliste ; attitude qui témoigne d’une double conviction :

• L’être humain n’est rien d’autre qu’un être naturel.

• L’être humain peut et doit être un objet d’analyse scientifique.

La pensée naturaliste repose sur la philosophie de la nature et de la connaissance qui se caractérise par les principes suivants :

• L’univers connaissable est composé d’objets naturels.

• Les phénomènes s’expliquent par des causes naturelles.

• La nature est l’ensemble des objets naturels.

• Une explication est de type naturaliste :

— lorsqu’elle détermine les causes naturelles des phénomènes ;

— lorsqu’elle rend possible la vérification ou la prévision.

• Les processus naturels sont soumis à une régularité qui permet de formuler des lois.

• Les explications scientifiques, parce qu’elles peuvent être infirmées par de nouvelles vérifications, sont susceptibles d’être révisées.

• La connaissance que nous avons de l’univers n’est jamais définitive.

• La position naturaliste, au sens strict, débouche sur une philosophie matérialiste et athée.

Quelle est la problématique soulevée cette mise en situation : l’attitude face a la mort

Dans la mise en situation présentée ci-dessus, je vous présente le cas de Lionnel, un jeune homme atteint de leucémie.

 

Face à l’éventualité de la mort, il manifeste une attitude particulière, faite de réalisme, de lucidité et de volonté de vivre ; d’où le besoin qu’il ressent de profiter pleinement de chacun des instants de sa vie.

La problématique de l’attitude face à la mort me semble pertinente pour tracer la perspective de conclusion concernant l’anthropologie naturaliste.

 

En effet, l’interrogation sur le sens de la mort ne trouve pas de réponse univoque et unanime dans le contexte des sociétés pluralistes, et les enseignements naturalistes sur cette question nous semblent de nature à bien situer la causerie.

 

Générique de démarrage de la causerie :

04.08.2008

Que sais-je de l'être humain ? - 1er dossier

Freud.jpgType skypecast : Causerie

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Rubrique : Philosophie

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Thème : Que sais-je de l’être humain ? - L'approche rationaliste

Sujet : Voici le cas de Gilles, étudiant en biologie, athée, atteint de leucémie

Générique du cast :

Mise en situation : savoir penser… ou savoir quoi penser ?

Gilles vient de terminer ses études, mais ça lui est bien égal. Son CAP, il l’a obtenu de justesse. Même si ses professeurs lui ont maintes fois répété qu’il avait ce qu’il fallait pour réussir, il n’est pas parvenu à croire en ses capacités.

 

Se sentant peu appuyé par sa famille, il a abandonné l’idée d’entreprendre un BEP. Il sait que cette décision va l’isoler progressivement de son groupe d’amis, mais il n’arrive pas à faire un choix de carrière et envisage l’avenir de façon plutôt pessimiste.

 

Il quitte bientôt la maison familiale pour tenter sa chance à Paris. Seul et sans argent, il flâne dans les couloirs du métro et dans les parcs, où il rencontre périodiquement un groupe de marginaux auquel il s’intègre progressivement.

 

Invité par le groupe à une soirée, Gilles décide de se raser les cheveux et de porter le costume distinctif de la bande : jeans, bretelles et bottes Doc Martens.

 

Il devient skinhead.

 

Gilles n’adopte pas seulement le costume du groupe ; il accepte aussi d’emblée ses idées. Les skinheads sont racistes : ils militent en faveur de la suprématie de la « race blanche ». Ils considèrent les immigrants noirs, juifs ou arabes comme inférieurs et les tiennent pour responsables de tous les problèmes sociaux, notamment la criminalité et le chômage.

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De plus, ils préconisent la répression de l’homosexualité qui, selon eux, pervertit les rapports traditionnels entre hommes et femmes et menace l’intégrité des valeurs masculines. « Il faudrait donner un Etat aux homosexuels et l’entourer de barbelés, dit l’un d’entre eux. Comme ils ne peuvent se reproduire, dans cent ans ils seraient disparus. »

 

L’ordre et la discipline qu’ils préconisent pour toute la société, ils entendent les faire respecter autour d’eux, quitte à utiliser la violence, notamment contre des bandes rivales issues de minorités ethniques. Ils s’en prennent souvent à des individus isolés, qu’ils battent durement et qu’ils blessent parfois grièvement.

 

Gilles participe régulièrement à ces agressions sans se poser trop de questions, trop heureux d’avoir trouvé un groupe d’appartenance dont les liens sont très étroits. Il sait désormais quoi penser. La force du groupe lui permet de promouvoir ses idées et d’agir en conséquence.

 

Questions sur le texte

 

1° Quelle est votre réaction spontanée à l’égard du comportement de Gilles ?

 

2° Les affirmations suivantes caractérisent l’attitude ou les idées de Gilles.

 

a) avec lesquelles êtes-vous d’accord ?

 

b) avec lesquelles êtes-vous en désaccord ?

 

• Tout le monde a besoin d’un groupe d’appartenance.

• Les rôles sexuels traditionnels doivent être maintenus.

• La race blanche est supérieure aux autres races.

• Il faut maintenir l’ordre dans la société.

• Le chômage et la criminalité sont dus aux immigrants.

• Il est normal d’utiliser la violence pour défendre ses idées.

• Chacun a le droit d’exprimer ses opinions.

 

3° Diriez-vous que toutes ces affirmations sont d’égale valeur ? Certaines vous paraissent-elles mieux fondées que d’autres ?

 

Voici quelques de pistes de réflexion pour nous aider

 

De toute évidence, Gilles a adopté une attitude raciste et sexiste. Il manifeste une prédisposition à agir d’une certaine manière à l’égard des minorités ethniques, des femmes ou des homosexuels. Les psychologues identifient trois composantes de l’attitude :

 

1) Une composante cognitive : la prédisposition se manifeste envers un objet spécifique (les Noirs, les homosexuels) et lui attribue des caractéristiques données (paresse, délinquance, perversion).

 

2) Une composante affective : des réactions de dégoût, de rejet, de mépris, d’agressivité envers l’objet.

 

3) Une composante comportementale : un certain type de comportement en présence de l’objet (violence verbale ou physique).

 

On peut analyser l’attitude de Gilles en fonction de ces trois composantes.

 

- Il éprouve des sentiments hostiles envers les minorités ethniques ou homosexuelles : c’est la composante affective.

 

- Il traduit ses sentiments dans des gestes violents : c’est la composante comportementale.

 

- Il fait la promotion d’une certaine idée de l’être humain : c’est la composante cognitive.

 

En effet, les slogans racistes qu’il propage à propos de la supériorité de la race blanche de même que les stéréotypes sexuels qu’il défend renvoient à une conception des rapports entre groupes ethniques et entre hommes et femmes dans laquelle domine l’idée de hiérarchie.

 

Certaines classes d’êtres humains sont tenues pour supérieures aux autres ; elles sont donc « naturellement » dominantes, parce qu’elles sont douées de capacités physiques ou intellectuelles « supérieures ».

 

Dans cette perspective, il est « normal » que les mâles de race blanche imposent leur manière de concevoir l’ordre social et les relations humaines, quitte à utiliser la violence pour maintenir l’ordre ou rétablir la hiérarchie « naturelle » entre humains.

 

Gilles n’est pas préoccupé par la justification de ses thèses racistes et sexistes. Par exemple, la question de savoir si l’existence d’une hiérarchie naturelle entre classes d’humains peut être démontrée ne l’intéresse pas.

 

Les mots d’ordre qu’il présente comme « ses » idées, il les a appris auprès de ses amis skinheads. Eux-mêmes ont glané leurs slogans, sans trop se poser de questions, dans la propagande néo-nazie qui circule plus ou moins clandestinement.

 

Gilles ne doute de rien, il ne s’interroge pas sur le bien-fondé de « ses » idées. Il ne remet pas en question l’idée de l’être humain qu’il propage. Il sait quoi penser.

 

On peut ainsi affirmer que l’idée que Gilles se fait de l’être humain se situe au niveau de l’opinion. On utilise le terme « opinion » pour désigner une croyance subjective.

 

L’opinion est le résultat d’une attitude passive du sujet : elle se forme généralement sous l’influence de l’entourage, du milieu social et culturel.

 

On dit de l’opinion qu’elle est un préjugé ; elle « déjà jugée », elle est acceptée sans remise en question, sans examen critique L’opinion peut être appréciée très positivement par ceux qui la partagent ; à leurs yeux, elle peut même avoir valeur de connaissance vraie.

 

Toutefois, ils n’entreprennent aucune réflexion fi pour en démontrer la valeur. On note d’ailleurs que la résistance à la critique d’une opinion est d’autant plus forte que le sujet a fait de cette opinion un fondement de sa vie de tous les jours.

 

L’attitude de Gilles est à l’opposé de l’attitude rationnelle, qui consiste à prendre la raison comme source et guide des prises de position et des choix de comportement.

 

Dans l’attitude rationnelle, c’est la composante cognitive qui l’emporte sur les composantes affective et comportementale.

 

Adopter cette attitude, c’est chercher à enraciner l’action humaine dans la connaissance, c’est viser à formuler des règles universelles pour atteindre la connaissance.

 

Un courant de pensée philosophique, qui se confond avec les origines même de la philosophie occidentale, donne la primauté à la raison humaine : il s’agit du rationalisme.

 

Problématique : le racisme

 

Dans le texte présenté ci-dessus, nous avons opposé l’attitude raciste de Gilles, qui relève de l’opinion, à l’attitude rationnelle.

Nous avons souligné le fait que Gilles fonde son action sur des préjugés, puisqu’il accepte les idées racistes sans les questionner, sans les examiner de manière critique et sans tenter de les justifier.

Nous sommes maintenant en mesure d’examiner de plus près le racisme à la lumière des idées rationalistes.

 

Générique de démarrage de la causerie :

03.08.2008

Dieu, la religion, la société et moi

2025497264.jpg260px-Star_of_David_svg.pngimages.jpgType skypecast : Causerie

Rubrique : Philosophie

Thème : Dieu, la religion, la société et moi !

Sujet : Religion naturelle et religion civile, religion morale, religion et gouvernement, religion statique et religion dynamique, religion et intolérance, religion et structure sociale…En bref .... Que sais-je ?

Générique du cast :

Introduction à la causerie : (notes de lecture)

Religion et gouvernement : Montesquieu pense la religion non en fonction de sa vérité ou de sa fausseté mais de son adéquation ou adaptation à une forme de gouvernement donné.

Religion naturelle et religion civile : Pour Rousseau, la religion naturelle est la religion purement individuelle, intérieure à chaque homme. La religion civile quant à elle est une religion commune devant assurer la vie sociale, l’amour de l’autre sans tomber dans les travers de la « religion nationale » traditionnelle le plus souvent intolérante.

La religion morale : Pour Kant, la religion n’est pas affaire de connaissance. L’existence de Dieu est indémontrable spéculativement. La religion est nécessairement religion morale ; elle relève de la raison pratique obéissant aux lois morales.

La conscience de Dieu : Schleiermacher pose qu’il y a en l’homme une dimension religieuse spécifique. Chaque religion n’est qu’une manifestation singulière du rapport universel à Dieu, celui-ci se concrétisant donc historiquement.

Religion statique et religion dynamique : Selon Bergson, la religion statique est celle qui a une fonction sociale de préservation de la société à l’égard de l’égoïsme, des intérêts individuels. Elle est constituée d’interdits et de tabous. Elle s’oppose à la religion dynamique fondée sur l’amour, l’illumination, l’absence de craintes.

Les dieux comme causes : Lucrèce affirme que c’est parce que l’homme observait des phénomènes naturels (ex : les mouvements célestes), sans parvenir à leur assigner des causes, qu’il a inventé les dieux pour jouer ce rôle de cause. Ces dieux sont une « malédiction » car ils inspirent à l’homme la terreur.

Religion et intolérance : Spinoza émet une critique de la superstition religieuse née de deux passions : la crainte et l’espoir des biens incertains. Cette superstition est d’autant plus menaçante que les puissants s’en servent pour faire taire les revendications à la libre-pensée.

Dieu comme projection de l’homme : Pour Feuerbach les perfections de Dieu ne sont rien d’autre que des perfections de l’espèce humaine. En projetant celles-ci, en les objectivant dans un être tout-puissant, l’homme se dénigre, s’aliène. Marx ajoute que cette toute-puissance est le reflet inversé de l’impuissance de l’homme à l’égard de la nature et de la société.

La religion comme négation de la vie : Nietzsche affirme que la morale chrétienne (et platonicienne) en tant qu’ascétisme est un refus des puissances de la vie, un moyen de faire taire les pulsions corporelles qui constituent pourtant la seule réalité.

Religion et structure sociale : Weber montre que la morale puritaine du protestantisme a favorisé le développement du capitalisme en mettant en valeur la recherche rationnelle du gain et les affaires du monde. Une religion comme le confucianisme, hostile à l’activité ne pouvait donner lieu à une telle organisation sociale.

Dieu et la société : Selon Durkheim, la religion est une absolutisation des valeurs sociales. La loi divine redouble la loi sociale, lui confère un très fort pouvoir d’obligation, de contrainte. Toutes les propriétés qui sont attribuées Dieu, impersonnalité, extériorité, etc. sont en réalité des propriétés de la société.

Mythes et magie : Vico a montré que le premier rapport que l’homme a entretenu avec la nature était un rapport poétique, reposant sur les pouvoirs de l’imagination, sur les figures mythiques. Pour Éliade, le mythe est histoire de l’origine du Temps, d’une création du réel par les dieux et Héros. Enfin, Malinowski distingue magie et religion, la première reposant sur des techniques d’action immédiate sur la nature, la seconde reposant sur des valeurs assurant la pérennité d’une organisation sociale.

 

 

Générique de la causerie :

 

Bibliographie

Bergson, Les deux sources de la morale et de la religion ;

Durkheim, Les formes élémentaires de la vie religieuse ;

Éliade, Le Sacré et le Profane ;

Feuerbach, L’essence du christianisme ;

Freud, L’avenir d’une illusion ;

Kant, La Religion dans les limites de la simple raison ;

Lucrèce, De la Nature ;

Malinowski, Magie, savoir et religion ;

Montesquieu, L’esprit des lois ;

Nietzsche, Le gai savoir ;

Rousseau, Le contrat social, Profession de foi du vicaire savoyard ;

Schleiermacher, Discours ;

Spinoza, Traité théologico-politique ;

Vico, La science nouvelle ;

Weber, L’éthique protestante et l’esprit du capitalisme.

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